Dégradation de la note de la France : les marchés réagissent mais sans plus

 |   |  705  mots
Nous ne percevons pas de plan d'ensemble pour redéfinir les dépenses publiques pour dégager un potentiel de croissance, a confié à l'Agence France Presse Jean-Michel Six, le chef économiste pour l'Europe de Standard & Poor's.
"Nous ne percevons pas de plan d'ensemble pour redéfinir les dépenses publiques pour dégager un potentiel de croissance", a confié à l'Agence France Presse Jean-Michel Six, le chef économiste pour l'Europe de Standard & Poor's. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Après l'annonce ce vendredi matin de la dégradation de la note souveraine de la France par l'agence S&P, le taux d'emprunt a légèrement progressé à 2,385% et la Bourse de Paris était en légère baisse. Le chef économiste pour l'Europe de l'agence a assuré que les notes des banques ne seront pas affectées.

L'agence de notation Standard & Poor's vient d'abaisser la note de la France d'un cran, la faisant passer de AA+ avec une perspective "négative" à AA assortie d'une perspective "stable".

"Nous ne percevons pas de plan d'ensemble pour redéfinir les dépenses publiques pour dégager un potentiel de croissance", a confié à l'Agence France Presse Jean-Michel Six, le chef économiste pour l'Europe de Standard & Poor's. Il souligne par ailleurs que les perspectives de croissances son "extrêmement faibles" et juge que les pouvoirs publics ne jouissent que "d'une marge de manœuvre réduite pour augmenter les recettes".

Quelles conséquences ?

D'une part, logiquement, le niveau du taux d'intérêt que paie la France quand elle emprunte sur les marchés a ouvert en hausse ce vendredi matin. Si, à l'ouverture du marché obligataire en zone euro, le rendement des obligations françaises - qui évolue en sens inverse de la demande -,s'inscrivait à 2,391% contre 2,158% la veille à la clôture du marché secondaire.

Peu après 10h (heure française), les titres à échéance mai 2024 voyaient leur taux ne se tendre que très légèrement à 2,385% contre 2,351% la veille à la clôture sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. Le taux d'emprunt a donc peu progressé après l'abaissement de la note de la France.

Les grandes banques françaises épargnées

D'autre part, on aurait pu craindre une dégradation des notes des banques françaises, comme cela avait été le cas lors de la perte du AAA en janvier 2012. En effet, la note donnée par les agences de notation sert de référence nationale. Si elle est abaissée, celles des entreprises, des banques et des collectivités locales risquent de suivre, provoquer des réactions en cascades.

Or, Standard & Poor's s'est voulue rassurante sur ce point. Les notes des banques sont maintenues inchangées, a annoncé l'agence, jugeant que la dégradation de la note à AA n'aura pas d'impact sur le système bancaire du pays. "Malgré la baisse d'un cran de la note de la dette souveraine à long terme de la France ce 8 novembre 2013 (de "AA+" à "AA"), nous considérons que le gouvernement français continuerait de soutenir ces banques systémiques en cas de crise financière", a expliqué l'agence dans un communiqué.

Petite réaction à la Bourse de Paris

La BNP Paribas, la Banque Populaire Caisses d'Epargne (BPCE), le Crédit Agricole, le Crédit Logement, le Crédit Mutuel, la Société Générale, la Banque PSA Finance et la RCI Banque sont concernées par cette annonce. Standard & Poor's considère l'ensemble de ces banques comme "systémiques" ou "posant un risque systémique modéré" en cas de crise.

L'agence de notation ajoute : "Depuis la seconde moitié de 2012, les notes que nous avons attribuées à ces banques prenaient en compte nos prévisions selon lesquelles le potentiel de croissance des banques françaises diminuerait à cause de la faiblesse de l'économie. Notre opinion n'a pas changé".

Enfin, quelles conséquences sur les marchés ? Pour Hervé Goulletquer, responsable monde de la recherche marchés chez Crédit Agricole CIB interrogé par l'Agence France Presse (AFP), les effets ne devraient pas être trop importants :"Je ne pense pas que le marché puisse vraiment être surpris" par cette décision, a-t-il souligné auprès de l'agence.

"Pas de relance du risque systématique pour la zone euro"

Toutefois, à l'ouverture de la Bourse de Paris ce vendredi matin, l'indice CAC 40 perdait 35,76 points à 4.245,23 points. La Bourse était donc en repli après l'annonce de la perte du AA+, de 0,84% précisément.

Selon des analystes consultés par l'AFP, la dégradation de la note de la France "ne relance pas le risque systémique dans la zone euro" et la perspective sur la note étant stable, cela "milite pour son maintien dans les deux prochaines années".

