L'industrie automobile quasi nationalisée

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L'État fédéral et le syndicat UAW pourraient détenir 89 % du capital de General Motors.

Le symbole mondial du capitalisme américain pur et dur va-t-il devenir le parangon de l'entreprise nationalisée, détenue par l'État et contrôlée par les syndicats ? Une sorte de Régie Renault de l'ancien temps ? Nullement saugrenue, l'hypothèse paraît plausible. Exsangue, GM a en effet lancé en début de semaine une restructuration de sa dette. Si son offre était acceptée, les créanciers obligataires de l'ex-premier constructeur automobile mondial se retrouveraient avec une participation de 10 %. Les actionnaires actuels en auraient 1 %. L'État fédéral et le fonds d'assurance-maladie pour les retraités géré par le syndicat UAW détiendraient en revanche 89 % du capital de GM. Un comble ! L'administration américaine a dû, il est vrai, injecter à ce jour 15,4 milliards de dollars d'aide fédérale.

Une révolution en marche
Chez Chrysler, le troisième grand américain de l'automobile, longtemps symbole de la multinationale américaine dominatrice, la révolution est aussi en marche. Si le milliardaire Kirk Kerkorian n'y fait plus la pluie et le beau temps, comme naguère, l'actionnaire de référence devrait être l'UAW. Le fonds d'assurance-maladie ? et donc le syndicat ? prendrait 55 % du capital en cas d'alliance avec Fiat, selon le "Wall Street Journal". Les pouvoirs publics américains et les créanciers en obtiendraient 10 %. Et l'italien monterait à 35 %. Un double choc pour l'automobile américaine ! Contrôlé capitalistiquement par l'UAW, Chrysler passerait qui plus est sous la dépendance d'un constructeur étranger, Fiat en l'occurrence, dont le groupe américain distribuait jadis parcimonieusement quelques Alfa Romeo dans son réseau. Quel renversement ! John Elkann, vice-président de Fiat, s'est d'ailleurs dit "confiant", hier, dans la conclusion jeudi prochain d'une alliance italo-américaine.

L'intervention du gouvernement fédéral dans les affaires de Detroit ne constitue pas cependant une première. En 1979 déjà, l'État avait accordé des prêts d'urgence à Chrysler, alors au bord de la faillite, que le constructeur avait remboursés en 1983. Le champ d'intervention de l'administration Obama dans le secteur privé ? une dynamique enclenchée par la précédente administration ? pourrait s'étendre à d'autres. Vendredi dernier, la Réserve fédérale a enjoint les plus grandes banques américaines de conserver un niveau de fonds propres "substantiellement" supérieur aux critères de référence de leurs régulateurs. Faute de pouvoir lever des fonds auprès d'investisseurs privés, celles-ci devraient convertir les actions préférentielles détenues par l'État en actions ordinaires... Ce qui correspond à une nationalisation, au moins partielle.

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