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ÉconomieFrance

Sarkozy se pose en recours face à Hollande

Photo de Robert Jules

latribune.fr

Publié le 21 septembre 2014 à 19:41 - Mis à jour le 22 septembre 2014 à 09:50

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Pendant trois quarts d'heure, sur France 2, l'ancien président de la République s'est livré à un sévère réquisitoire contre son successeur, se voulant le rassembleur d'une large majorité de Français, mais pas "un homme providentiel". Concédant avoir appris de ses erreurs, il n'a avancé aucune mesure concrète sauf, en cas de retour au pouvoir, un recours étendu au référendum.

Nicolas Sarkozy a plaidé dimanche avoir non seulement "envie" mais surtout "pas le choix" de revenir en politique face au PS et au FN et s'est livré à un véritable réquisitoire contre François Hollande, deux jours après avoir annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP.

Les raisons d'un retour

Pugnace, souvent crispé, parfois agressif: l'ancien chef de l'Etat est bel et bien de retour sur la scène politique. Dimanche soir, face au journaliste de France 2 Laurent Delahousse, il a exposé pendant près de quarante-cinq minutes les raisons de son retour par la case UMP, deux ans après sa défaite à l'élection présidentielle de 2012.

"Je ne veux pas que mon pays soit condamné entre le spectacle humiliant que nous avons aujourd'hui et la perspective d'un isolement total qui serait la perspective du Front National. Non seulement j'ai envie, mais je n'ai pas le choix", a-t-il déclaré.

M. Sarkozy a présenté son credo : "Je suis venu pour créer les conditions d'une alternative crédible qui rassemble les Français bien au-delà des clivages habituels, droite, gauche, centre, écologistes, libéraux, qui n'ont plus aucun sens."

Il a également balayé d'une simple phrase les doutes formulés au sein de son propre camp sur sa stratégie de revenir via la présidence de l'UMP, avec comme concurrents les députés Bruno Le Maire et Hervé Mariton: "Pourquoi cela ne serait pas digne de moi ?"

Quelques erreurs reconnues

Nicolas Sarkozy a concédé quelques "erreurs" l'ayant conduit à la défaite en 2012, mais uniquement sur la forme. "Si j'ai perdu, c'était ma responsabilité", a-t-il reconnu, citant "par exemple" le travers "qui consiste à penser, quand on a beaucoup d'énergie et que l'on croit beaucoup en ses idées, ce qui est mon cas, que parfois on peut réussir seul. Or, il n'y a pas de réussite individuelle."

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Mais "l'âge apporte peut-être un peu moins d'énergie mais plus de sagesse, de recul", a-t-il conclu en souriant... avant d'attaquer bille en tête François Hollande, oscillant entre le mépris ("au fond, il est son propre procureur" ou "il est temps qu'il se rende compte que c'est lui le président, pas moi") et un sévère réquisitoire politique.

"Je n'ai pas menti" en 2012, a-t-il notamment répété quatre fois. En revanche, "que reste-t-il de la longue série d'anaphores, vous savez, "moi, président" ? Une longue litanie de mensonges", a-t-il asséné en référence au débat de l'entre-deux tours de 2012.

La nomination d'Emmanuel Macron moquée

Le probable futur président de l'UMP a cependant précisé souhaiter "naturellement" que François Hollande aille "au bout" de son mandat. Mais il l'a sévèrement attaqué sur de nombreux points de sa politique et a même raillé la nomination d'Emmanuel Macron, "un banquier" à Bercy, deux ans après le discours du Bourget ("Mon ennemi, c'est le monde de la finance").

Il a également abordé les multiples affaires judiciaires dans lesquelles son nom est cité, balayant toutes les accusations. "Est-ce que vous croyez que si j'avais quelque chose à me reprocher, je viendrais m'exposer dans un retour à la politique comme aujourd'hui ? Est-ce que vous me prêtez deux neurones d'intelligence ?" a-t-il lancé, "en colère".

"Toute la campagne présidentielle, on a expliqué aux Français que j'étais mouillé dans l'affaire Bettencourt, que j'avais extorqué de l'argent à une vieille dame. Deux ans et demi d'enquêtes, quatre perquisitions, 22 heures d'interrogatoires. A l'arrivée: non-lieu. Qui me rendra mon honneur ?", a-t-il tempêté.

"Qui me rendra mon honneur?"

"L'affaire Karachi: dix ans d'enquêtes. On m'a même suspecté d'être complice de la mort de nos compatriotes -les pauvres. Aujourd'hui, je suis lavé. Qui me rendra mon honneur ? Est-ce que vous ne croyez pas que ceci sert certains desseins ?", a-t-il poursuivi.

Nicolas Sarkozy, qui se voit en homme de "courage", a donc lancé les bases de la reconquête de l'UMP, dont la prochaine étape pourrait être un meeting jeudi à Lambersart (Nord). Il s'est même montré élogieux à l'endroit de ses principaux rivaux pour 2017, Alain Juppé et François Fillon, révélant avoir de "l'admiration" pour le premier et avoir travaillé "sans nuage" pendant cinq ans avec le second. Mais, s'il assure ne pas penser à 2017, il prévoit déjà de recourir fréquemment au référendum.

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Dimanche matin, Alain Juppé avait estimé que le "match" pour 2017 avait "commencé" et répété qu'il irait "jusqu'au bout" de sa candidature. Signe de sa détermination : il a publié sur son blog, en pleine interview de Nicolas Sarkozy, un long texte détaillant ses priorités.

Tout aussi déterminé à concourir, François Fillon a déclaré dimanche qu'il n'avait "pas le culte des sauveurs".

latribune.fr

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