24% : la part des femmes dans les conseils d'administration des sociétés cotées en France

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La France compte 22% de femmes siégeant au conseil d'administration des plus grandes entreprises. Elles sont 19% en Grande-Bretagne et 17% en Allemagne.
La France compte 22% de femmes siégeant au conseil d'administration des plus grandes entreprises. Elles sont 19% en Grande-Bretagne et 17% en Allemagne. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La France compte 24% de femmes siégeant au conseil d'administration des plus grandes entreprises. Elles sont 19% en Grande-Bretagne et 17% en Allemagne.

24%. Telle est la part des directrices siégeant au conseil d'administration d'une grande entreprise en France, d'après le Panorama 2013 des pratiques de gouvernance des sociétés cotées françaises publié ce lundi par le cabinet Ernst & Young (EY), l'un des leaders mondiaux du Conseil, en partenariat avec Labrador Conseil. En 2012, elles étaient 22%.

 

Pour réaliser son étude, le cabinet a étudié un échantillon de 180 sociétés françaises cotées: les "Bigcaps", soit l'intégralité du CAC 40 et du SBF120, ainsi que 60 "Midcaps". Résultat des courses: la France aurait déjà atteint l'objectif fixé par le gouvernement à l'horizon 2014. La loi Copé-Zimmermann instituée en 2011 prévoit en effet un quota de 20% de femmes dans les conseils d'administration des sociétés cotées en Bourse et de celles employant au moins 500 salariés, dont le chiffre d'affaires excède 50 millions d'euros en 2014. La première partie du chemin seulement puisque cette proportion devra être de 40% en 2017.

 

La France, bonne élève dans l'Union européenne

 

La France semble d'ailleurs compter parmi les meilleurs élèves européens en la matière. En effet, elle serait même au-dessus de la moyenne de l'Union européenne (14%), qui n'était encore que de 10,9% en 2009 d'après les chiffres d'Eurostat. A titre de comparaison, la France est mieux classée que le Royaume-Uni (19%), l'Allemagne (17%) ou encore l'Italie (10%).

 

Quota de 30% au Rwanda

 

Rappelons à cet égard qu'en avril dernier, le Bundestag a rejeté la fixation de quotas de femmes dans les conseils d'administration. Le Royaume-Uni n'impose pas de quota non plus tandis que l'Italie est encore loin de son objectif de 33%. Dans le monde, seuls six pays ont imposés un nombre minimum de femmes dans les conseils d'administration: la Norvège, pionnière en la matière, la France, la Belgique, L'Islande et le Rwanda. Ce dernier pays s'est montré plus ambitieux que la France en imposant un quota de 30% d'administratrices dans les grandes entreprises.

 

Reste que ce sont (encore) les pays scandinaves qui arrivent en tête de peloton, et notamment la Norvège où 42% de femmes étaient présentes en 2012 aux conseils d'administration.

 

D'après les données publiées dans le tableau ci-dessous par le cabinet EY, la France devance très clairement l'Allemagne et le Royaume-Uni:

 

femmes CA

 

Pour aller plus loin: Banques centrales: où sont les femmes ?

 

>> Et aussi: Christine Lagarde veut plus de femmes dans l'économie, car c'est un gage de croissance

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Commentaires
a écrit le 07/10/2013 à 16:42 :
Les faits, c est que les conseils d administration des entreprises du CAC 40 sont longtemps restés des clubs masculins très fermés où les femmes n étaient pas invitées, ou alors seulement en début de réunion, à venir servir le café. Des femmes pour siéger, on en aurait bien accueilli, ont longtemps affirmé les dirigeants, mais c était bien ballot, on n en trouvait pas. Peut-être qu on n avait pas assez bien cherché. En France, on n aime pas ça, les quotas! Ca fait "discrimination positive", ça fait américain et puis quelle femme a vraiment envie d être choisie pour remplir le quota plutôt que pour ses compétences avérées? L argument des "femmes quotas", il est bien commode, parce qu il rend les femmes elles-mêmes rétives à la disposition qui les favorise. Il n est pas immédiatement flatteur, admettons-le. Pourtant, il repose lui-même sur un a priori sexiste : celui qui suppose les femmes par définition moins compétentes que les hommes, sans quoi, évidemment, elles se feraient naturellement remarquer sans qu il y ait besoin d un dispositif dédié pour les amener aux responsabilités. La rhétorique est d une mauvaise foi caractérisée, tant elle joue de feinte naïveté sur les conditions et les critères d accès aux plus hautes responsabilités dans l entreprise. C est effectivement faire comme si seule la compétence entrait en ligne de compte dans la décision d intégrer un nouveau membre dans un cercle aussi restreint qu un grand conseil d administration. Le réseau, la cooptation, le goût de l entre-soi, l auto-référence à ses conceptions propres de la gouvernance, il est bien connu que ça n existe pas dans ces milieux-là! D ailleurs la réalité, c est que la féminisation affichée des conseils d administration s opère surtout à travers un utile artifice : le cumul des mandats. En effet, il n y a pas tant un accroissement de la population des administratrices que des nominations de femmes déjà administratrices d un grand groupe dans le conseil d un ou plusieurs autres grands groupes. il n est pas certain que la progression se poursuive. Pourtant nous savons depuis longtemps que plus les conseils d administration sont féminisés, plus les entreprises ont de bons résultats . Depuis des années, plusieurs études soulignent l efficacité des directions mixtes dans les entreprises.Avoir des femmes administratrices n est pas seulement juste. C est aussi intelligent. Les entreprises qui comptent peu d administratrices risquent en effet de ne pas satisfaire leurs investisseurs .

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