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ÉconomieFrance

Dégradation de la note de la France : les marchés réagissent mais sans plus

Photo de Adeline Raynal

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Publié le 08 novembre 2013 à 09:51 - Mis à jour le 08 novembre 2013 à 10:53

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Après l'annonce ce vendredi matin de la dégradation de la note souveraine de la France par l'agence S&P, le taux d'emprunt a légèrement progressé à 2,385% et la Bourse de Paris était en légère baisse. Le chef économiste pour l'Europe de l'agence a assuré que les notes des banques ne seront pas affectées.

L'agence de notation Standard & Poor's vient d'abaisser la note de la France d'un cran, la faisant passer de AA+ avec une perspective "négative" à AA assortie d'une perspective "stable".

"Nous ne percevons pas de plan d'ensemble pour redéfinir les dépenses publiques pour dégager un potentiel de croissance", a confié à l'Agence France Presse Jean-Michel Six, le chef économiste pour l'Europe de Standard & Poor's. Il souligne par ailleurs que les perspectives de croissances son "extrêmement faibles" et juge que les pouvoirs publics ne jouissent que "d'une marge de manœuvre réduite pour augmenter les recettes".

Quelles conséquences ?

D'une part, logiquement, le niveau du taux d'intérêt que paie la France quand elle emprunte sur les marchés a ouvert en hausse ce vendredi matin. Si, à l'ouverture du marché obligataire en zone euro, le rendement des obligations françaises - qui évolue en sens inverse de la demande -,s'inscrivait à 2,391% contre 2,158% la veille à la clôture du marché secondaire.

Peu après 10h (heure française), les titres à échéance mai 2024 voyaient leur taux ne se tendre que très légèrement à 2,385% contre 2,351% la veille à la clôture sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. Le taux d'emprunt a donc peu progressé après l'abaissement de la note de la France.

Les grandes banques françaises épargnées

D'autre part, on aurait pu craindre une dégradation des notes des banques françaises, comme cela avait été le cas lors de la perte du AAA en janvier 2012. En effet, la note donnée par les agences de notation sert de référence nationale. Si elle est abaissée, celles des entreprises, des banques et des collectivités locales risquent de suivre, provoquer des réactions en cascades.

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Or, Standard & Poor's s'est voulue rassurante sur ce point. Les notes des banques sont maintenues inchangées, a annoncé l'agence, jugeant que la dégradation de la note à AA n'aura pas d'impact sur le système bancaire du pays. "Malgré la baisse d'un cran de la note de la dette souveraine à long terme de la France ce 8 novembre 2013 (de "AA+" à "AA"), nous considérons que le gouvernement français continuerait de soutenir ces banques systémiques en cas de crise financière", a expliqué l'agence dans un communiqué.

Petite réaction à la Bourse de Paris

La BNP Paribas, la Banque Populaire Caisses d'Epargne (BPCE), le Crédit Agricole, le Crédit Logement, le Crédit Mutuel, la Société Générale, la Banque PSA Finance et la RCI Banque sont concernées par cette annonce. Standard & Poor's considère l'ensemble de ces banques comme "systémiques" ou "posant un risque systémique modéré" en cas de crise.

L'agence de notation ajoute : "Depuis la seconde moitié de 2012, les notes que nous avons attribuées à ces banques prenaient en compte nos prévisions selon lesquelles le potentiel de croissance des banques françaises diminuerait à cause de la faiblesse de l'économie. Notre opinion n'a pas changé".

Enfin, quelles conséquences sur les marchés ? Pour Hervé Goulletquer, responsable monde de la recherche marchés chez Crédit Agricole CIB interrogé par l'Agence France Presse (AFP), les effets ne devraient pas être trop importants :"Je ne pense pas que le marché puisse vraiment être surpris" par cette décision, a-t-il souligné auprès de l'agence.

"Pas de relance du risque systématique pour la zone euro"

Toutefois, à l'ouverture de la Bourse de Paris ce vendredi matin, l'indice CAC 40 perdait 35,76 points à 4.245,23 points. La Bourse était donc en repli après l'annonce de la perte du AA+, de 0,84% précisément.

Selon des analystes consultés par l'AFP, la dégradation de la note de la France "ne relance pas le risque systémique dans la zone euro" et la perspective sur la note étant stable, cela "milite pour son maintien dans les deux prochaines années".

À lire également

  • Standard & Poor's dégrade la note de la France, Moscovici conteste
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En marge d'une visite au siège de la Banque mondiale à Paris, François Hollande a réagi implicitement à la dégradation de la note du pays par Standard & Poor's, déclarant: "Je confirmerai la stratégie qui est la nôtre, le cap qui est le mien".

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