Un seuil symbolique (30%) vient d'être dépassé dans les conseils d'administrations des entreprises françaises cotées au CAC 40. Mais dans les instances exécutives, le plafond de verre reste solide.
Débattre (ou se disputer) avec des femmes, eux y sont contraints. N'en déplaise à Vladimir Poutine, les conseils d'administration français semblent d'ailleurs s'être soumis à cette obligation légale avec une certaine bonne volonté.
Trois fois plus de femmes en cinq ans
Les conseils d'administration des entreprises du CAC 40 comptent désormais 30,3% de femmes, selon le baromètre réalisé par le cabinet Ethics and Board. En un an, cette part a gagné deux points, et elle a même triplé en cinq ans.
Des entreprises plus petites, celles du SBF 120, ont suivi le mouvement, avec un rythme encore plus rapide. La part des femmes dans leurs conseils d'administration progresse de 3,1 points à 28,8%.
Ces sociétés se plient à la loi Copé-Zimmermann qui impose un minimum de femmes dans ces instances dirigeantes aux entreprises de plus de 500 salariés et réalisant plus de 50 millions de chiffre d'affaires. L'objectif pour 2014 était de 20%, il est donc déjà dépassé. Pour 2017, il devra être de 40%.
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Toutefois, ces résulatts occultent d'autres blocages qui relèvent eux aussi du "plafond de verre". D'abord les femmes qui sont choisies dans ces conseils cumulent régulièrement plusieurs postes. Ce qui, selon les points de vue, révèle la difficulté de "trouver de nouvelles têtes" ou bien les réticences des dirigeants à nommer des femmes qu'ils ne connaissent pas.
Par ailleurs, certains observateurs pointent le fait que les administratrices se voient moins souvent que les hommes confier des tâches jugées cruciales pour la croissance à court terme de l'entreprise. Elles sont ainsi moins fréquentes qu'eux dans les comités de stratégie et bien plus souvent membres des comités d'éthique ou chargées de la responsabilité sociale des entreprises, comme le pointe cette étude de l'Observatoire de la Parité.
Encore rares dans les "Codir" et les "Comex"
En outre, dans d'autres instances dirigeantes, dont les membres ont des rôles exécutifs, les femmes sont encore rares. Dans les entreprises du CAC 40, seules 10,3% des membres de comités de direction ou des comités exécutifs sont des femmes. Elles sont 12,1% dans les entreprises du SBF 120. Soit, respectivement, une hausse de 0,3 et 0,1 point depuis septembre. Ces comités ne sont pas soumis à des quotas.
Quelques entreprises (27 en tout) ont cependant, fait montre de bonne volonté, selon le ministère du Droit des femmes. Elles ont en effet pris des engagements pour rendre leurs postes exécutifs plus paritaire. Dix autres devraient s'y associer prochainement.