En marge d'une visite au siège de la Banque mondiale à Paris, François Hollande a réagi implicitement à la dégradation de la note du pays par Standard & Poor's, déclarant: "Je confirmerai la stratégie qui est la nôtre, le cap qui est le mien".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/11/2013 à 19:03 :
Et allez donc la situation financière de la France est encore dégradée et on entend une fois de plus des "c'est pas grave" "c'est pas grave" ...
Et pourtant si c'est grave on dégringole peu à peu comme la Grèce et on nous matraque de taxes et impôts comme en Grèce alors que rien est fait pour baisser drastiquement les dépense pour revenir à l'équilibre.
a écrit le 08/11/2013 à 17:23 :
Les banquiers et l'Europe ne sont plus dupes, les agences de notation ont perdu beaucoup de leur crédibilité depuis leur bévue lors de la crise des subprimes...
a écrit le 08/11/2013 à 17:23 :
Les banquiers et l'Europe ne sont plus dupes, les agences de notation ont perdu beaucoup de leur crédibilité depuis leur bévue lors de la crise des subprimes...
a écrit le 08/11/2013 à 16:53 :
Tous les signaux passent au rouge
a écrit le 08/11/2013 à 16:38 :
En cois est-ce une mauvaise nouvelle? Avant hier; le prix de tous les produits augmentent depuis plusieurs années, les salaires sont figés depuis plus de 10 ans, on a de plus en plus de chômeurs, les impôts ne cessent d'augmenter... Et maintenant il va ce passer quoi? A oui la même chose...
a écrit le 08/11/2013 à 16:37 :
En cois est-ce une mauvaise nouvelle? Avant hier; le prix de tous les produits augmentent depuis plusieurs années, les salaires sont figés depuis plus de 10 ans, on a de plus en plus de chômeurs, les impôts ne cessent d'augmenter... Et maintenant il va ce passer quoi? A oui la même chose...
a écrit le 08/11/2013 à 14:03 :
la france est protégée de 3 facons : d une par l énorme bulle financière et monétaire crée par les banques centrales us japonaises et anglaises
de deux par la position refuge que represente la france par rapport aux pays du sud ( ya pire que nous)
de 3 par le" too big too fail" que représente notre economie pour la zone euro, en clair bruxelles fera tout pour proteger la france de critiques ou représailles qui l afflaiblirait devant les marchés, si la france etait attaquée c est la zone euro qui plongerait definitivement
Réponse de le 08/11/2013 à 15:24 :
Ce n'est pas pour autant que nos gouvernants doivent continuer la gabegie.
Réponse de le 08/11/2013 à 16:58 :
Agathe a raison, mais JM Six joue avec le feu en faisant prendre une initiative à motif clairement politique....il y a de la place au Tea Party s'il le souhaite. Il faut dire qu'il est en bonne compagnie avec les économistes corbeaux qui vont jouer sur BFM la partition de la chute finale....
a écrit le 08/11/2013 à 13:18 :
Les marchés n'ont pas réagi pour la simple et bonne raison que cette dégradation a surpris personne. Le monde entier connaît la situation de la France et sait qu'il s'agit d'un pays en train de couler! Il n'y a que notre gouvernement pour dire que tout va bien et que la situation se redresse. Personne n'est dupe, même pas le citoyen qui sait que le gouvernement Hollande lui ment
Réponse de le 08/11/2013 à 14:02 :
On s'en fout : on vous prendra votre pognon pour rembourser la dette !
Réponse de le 08/11/2013 à 14:03 :
Si les marchés considèrent que la France coule, pourquoi lui prêtent-ils à un taux si bas?
Réponse de le 08/11/2013 à 14:03 :
Si les marchés considèrent que la France coule, pourquoi lui prêtent-ils à un taux si bas?
Réponse de le 08/11/2013 à 15:25 :
Grâce aux injections des de liquidités des banques centrales. Ce n'est pas plus compliqué que ça;
a écrit le 08/11/2013 à 12:44 :
les marches sont moins idiots que nos gouvernants,il ont depuis longtemps anticipé
a écrit le 08/11/2013 à 12:11 :
C'est vrai et tout à fait juste, le principal bien entendu étant que les banques n'en soient pas affectées au cas ou elles y seraient pour quelques choses dans la situation de nos pays respectifs ,mieux encore , un petit éffort de la BCE et elees pourront nous facturer à des taux de 3 4 ou 5 % de l'argent qu'elles auront obtenu à quasiment rien

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :