Sarkozy se pose en recours face à Hollande

latribune.fr

latribune.fr
Nicolas Sarkozy a plaidé dimanche avoir non seulement "envie" mais surtout "pas le choix" de revenir en politique face au PS et au FN et s'est livré à un véritable réquisitoire contre François Hollande, deux jours après avoir annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP.
Pugnace, souvent crispé, parfois agressif: l'ancien chef de l'Etat est bel et bien de retour sur la scène politique. Dimanche soir, face au journaliste de France 2 Laurent Delahousse, il a exposé pendant près de quarante-cinq minutes les raisons de son retour par la case UMP, deux ans après sa défaite à l'élection présidentielle de 2012.
M. Sarkozy a présenté son credo : "Je suis venu pour créer les conditions d'une alternative crédible qui rassemble les Français bien au-delà des clivages habituels, droite, gauche, centre, écologistes, libéraux, qui n'ont plus aucun sens."
Il a également balayé d'une simple phrase les doutes formulés au sein de son propre camp sur sa stratégie de revenir via la présidence de l'UMP, avec comme concurrents les députés Bruno Le Maire et Hervé Mariton: "Pourquoi cela ne serait pas digne de moi ?"
Nicolas Sarkozy a concédé quelques "erreurs" l'ayant conduit à la défaite en 2012, mais uniquement sur la forme. "Si j'ai perdu, c'était ma responsabilité", a-t-il reconnu, citant "par exemple" le travers "qui consiste à penser, quand on a beaucoup d'énergie et que l'on croit beaucoup en ses idées, ce qui est mon cas, que parfois on peut réussir seul. Or, il n'y a pas de réussite individuelle."
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Mais "l'âge apporte peut-être un peu moins d'énergie mais plus de sagesse, de recul", a-t-il conclu en souriant... avant d'attaquer bille en tête François Hollande, oscillant entre le mépris ("au fond, il est son propre procureur" ou "il est temps qu'il se rende compte que c'est lui le président, pas moi") et un sévère réquisitoire politique.
"Je n'ai pas menti" en 2012, a-t-il notamment répété quatre fois. En revanche, "que reste-t-il de la longue série d'anaphores, vous savez, "moi, président" ? Une longue litanie de mensonges", a-t-il asséné en référence au débat de l'entre-deux tours de 2012.
Le probable futur président de l'UMP a cependant précisé souhaiter "naturellement" que François Hollande aille "au bout" de son mandat. Mais il l'a sévèrement attaqué sur de nombreux points de sa politique et a même raillé la nomination d'Emmanuel Macron, "un banquier" à Bercy, deux ans après le discours du Bourget ("Mon ennemi, c'est le monde de la finance").
Il a également abordé les multiples affaires judiciaires dans lesquelles son nom est cité, balayant toutes les accusations. "Est-ce que vous croyez que si j'avais quelque chose à me reprocher, je viendrais m'exposer dans un retour à la politique comme aujourd'hui ? Est-ce que vous me prêtez deux neurones d'intelligence ?" a-t-il lancé, "en colère".
Nicolas Sarkozy, qui se voit en homme de "courage", a donc lancé les bases de la reconquête de l'UMP, dont la prochaine étape pourrait être un meeting jeudi à Lambersart (Nord). Il s'est même montré élogieux à l'endroit de ses principaux rivaux pour 2017, Alain Juppé et François Fillon, révélant avoir de "l'admiration" pour le premier et avoir travaillé "sans nuage" pendant cinq ans avec le second. Mais, s'il assure ne pas penser à 2017, il prévoit déjà de recourir fréquemment au référendum.
À lire également
Dimanche matin, Alain Juppé avait estimé que le "match" pour 2017 avait "commencé" et répété qu'il irait "jusqu'au bout" de sa candidature. Signe de sa détermination : il a publié sur son blog, en pleine interview de Nicolas Sarkozy, un long texte détaillant ses priorités.
Tout aussi déterminé à concourir, François Fillon a déclaré dimanche qu'il n'avait "pas le culte des sauveurs".
latribune.fr
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge
Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques
JO 2030 : « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »