Les régions prennent les devants dans la lutte contre le changement climatique

 |   |  1013  mots
Arnold Schwarzenegger à l'Elysée en compagnie de François Hollande, Nicolas Hulot et de Laurent Fabius, à l'occasion du R20 sur le climat.
Arnold Schwarzenegger à l'Elysée en compagnie de François Hollande, Nicolas Hulot et de Laurent Fabius, à l'occasion du R20 sur le climat. (Crédits : Reuters)
Ce week-end, 500 régions du monde entier ont fait leur Sommet sur le climat. Un G20 des régions à l'initiative de l'ONG d'Arnold Schwarzenegger, qui a abouti à la signature de la « Déclaration de Paris », première étape sur le chemin de la Conférence Paris Climat 2015.

Les déçus du Sommet de Copenhague en sont convaincus, pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique et stimuler la croissance verte, il faut adopter la stratégie « bottom-up ». Face à l'échec des gouvernements nationaux, une trentaine de régions de par le monde se sont réunies en 2010 dans l'ONG R20, fondée par Arnold Schwarzenegger, et collaborent aujourd'hui avec les institutions publiques et privées pour faire avancer la croissance verte.

Partir du terrain pour infléchir les politiques nationales en matière de lutte contre le réchauffement climatique est indispensable selon la présidente de R20, Michèle Sabban :

« Nous sommes devenus un acteur incontournable. De l'Amérique Latine à l'Asie, nos régions sont mobilisées pour impulser le mouvement du bas vers le haut en menant des projets applicables concrètement ».

Cet « action-tank » a notamment permis de lancer une épargne verte en Ile de France, de faire passer tout l'éclairage public de Rio de Janeiro et Sao Paolo en LED pour économiser l'énergie, ou encore de permettre la production de biogaz aux bénéfices des communautés rurales de l'Etat du Delta au Nigeria. Via des fonds levés par des partenaires comme Green Wish en Afrique ou Pegasus au Brésil, ces projets se multiplient sur la surface du globe, appuyés par des équipes de R20 sur le terrain. Ceux qui ont été mis de côté en 2009 à Copenhague sont aujourd'hui à l'avant-garde du développement durable.

 L'énergie, au cœur du développement économique

Voyant que les gouvernements nationaux restaient frileux à s'engager concrètement dans la lutte contre le réchauffement climatique, les représentants des régions ont tôt fait de resserrer leurs liens avec le secteur privé pour lancer des projets applicables rapidement. Parmi ces actions, les plus nombreuses ont trait à la production d'électricité. « Il faut commencer par s'attaquer à l'énergie dépensée dans l'éclairage, qui représente 40% des coûts. Ont peut les réduire de moitié » assure Eric Rondolat, PDG de Philips Lighting, comme en privilégiant les tubes LED ou en installant des systèmes de contrôle de l'intensité lumineuse. Bien qu'indispensable, réduire la consommation d'énergie ne suffit pourtant pas

« Vue l'augmentation constante de la demande, il faut travailler activement à la réduction des émissions carbones » explique Ricardo Cordoba, responsable Europe de General Electric. « Cela passe notamment par rendre la distribution plus efficace grâce à des réseaux intelligents qui anticipent la demande ». Des efforts sont aussi à faire au niveau de la production. « Certaines centrales thermiques ne fonctionnant aujourd'hui qu'à 40% de leur rendement, nous pouvons faire baisser les émissions de CO2 en augmentant leur productivité » assure Ricardo Cordoba, avant de rappeler que les énergies renouvelables continueront d'être développées en parallèle des centrales thermiques, car « elles ne pourront jamais être le seul moyen de produire de l'électricité ».

Des ambitions qui se heurtent au problème des financements

Tous les acteurs s'accordent pour le dire : l'énergie est au cœur du développement économique. « Mais elle nécessite des investissements très importants » rappelle Grete Faremo, directrice générale du Bureau des nations unis pour les services d'appui aux projets (UNOPS).  C'est là que le bât -peut- blesser. Sans financements pérennes, la croissance verte n'aura pas lieu. Les partenariats avec le secteur privé et les donations ne suffisent pas. Des ONG comme R20 jouent dans ce cas un rôle important, en permettant aux porteurs de projet d'obtenir des investissements. Le défi est énorme si l'on en croit Diana Glassman, à la tête du département environnement de la TD Bank américaine, qui chiffre à « 1 trillion » de dollar d'ici 2030 les investissements nécessaires pour lutter contre le changement climatique.

« Le challenge est que les Etats n'ont pas les moyens à eux seuls de financer ces innovation. Il faut attirer des investissements privés, réduire les coûts d'accès aux capitaux en développant encore davantage les 'green bonds' [les obligations vertes NDLR] ou encore en améliorant la collaboration avec les assurances ».

