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ÉconomieInternational

Peer Steinbrück : "il faut plus de flexibilité pour les normes comptables"

latribune.fr

Publié le 08 octobre 2008 à 15:01 - Mis à jour le 08 octobre 2008 à 15:08

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Dans une interview accordée à La Tribune et à notre confrère Handelsblatt, le ministre des finances allemand Peer Steinbrück reconnaît que la conjoncture allemande va davantage subir les retombées de la crise actuelle. Il plaide dans l'immédiat pour un assouplissement des règles comptables IFRS sur la valeur de marché, qui sont en l'état un facteur aggravant de la situation pour les établissements européens.

La Tribune - Le Royaume-Uni veut nationaliser huit banques. Combien de temps reste-t-il avant que l'Allemagne n'en vienne également à cette solution ? 

Peer Steinbrück - Je salue vraiment l'action du gouvernement britannique. Nous nous sommes mis d'accord au niveau européen pour que les Etats de l'Union stabilisent les banques importantes pour le système financier. Chaque pays peut ensuite naturellement décider de l'aspect concret du sauvetage des banques. La Grande-Bretagne a choisi d'emprunter le chemin de la nationalisation.

- Alors que le gouvernement fédéral s'y refuse encore.

- En effet. Dans le cas de Hypo Real Estate (HRE), nous sommes parvenus à stabiliser la situation grâce à une garantie de l'Etat. Les Américains ont choisi un fonds de sauvegarde de 700 milliards d'euros et c'est aussi uns stratégie possible. Jusqu'ici, je ne vois pas de besoin de nationaliser, parce que le secteur bancaire allemand, certes est touché, mais encore assez modérément par la crise financière. Cela peut cependant changer, car les incertitudes sur les développements futurs sont encore aujourd'hui très élevées. Il importe pour le moment que le pouvoir politique, en accord avec le secteur financier et le secteur économique, apaise les craintes des marchés.

- N'est-ce pas étonnant que dans le pays d'origine du capitalisme, on ait recours à des nationalisations ?

- Au-delà des débats idéologiques en Allemagne, ce qui est remarquable c'est le pragmatisme avec lequel les pays anglo-saxons ont avancé des solutions contre la crise financière. Il serait bon également qu'en Allemagne la discussion soit enfin ancrée dans la réalité.

- Au début de la semaine, vous avez évoqué un plan de sauvetage national qui n'a pas encore été concrétisé. Pouvez-vous à présent en dire plus ?

- Je ne peux rien dire de très concret pour l'instant, parce que chacun de mes propos est en ce moment passé au peigne fin.

- Du moins certains de vos propos, entre autres sur « le démantèlement » de HRE ont provoqué de l'irritation ...

- Je ne retire aucun de mes propos sur ce sujet. Je ferai cependant attention à l'avenir à ce que ni la presse, ni les marchés financiers ne puissent disposer d'aucune marge d'interprétations de mes paroles. C'est pourquoi, tout ce que je peux aujourd'hui au sujet du plan de sauvetage national, c'est que souhaite trouver un instrument pour une gestion de crise structurée, afin que nous n'ayons pas à discuter à nouveau de tous les détails dans chaque cas particulier.

- Comment voyez-vous ce processus structuré ?

- Nous devons passer d'une approche au cas par cas à des solutions pertinentes pour le marché. C'est seulement ainsi que la confiance reviendra.

- Dans des pays comme la France, la crise financière a accéléré la consolidation du secteur bancaire. De nouvelles fusions bancaires sont-elles selon vous possibles en Allemagne ?

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- Je suis sceptique sur ce point. Je crains que la crise financière ne freine nettement l'appétit de consolidation des banques allemandes. Je suis par ailleurs convaincu que les rapprochements de Commerzbank et Dresdner Bank et de Deutsche Bank avec Postbank sont indépendants de la crise financière.

- Les mesures de restauration de la confiance du gouvernement fédéral, comme la garantie sur la totalité des comptes d'épargne, n'a pas permis de calmer les marchés. Jusqu'où le Dax va-t-il s'enfoncer ?

- La garantie de l'Etat sur les comptes d'épargne a été très utile et a empêché une ruée des citoyens sur les guichets des banques. La garantie de l'Etat doit apporter une sécurité supplémentaire aux dispositifs déjà en place. Les politiques sont, dans le même temps, dans l'obligation de justifier le sauvetage des banques touchées avec l'argent des contribuables. Beaucoup de banquiers ne comprennent pas encore cela.

- C'est pourquoi vous avez déclaré récemment qu'il fallait « civiliser le capitalisme ». Avec quels moyens ?

- En interdisant les produits de titrisation, les dérivés et les produits structurés hors bilan et en obligeant à disposer d'une couverture en capitaux propres, on coupera aux exagérations malsaines et à la course aux rendements. Si on interdit la vente à découvert, on empêche la création de bulles spéculatives. Si 20 % des risques de crédits ne sont pas transféré, cela disciplinera les pratiques.

- Un rendement de 25 %... Cela appartient désormais au passé ?

- Certains banquiers ont compris que l'on devait apporter des corrections au fonctionnement du secteur financier et donc réduire les capacités de résultats. Notre but est de conserver une place financière qui fonctionne en Allemagne tout en ayant une relation raisonnable avec l'économie réelle. Et pour cela nous avons besoin de règles de conduite.

- Vous réclamerez donc à nouveau que les banques privées, le cas échéant, soient prêtes à participer à des plans de sauvetage, comme dans le cas de HRE ?

- Exactement, et les banques ont montré une grande disponibilité sur ce point. Il est cependant difficile de trouver l'équilibre entre demander a

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