Lancés en 2006 à titre expérimental, le dispositif Carnot, constitué d'instituts Issus de la recherche publique, qui ont pour mission d'accompagner les entreprises dans leurs travaux de R&D, devait initialement disparaître en 2015. Il pourrait bien être pérennisé. Un comité d'experts a été nommé ce mardi par Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, pour réfléchir aux solutions permettant de rendre les 34 instituts Carnot plus agile dans la course mondiale à l'innovation qui opposent la plupart des pays industrialisés et des pays émergents.
Ces instituts mobilisent actuellement 15% des moyens humains de la recherche publique, via des partenariats noués avec plus de 5.000 entreprises, dont 1.200 PME.
" Je crois profondément en la capacité du dispositif Carnot, au cœur de la transformation de l'invention, né de la recherche en innovation, créatrice d'emplois à valeur ajoutée. Il stimule la mobilisation de nombreux laboratoires de recherche et développement pour l'accompagnement des entreprises dans la conception des produits et services de demain ", a déclaré ce mardi la ministre lors d'une conférence de presse.
En attendant que le comité d'experts lui remettent ses recommandations, probablement au printemps prochain, la ministre a décidé de débloquer et de transformer en subventions une partie des 500 millions non consommables mis à la disposition des instituts par le Programme des investissements d'avenir (PIA) géré par le Commissariat général à l'investissement (CGI) dirigé par Louis Gallois. Soit 120 millions qui s'ajoutent aux 60 millions accordés chaque année par le ministère à ce dispositif. Cette enveloppe doit financer un nouvel appel à projets dans le domaine des sciences du vivant, du numérique et de la transition énergétique.
Grâce à cet effort supplémentaire en faveur de la l'innovation, puisqu'il s'ajoute à la création du crédit d'impôt innovation, au rétablissement d'une partie des avantages liés au statut de Jeune entreprise innovante (JEI) et à la sanctuarisation du crédit impôt recherche (CIR), la ministre espère que la France remonte dans les différents classements internationaux de l'innovation.
Pour atteindre cet objectif, la recherche partenariale est l'une des solutions pour stimuler la recherche privée, structurellement sous-développée. En effet, si la recherche publique en France représentait selon les dernières statistiques disponibles 0,8 % du PIB en 2011 selon l'OCDE - un effort comparable à celui déployé en moyenne par les autres pays de l'Organisation - , la recherche et développement des entreprises souffre de la comparaison. Celle-ci s'élevait à 1,43 % en 2011 contre 1,58 % en moyenne dans l'OCDE. Résultat, l'ensemble de la recherche française publique et privée atteignait 2,25 % du PIB en 2011, contre 2,38 % dans l'OCDE, 2,77% aux Etats-Unis, 3,36% au Japon, 2,84% en l'Allemagne (2,84 %), 3,78% en Finlande et plus de 5% en Corée du Sud.
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