Pour mener son action, la Banque publique d'investissement ne s'interdit rien

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Lors de son audition mercredi devant la commission des Finances du Sénat, Nicolas Dufourcq, le directeur général de bpifrance est revenu en détail sur la doctrine d'intervention de la nouvelle structure publique de financement des entreprises. Il a également fait quelques annonces. Il a notamment déclaré que bpifrance pourrait être intéressé par Euronext.

Auditionné par la commission des Finances du Sénat ce mercredi, Nicolas Dufourcq, le directeur général de la Banque publique d'investissement (BPI) a fait un point sur les premiers mois de bpifrance, créée le 1er janvier 2013. Il a rappelé la doctrine de la nouvelle structure publique de financement des entreprises qui réunit sous le même toit CDC Entreprises, Oseo, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) - qui s'appellera bientôt bpifrance investissement - et FSI Régions.

Toutes les entreprises sont dans le viseur

En quelques mots, bpifrance a pour vocation d'offrir des solutions de financement à toutes les entreprises en bas et haut de bilan, soit directement, notamment grâce à une stratégie de filières, soit indirectement, via des fonds ou des fonds de fonds. Toutes les entreprises sont susceptible de recevoir son soutien, de la TPE aux grands groupes même si les ETI sont les plus ciblées. « Nous voulons surtout aider les PME à devenir des ETI et les ETI à devenir des grandes entreprises », a précisé Nicolas Dufourcq, déclarant que la banque publique pouvait par exemple prêter 150.000 euros à une TPE innovante mais aussi injecter 800 millions dans Eramet en rachetant 26% du capital que détenait Areva.

Concrètement, sur les 9,2 milliards d'euros que bpifrance investira directement dans le capital des entreprises françaises entre 2013 et 2017, 1,7 milliard sera fléché vers les PME, 500 millions d'euros vers le capital-risque et 7 milliards vers les ETI et les grandes entreprises.

Des secteurs prioritaires

Sur le plan sectoriel, aucun secteur n'est exclu de son champ d'intervention à l'exception de la banque, de l'immobilier, de la presse et des infrastructures, ce dernier étant le domaine privilégié de l'Agence des participations de l'Etat. Quelques secteurs considérés comme plein d'avenir sont d'ores et déjà surveillés en priorité : la biotech, Internet et la transition énergétique.

Si Nicolas Dufourcq a rappelé que bpifrance serait un investisseur patient, il a également tenu à préciser qu'il ne serait pas pour autant dormant, ou pire inactif. « Je veux que les chargés d'affaires rencontrent 150 entreprises chaque année, qu'ils connaissent parfaitement les entreprises de leur territoire, qu'ils anticipent leurs besoins, qu'ils les conseillent. Parce que nous avons une mission d'intérêt général, nous ne pouvons pas nous permettre de rester derrière nos guichets à attendre les clients », a-t-il poursuivi.

Bpifrance a-t-elle vocation à sauver les canards boiteux de l'industrie française ? Jusqu'ici, Nicolas Dufourcq et le président de la banque, Jean-Pierre Jouyet, s'y sont toujours clairement opposés. Le discours n'a pas vraiment changé, même si une entorse à la règle pourrait être faite pour les entreprises considérées comme stratégiques. Le FSI n'est-il pas entré au capital de Technicolor pour pérenniser l'entreprise ? Selon la même logique, Nicolas Dufourcq a déclaré qu'Euronext pouvait intéresser bpifrance.

Les chefs d'entreprises à la rescousse

Pour soutenir les entreprises exportatrices, ou potentiellement capables de l'être, le directeur général de bpifrance compte sur les chefs d'entreprises qui composent Oseo excellence qui sera prochainement renommée bpifrance excellence. Sur les 2.000 entreprises qui composent ce club, 200 « parrains seront » sélectionnés pour accompagner les exportateurs. « Ils parleront le même langage, c'est important », explique Nicolas Dufourcq.

Interrogé sur la politique de dividendes de la structure, celui-ci a précisé qu'elle ne serait décidée qu'en avril-mai 2014. « C'est assez cohérent. Il faut que bpifrance ait au moins une année pleine d'exercice pour pouvoir trancher sur ce point. Il est également important d'avoir des précisions sur le montant des dotations budgétaires que l'Etat accordera à bpifrance, dotations qui conditionnent une bonne partie de sa marge de man?uvre », détaille-t-il.

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Commentaires
a écrit le 20/05/2013 à 21:24 :
J'ai le sentiment a bien precise les choses: pas d'investissement majoritaire seul sauf secteur considere comme " strategique" ( notion certes encore a preciser ) et ainsi ttes les polemiques inutiles voite contre productives qui ne sont pas dignes d'un membre de conseil d'administration devrait cesser ou alors seulement verser de l'eau au moulin d'ideologues de l'ultra liberalisme comme Gilles 1.
a écrit le 16/05/2013 à 4:56 :
Ne s'interdit rien ? Alors pourquoi ne pas débarquer Ségolène ? C'est une erreur de casting ou un placard doré, mais en tout cas elle n'a rien à faire la.
a écrit le 15/05/2013 à 16:44 :
Les secteurs d'avenir ne sont plus interesses par un pays se croyant encore au 19eme siecle...avec la lutte des classes.
Réponse de le 15/05/2013 à 17:44 :
En effet, où est l'avenir dans un Pays se croyant au 19 ème siècle avant J.C. La démobilisation gagne tous les secteurs de l'économie. Il est impossible d'espérer sous un régime soviétique.
Réponse de le 15/05/2013 à 18:23 :
En effet dans un pays de démons contrôlé par Satan en personne, au 53ème siècle avant JC, sans aucune économie privée ni aucun habitant compétant dans quoi que ce soit, il est inutile d?espérer.

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