On ne pense pas toujours à eux, mais les assureurs, invités par le R20 ce week end, ont un rôle déterminant dans le financement des actions environnementales. Et pour cause, la gestion des risques liés au changement climatique les concernent directement. « Le montant des dommages causés par les catastrophes naturelles a été multiplié par 5 ces 40 dernières années, à cause des aléas climatiques. Leur coût peut représenter jusqu'à 20% du PIB mondial » justifie Bernard Spitz, président de l'Association française de l'assurance (AFA). Face à ce constat, ce dernier assure que les assurances doivent s'adapter à ces nouveaux risques pour les éviter et « jouer leur rôle d'investisseurs ».

 Rien ne se fera sans les Etats

Ce week end les régions et leurs représentants, ont montré qu'il était possible de mobiliser autour d'une même table des acteurs aussi divers et importants que les banques, les assureurs, les entrepreneurs ou les diplomates pour éviter l'augmentation de température globale de 4 degrés à la fin du siècle, comme le prévoit le Groupe intergouvernemental sur le climat si nous ne changeons pas de modèle énergétique. Mais aussi charismatique et célèbre que soit le fondateur du R20 Arnold Schwarzenegger, les régions pourront peu sans l'engagement réel des Etats.

Pour que les gouvernements nationaux ne se défaussent pas de leurs responsabilités sur les ONG, certains comme Serge Lepeltier, ancien ambassadeur français chargé des négociations sur le changement climatique, martèlent la nécessité d'un accord global et contraignant sur les émissions de CO2. « Le prix du carbone doit être défini au niveau international. Prenons garde à la stratégie 'bottom-up' qui peut être une excuse pour les Etats de ne pas agir ». Il ne fait pas de doute que sans la signature de la Chine et des Etats-Unis à la Conférence Paris Climat 2015 (COP 2015), c'est de nouveau un accord à minima qui verra le jour.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 16/10/2014 à 11:12 :
Commencez par faire une étude SERIEUSE sur l'impact de l'activité solaire MASSIVE ainsi que sur les modifications de la magnétosphère!
Réponse de le 17/10/2014 à 21:44 :
Chuuuutt ! Et les taxes alors?! ;)
a écrit le 15/10/2014 à 18:52 :
La Californie a réaffirmé l'interdiction du gavage. Schwarzie est-il venu le rappeler à Hollande et aux politiques français. cela m'étonnerait qu'ils acceptent d'arrêter de se gave sur notre dos :-)
a écrit le 15/10/2014 à 14:04 :
Chose fort curieuse, malgré une économie en berne et un rouble au plus bas, le président russe Vladimir Poutine atteint un record de popularité depuis son arrivée au pouvoir en 2000. En France, malgré une économie en croissance accélerée et un euro au plus fort de sa carrière, Hollande se retrouve aux profondeurs du classement de popularité. Cherchez l'erreur.
Réponse de le 15/10/2014 à 14:46 :
Votre commentaire est serieux ? Vous comparez 2 régimes, 2 pays, 2 cultures complétement différentes et ça ne vous gène pas ?
Les russes sont sortis de 60 ans de dictature commnuniste où on les a affamé, persécuté, tué et j'en passe. A la suite de quoi l'ouverture tant attendue vers le capitalisme s'est transformé en foire à la corruption géante. Il s'agit d'un peuple qui n'a aucune culture démocratique et d'exigeance envers les dirigeants, qui va avec. Il leur suffit juste d'un homme fort, qui fait rayonner leur pays à l'internationale, d'un pays considéré comme une puissance militaire importante. Les ficelles que tire Poutine pour se faire aimer sont les mêmes que les dirigeants européens utilisés au début du siècle quand chaque frontière était un conflit potentiel. Quand une puissance ne se mesurait oas économiquement mais militairement.
La France, elle, connait la démocratie depuis plusieurs siècles et en à subit tous les mauvais côtés (j'ai en tête les IIIème et IVème Répunblique durant lesquelles le gouvernement pouvait très bien changer 5 fois en l'espace de 3 mois). Notre exigeance (et notre capacité à éxiger) n'a eu cesse d'évoluer au fil du temps pour atteindre une sorte de paroxysme aujourd'hui, avec cette désagréable sensationque quoi qu'il puisse se passer, le peuple ne sera pas satisfait.
a écrit le 15/10/2014 à 12:29 :
pour réduire la consommation d’électricité: interdire les e-phone, le sur éclairage de toutes les grandes surfaces, supprimer la gratuité électrique aux employés ou retraités d'Edf........!!! Pour les véhicules; interdiction des grosses cylindrées pour les particuliers!!! l'avantage de ce type de mesure; pas de problème de financement!!! c'est totalement gratuit!!!
a écrit le 15/10/2014 à 12:28 :
Rien qu'à la photo on sent l'arnaque.
a écrit le 15/10/2014 à 12:24 :
Disent-ils... Alors que tout ce que l'on consomme ou presque a parcouru des milliers, voire des dizaines de milliers de kilomètres, que ce que l'on nous vend est délibérément conçu pour ne durer qu'un court moment (obsolescence programmée et appareil qui "pète" juste après la fin de la garantie), que tout est fait pour soutenir la pire agriculture, le pire mode d'élevage via les subventions, etc etc.
Enfin du moment que cette esbroufe peut permettre d'encore créer quelques taxes supplémentaires et de brider encore un peu plus les peuples, au nom de la bonne cause, c'est le principal...
PS : c'est l'argent que lui versent ses sponsors (AREVA, EDF, Vinci...) ou c'est celui que lui rapporte ses gels douche "Ushuaia" qui réjouit à ce point Nicolas Bulot (cf photo)?
Réponse de le 15/10/2014 à 12:31 :
on se fiche de savoir si c'est areva ou vinci qui donne des pesetas, du moment que ça marche!!!
Réponse de le 15/10/2014 à 14:25 :
Pour info, la marque "Ushuaia" appartient à 100% à TF1 et non pas à Nicolat Hulot
Réponse de le 15/10/2014 à 20:08 :
@Maître Cappello, peu importe, il y apporte sa caution. "Faites ce que je dis, pas ce que je fais".
Réponse de le 15/10/2014 à 20:13 :
"on se fiche de savoir si c'est areva ou vinci qui donne des pesetas, du moment que ça marche!!!"

