Les plus riches Français s'enrichissent, mais rien à voir avec les Américains

Ivan Best

Ivan Best
Les riches, de plus en plus riches ? Alors que le livre de Thomas Piketty fait le buzz, l'Insee publie des statistiques (1) qui incitent à relativiser le sujet, s'agissant de la France. Si, aux Etats-Unis, on relève une véritable explosion des inégalités, une infime minorité des contribuables (1% les plus riches) voyant ses revenus augmenter, et ce de façon importante, alors que les autres voient leurs revenus, au mieux, stagner, la tendance dans l'hexagone est loin d'être aussi frappante.
Entre 2007 et 2011, les revenus déclarés par les ménages ni riches ni pauvres, ceux se situant exactement au niveau de la médiane (50% de foyers moins aisés, 50% de plus aisés) se sont accrus de 3,2% en euros constants, selon l'Insee (ce calcul est fait par unité de consommation, en prenant donc en compte la taille du foyer).
S'agissant des contribuables qui se situent au seuil des 1% les plus riches -soit 93.000 euros de revenu déclaré par unité de consommation, pour 2011- , l'évolution est quasiment identique. En revanche, la hausse de revenu est plus forte (+6,4%) sur cette même période, pour les 61.000 personnes les plus aisées (0,1% de la population), et encore plus élevée s'agissant de la petite minorité (6.100 personnes) appartenant à la catégorie des 0,01% les plus riches. L'augmentation atteint alors 11%. Aux Etats-Unis, entre 2009 et 2012, la fraction des 1% les plus riches a eu droit à une hausse des revenus dépassant les 30%, d'après les statistiques compilées par un des spécialistes des inégalités, Emmanuel Saez
À lire également
Cette différence se voit aussi dans le partage du revenu. En France, la fameuse catégorie des 1% les plus riches avait droit en 2004 à 6,3% du revenu global. En 2011, la part du gâteau a grossi, atteignant 7%. Mais elle est difficilement comparable à celle des riches américains: aux Etats-Unis, la même minorité des 1% s'y arroge 22% du revenu global en 2012, selon les statistiques présentées par Emmanuel Saez. Trois fois plus qu'en France.
Dans le détail, la part des 61.000 Français les plus aisés (0,1% des contribuables) est passée de 2% du revenu globalement déclaré en 2007 à... 2,1% en 2011. Aux Etats-Unis, elle est de 5,5%.
(1) "Les revenus et le patrimoine des ménages" , édition 2014
Ivan Best
JO 2030 : « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026
🔴 Économie de la zone euro, Sophie Binet réélue à la CGT, pétrole… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin