"Pas un seul ministre n'investit dans une entreprise!" Stanislas de Bentzmann (CroissancePlus)

Propos recueillis par Marina Torre

Propos recueillis par Marina Torre
Sera-t-il le nouveau visage des "pigeons" s'ils venaient à reprendre de la voix ? Stanislas de Bentzmann, PDG de Devoteam, a pris la suite d'Olivier Duha à la tête de CroissancePlus. Ce mardi, il débattait avec - ou plutôt «contre » - Sylvia Pinel, la ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme sur le thème "propager le succès". Qui a vite dévié sur un règlement de comptes contre la pression fiscale et le gouvernement. Auprès de La Tribune, il concède un bon point à l'équipe Ayrault… mais s'empresse de le tempérer.
Le débat qui vient de se clore était houleux. Pourquoi un tel sentiment de ne pas être écouté?
Le gouvernement est sur sa logique macro-économique et il n'y a pas de compréhension fine de ce qui fait la richesse d'une entreprise. On voit qu'il y a un divorce complet avec le monde de l'entreprise.
Il est beaucoup question ici du "marasme", du "pessimisme" français… Pour faire mentir ce constat, vous pouvez dire quelque chose de positif sur l'action du gouvernement ?
La création du PEA-PME, une des propositions que CroissancePlus poussait depuis longtemps. Elle n'atteint pas le niveau que l'on attendait évidemment mais c'est une très bonne décision. Il faut pousser l'épargne vers les entreprises parce que c'est ça qui crée de l'emploi. Les entreprises ont besoin de travail et de capital pour se développer, et pour qu'il y ait de l'emploi, il faut drainer l'épargne. Quand on voit les patrimoines des ministres… il n'y en a pas un seul qui investit dans une entreprise ! C'est très symptomatique pour des entrepreneurs de voir que l'élite du pays n'investit pas dans l'entreprise.
Si vous étiez professeur à l'école de l'entrepreneur proposée par Fleur Pellerin (la ministre de l'Economie numérique), quelle serait votre première leçon ?
Le premier message fort serait de dire qu'il est possible d'être un entrepreneur en France. Certains créeront de grandes entreprises comme Essilor, d'autres plus petites… mais on peut. Mais, c'est difficile, et nous réclamons des mesures pour que cela le soit moins… Dans les banlieues, dans des quartiers où il y a très peu d'emplois, vous n'avez pas les armes, vous n'avez pas les codes, mais vous pouvez réussir, et être reconnu. Et cela devient une grande et belle aventure!
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