L'UE accroît son aide financière au FMI et aux pays de l'Est

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Les dirigeants de l'Union européenne réunis en sommet se sont dits prêts, ce vendredi, à renflouer le Fonds monétaire international à hauteur de 75 milliards d'euros pour l'aider à faire face à la crise mondiale. L'UE va également doubler, à 50 milliards d'euros, son enveloppe de prêts d'urgence aux pays de l'Europe de l'Est. Une aide de 600 millions d'euros pour plusieurs pays de l'ex-URSS a également été entérinée.

Les dirigeants des vingt-sept pays de l'Union européenne (UE) ont décidé ce vendredi de doubler l'enveloppe de prêts d'urgence de l'UE - qui passera de 25 à 50 milliards d'euros - afin de permettre aux pays d'Europe de l'Est de résister à la crise. L'UE a également décidé de renflouer les ressources du Fonds monétaire international (FMI) à hauteur de 75 milliards d'euros.

"Nous avons mis nos actes en accord avec nos paroles avec un message de confiance et de solidarité" envers l'Europe de l'Est, a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue d'un sommet où l'Europe s'est mise en ordre de bataille en vue de la réunion du G20 de Londres le 2 avril.

C'est la deuxième fois depuis décembre que le montant de l'enveloppe de prêts d'urgence est doublé, alors que la Hongrie s'était plainte du manque de solidarité des pays d'Europe de l'Ouest, mettant en garde contre la création d'un nouveau "rideau de fer" sur le continent, vingt ans après la chute du communisme.

La Hongrie et la Lettonie ont déjà tiré à hauteur de près de 10 milliards d'euros sur l'enveloppe de prêts d'urgence, dans le cadre de prêts conjoints octroyés par le FMI et les Européens. La Roumanie négocie à son tour un prêt global de 20 milliards d'euros, auquel l'UE va contribuer. D'autres pays de l'Est de l'UE pourraient bientôt eux aussi être demandeurs, dont la Lituanie, selon certains analystes.

De nombreux pays à l'Est sont frappés de plein fouet par la crise car leurs monnaies se sont nettement dépréciées, fragilisant leur système financier. Pour parvenir au doublement de l'enveloppe, il a fallu surmonter les réticences de plusieurs pays, dont l'Allemagne, qui redoutait de créer la panique en annonçant de telles sommes.

Soutien au FMI

Dans le même esprit, les dirigeants européens ont décider d'apporter 75 milliards d'euros (quelque 100 milliards de dollars) aux ressources du Fonds monétaire international (FMI ). Objectif : lui permettre d'accorder davantage de prêts aux pays en difficulté. Une manière indirecte d'épauler encore l'Europe de l'Est puisque plusieurs pays de cette région font appel au FMI .

Cette somme constituera la contribution de l'UE à un doublement des ressources financières du FMI par l'ensemble des pays qui en font partie, de 250 à 500 milliards de dollars. Le Japon a déjà pour sa part promis d'apporter 100 milliards de dollars. La question sera au centre du prochain sommet du G20, car les Etats-Unis ont récemment suggéré de faire un effort encore plus important en triplant les ressources du Fonds. Mais cette perspective semble peu envisageable pour l'Europe, qui estime en avoir déjà fait suffisamment.

Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, avait récemment appelé de ses voeux le doublement des ressources de son institution, faisant valoir que sa capacité à prêter aux pays membres en difficulté pourrait s'épuiser si la crise économique perdurait. Le FMI a annoncé officiellement jeudi qu'il attendait un recul du PIB mondial de 0,5% à 1% pour 2009.

Un "partenariat oriental"

Les dirigeants de l'UE ont également avalisé ce vendredi un " partenariat oriental" permettant d'augmenter de 600 millions d'euros son aide à l'Ukraine et cinq autres pays de l'ex-URSS : le Bélarus, la Moldavie, l'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Géorgie.

"Notre rêve est devenu réalité, nous avons adopté le partenariat oriental avec les moyens de le démarrer", s'est félicité le chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, alors que Prague avait fait de ce projet une priorité de sa présidence de l'UE.

Ce partenariat vise à accélérer les réformes démocratiques et économiques dans ces pays, à encourager la coopération régionale et à les rapprocher du bloc européen. Sans leur offrir cependant aucune perspective d'adhésion à l'UE, un sujet sur lequel les Européens sont divisés. Ces pays bénéficient déjà, Bélarus excepté, de fonds dans le cadre de la "politique de voisinage" de l'UE, qui vise à soutenir les réformes dans les Etats à l'est mais aussi au sud de l'union.

La France s'était montrée réticente à approuver ce montant de 600 millions d'euros, car elle craignait d'en faire trop pour les pays de l'Est au détriment des pays du sud de la Méditerranée qu'elle a toujours privilégiés.

 

 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
on écrit l'Union européenne
Il ya une faute dans le texte.

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