Ah vous trouvez que ça marche vous... Vous trouvez que notre modèle de développement est respectueux de l'environnement? Et qu'AREVA, Vinci, et autres sont les mieux placés pour nous donner des leçons d'écologie?
La base de l'écologie c'est produire durable et sain et consommer local, bref tout l'inverse de notre modèle actuel globalisé tant vanté par ceux qui nous parlent d'écologie pour nous faire les poches.
a écrit le 15/10/2014 à 9:09 :
Pour aborder l’étude de l’INSEE paru dernièrement, Sylvie Marchand, responsable du département actions régionales a accordé une interview à la webradio indépendante AWI . L’étude portant sur la qualité de vie dans les territoires français métropolitains qui a fait appel à une trentaine d’indicateurs recouvrant treize dimensions à l’échelle de 2.677 territoires de vie, s’inscrit dans le prolongement des recommandations de la Commission Stiglitz remises en septembre 2009. L'émission est proposée sous le titre : "La qualité de vie dans les territoires français révélatrice d'une nécessaire solidarité inter-régionale"
a écrit le 14/10/2014 à 18:34 :
Schwarzenegger a été un bon gouverneur jusqu’en 2006, ensuite son problème a été le même qu’Obama : l’économie s’est effondrée et on le tient pour responsable. Sa réforme des retraites permettra aux contribuables californiens d’épargner 100 milliards de dollars… au cours des prochaines décennies. Mais son nom restera surtout lié à la politique pro-environnementale qu’il a menée, avec surtout une loi phare : la loi AB32 adoptée en 2006 par laquelle la Californie s’engage à ramener en 2020 ses émissions de gaz à effets de serre aux niveaux de 1990. Un objectif très ambitieux, conforme au protocole de Kyoto et qui fait de la Californie un pionnier pour les Etats-Unis et un modèle au niveau mondial. Arnold Schwarzenegger réussit tellement bien à ancrer ces considérations environnementales dans l’opinion publique californienne, que la proposition 23 poussée par les lobbys de l’industrie automobile et pétrolière pour suspendre la loi AB32 sera facilement repoussée par les parlementaires californiens.
Pourquoi la Californie est toujours le futur de l’Amérique, comme le titrait Time en 2009 : Parce que c’est l’Etat le plus vert et le plus divers des Etats-Unis. Parce que la Californie reste un formidable moteur d’innovation et un laboratoire des modes de vie de demain. Une tendance accentuée par les années Arnold Schwarzenegger. Donc sur ce plan comme celui des retraites notamment le bilan est bon.
a écrit le 14/10/2014 à 18:16 :
Swartzie a été viré en Californie parce que c'est un nul qui n'a rien apporté si ce ne sont des échecs répétitifs. Mais bon, ne dit-on pas que "qui se ressemble s'assemble" :-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :