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Aide à la Grèce : le gouvernement allemand dit oui

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Publié le 03 mai 2010 à 08:14

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La BCE annonce ce lundi qu'elle allait accepter les titres de dette grecque en garantie de ses prêts, quelle que soit leur notation financière, une mesure inédite qui devrait soulager la Grèce et les banques de la zone euro, appelées à contribuer au plan d'aide à Athènes. Les ministres des Finances de la zone euro ont déclenché dimanche un mécanisme d'aide sans précédent à la Grèce, qui s'est de son côté engagée à un nouveau plan d'austérité drastique. L'aide s'élève à 110 milliards d'euros sur trois ans...

On connait désormais les modalités du plan d'aide à la Grèce de 110 milliards d'euros sur  trois ans dont 80 milliards à la charge des pays de la zone euro, et 30 milliards fournis par le Fonds monétaire international (FMI).

Le gouvernement allemand a approuvé ce lundi le projet de loi avalisant la contribution de Berlin au plan d'aide à la Grèce. Le parlement doit encore donner son feu vert. Le gouvernement d'Angela Merkel espère que la procédure sera bouclée d'ici vendredi. La contribution de l'Allemagne sera de 22,4 milliards d'euros sur trois ans, comme l'a annoncé dimanche le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce lundi qu'elle allait accepter les titres de dette grecque en garantie de ses prêts, quelle que soit leur notation financière, une mesure inédite  - et contraire à ses principes - qui devrait soulager la Grèce et les banques de la zone euro. La BCE a levé "jusqu'à nouvel ordre" toute condition relative à la notation de crédit pour les titres de dette grecs qu'elle accepte en contrepartie de prêts, dits "collatéraux", selon son communiqué.

Cette suspension, une première dans l'histoire de l'institution de Francfort, permet aux banques possédant des obligations grecques de continuer à obtenir du crédit auprès de la BCE, malgré la dégradation de leur notation financière. Cette mesure vient s'ajouter au très important plan de sauvetage de 110 milliards d'euros annoncé dimanche auquel les banques sont appelées à contribuer.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré dimanche, dans le quotidien populaire Bild, qu'elle "approuverait fortement une participation volontaire des banques" au sauvetage de la Grèce, un geste qui serait de nature à tempérer l'hostilité de l'opinion publique envers une aide à Athènes. Berlin n'a pas précisé davantage ses intentions. Mais le Financial Times Deutschland indiqué dans son édition à paraître ce lundi que la Deutsche Bank, l'assureur Allianz et le réassureur Munich Re pourraient prêter 1 milliard d'euros à la Grèce aux mêmes conditions que celles prévues pour les Etats de la zone euro dans leur plan de sauvetage. Outre ces prêts, des engagements d'achats de dette souveraine grecque seraient également en cours de discussion, car ils permettraient de réduire la volatilité des marchés.

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De son côté, la ministre française des Finances, Christine Lagarde, a elle aussi lancé un appel dimanche aux banques pour qu'elles participent aux efforts financiers pour aider la Grèce, invoquant "un exercice de solidarité". "J'espère que tout le monde examinera ce qu'il peut faire et je m'attendrais à ce que le secteur financier regarde aussi ce qu'il peut faire", a-t-elle dit à des journalistes à Bruxelles. Les banques pourraient contribuer à stabiliser le marché "par exemple en maintenant leur exposition sur la Grèce", c'est à dire en ne soldant pas massivement leurs actifs dans le pays, a-t-elle souligné.

"Eviter la faillite"

"Eviter la faillite est notre ligne rouge nationale". Ces mots tout juste prononcés dimanche par le Premier ministre grec, Georges Papandréou, lors d'une réunion extraordinaire de son gouvernement retransmise en direct à la télévision, introduisent les détails du plan de sauvetage trouvé samedi soir avec l'Union européenne et le FMI, le Fonds monétaire international. L'accord conclu prévoit "de grands sacrifices". Des sacrifices "difficiles mais nécessaires" et ce en contrepartie d'une aide évitant le pays de sombrer dans la faillite. Il s'agit d'une "aide sans précédent au niveau mondial", a insisté le Premier ministre.

L'Eurogroupe approuve

Dans un communiqué, la Commission européenne avait recommandé d'"activer" le mécanisme européen d'aide à la Grèce, qu'elle juge "décisif" pour "préserver la stabilité de la zone euro". Chose faite dimanche soir par les Etats de la zone euro qui ont approuvé le déclenchement de cette aide.

"Nous avons décidé aujourd'hui d'activer le plan de soutien" en faveur de la Grèce , a déclaré leur chef de file Jean-Claude Juncker. "Le programme financier met 110 milliards d'euros à disposition de la Grèce sur trois ans pour lui permettre de faire face à ses obligations, les Etats de la zone euro contribuant à hauteur de 80 milliards d'euros, dont 30 milliards d'euros au cours de la première année" 2010, à un taux moyen de 5%, a-t-il dit.

L'instance dirigeante du FMI doit encore approuver officiellement sa participation de 30 milliards d'euros "dans la semaine", a annoncé de son côté son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, dans un communiqué. Les dirigeants des pays de la zone euro sont, eux, convoqués ce vendredi 7 mai pour un sommet extraordinaire à Bruxelles.

Les premiers versements interviendront "d'ici au 19 mai", date d'une échéance importante des autorités grecques pour refinancer la dette de leur pays sur les marchés. On suivra aussi avec attention la réaction des marchés ce lundi.

Des mesures drastiques

"La Grèce a besoin de pouvoir emprunter 60 milliards d'euros par an" a expliqué le Premier ministre grec. Quant aux économies demandées, elles "atteindront 30 milliards d'euros sur trois ans", en plus des 4,8 milliards déjà annoncés pour 2010". De façon à ramener le déficit public grec, qui a atteint en 2009 environ 14% du PIB, sous le seuil européen autorisé de 3% "d'ici fin 2014", at-il expliqué.

Cité dans un communiqué, le président de la Commission, José Manuel Barroso, qualifie les mesures d'austérité imposées à la Grèce de "solides et crédibles". Pour Poul Thomsen, le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) en Grèce, les ajustements budgétaires acceptés en contrepartie d'une aide financière internationale sont "sans précédent".

De son côte, la dette publique est attendue à 133,3% du PIB cette année et devrait continuer à progresser, jusqu'à 149,1% en 2013, avant de commencer à refluer en 2014, à 144,3%.

"Dans la marge de négociation très étroite dans laquelle nous nous sommes retrouvés, il est bon que les salariés du secteur privé ne soient pas touchés. Nous avons dû prendre des mesures qui touchent les salariés et les retraités du secteur public. Cela parce que le grand homme malade, c'est le secteur public".

Parmi les principales mesures réclamées par le Fonds monétaire international, Athènes devra notamment relever la TVA de un à deux points (elle s'élève actuellement à 21%), supprimer les 13e et 14 mois de salaire dans la fonction publique compensées par des primes pour les plus bas revenus.

Des sources européennes évoquaient également ces derniers jours le fait qu'Athènes réduise son déficit public de 10 points en pourcentage du PIB en deux ans, l'équivalent de 24 milliards d'euros d'économies, un objectif qui pourrait aggraver la récession et avoir des contrecoups dans l'opinion.

"Nous avons eu des négociations marathon, explique Le Premier ministre grec, et avons fait en sorte que la communauté internationale prête atention aux problèmes du peuple grec. Je reste convaincu que cela n'est pas seulement notre problème à nous mais que cela relève aussi d'un problème de fonctionnement des marchés et des mécanismes de défense de l'euro".

Dès vendredi, le chef du gouvernement grec préparait le pays au plan d'austérité en assurant que  la Grèce doit prendre des mesures assurant sa survie.

Récession pire que prévu

En 2010, le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce devrait chuter de 4%, au lieu de la baisse de 2% attendue jusqu'ici. Telles sont les nouvelles prévisions officielles sur lesquelles s'est basé l'accord conclu par Athènes avec les Européens et le FMI.

Application du plan "à la virgule près"

Le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle estime dans un communiqué que la Grèce va mettre en oeuvre rapidement et de façon crédible les réformes annoncées. "De même que l'Allemagne et les citoyens allemands s'impliquent en faveur de la stabilité de la zone euro, j'attends maintenant du gouvernement grec, qu'il mette en oeuvre rapidement, avec détermination et de façon crédible, à la virgule près, le plan d'austérité" négocié avec le FMI et l'Union européenne, écrit-il dans un communiqué.

A Bonn, pour une réunion ministérielle consacrée au changement climatique, la chancelière allemande Angela Merkel a qualifié ce plan de "très ambitieux" en soulignant que les coupes prévues "requièrent un haut niveau de capacité politique de mise en oeuvre".

Son homologue française, Christine Lagarde, souhaite quant à elle qu'un signal fort soit envoyé lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro. "Je pense que c'est un exercice de solidarité que nous sommes en train de conduire et clairement tout le monde a intérêt à ce que la Grèce soit stable et à ce que la Grèce soit remise sur pied et obtienne à nouveau la confiance des marchés. " "Tout le monde doit regarder ce qu'il peut faire et je m'attends à ce que le secteur financier regarde aussi ce qu'il peut faire", a-t-elle ajouté à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe.

La BCE approuve...

"Le conseil des gouverneurs de la BCE (Banque centrale européenne, ndlr) accueille favorablement le programme d'ajustement économique et financier qui a été approuvé aujourd'hui par le gouvernement grec après la conclusion des négociations avec la Commission européenne, en liaison avec la BCE et le FMI", a déclaré la banque centrale des 16 pays de la zone euro. "Les réformes structurelles et les ajustements fiscaux ambitieux contenus dans ce programme sont appropriés pour remplir les objectifs de stabilisation de la situation économique et budgétaire (...) Il s'attaque résolument aux difficultés de la Grèce", lit-on encore dans le communiqué.

... pas les syndicats

Pour la grande centrale syndicale de la fonction publique grecque (Adedy), les mesures d'austérité annoncées par le gouvernement socialiste "conduisent à la paupérisation de la société" et "rendent les riches plus riches et les pauvres plus pauvres".Elles se traduisent, d'après elle, par "une baisse des revenus des fonctionnaires et des retraités allant jusqu'à 35%".

Les syndicats ont appelé à un mouvement national de grève le 5 mai dans la fonction publique et le secteur privé. Jeudi soir, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui protestaient contre la politique d'austérité devant le ministère des Finances. Athènes a en effet déjà mis en oeuvre des mesures de réduction des traitements de la fonction publique, relevé certaines taxes et gelé les retraites dans le cadre d'un vaste plan d'austérité destiné à réduire d'un tiers environ son son déficit budgétaire cette année, suscitant le mécontentement et parfois la colère de la population.

Le secteur bancaire grec sous pression

Le secteur bancaire grec reste toutefois sous pression. L'agence de notation financière Moody's Investors Service a en effet annoncé vendredi avoir abaissé les notes de solidité financière de neuf banques du pays : National Bank of Greece, EFG Eurobank Ergasias SA, Alpha Bank AE, Piraeus Bank, Emporiki Bank of Greece (filiale du français Crédit agricole), Agricultural Bank of Greece, General Bank of Greece, Marfin Egnatia Bank et Attica Bank.

Moody's souligne dans son communiqué que les notes des dépôts et celles des dettes des banques grecques restent sous revue en vue d'une possible dégradation, revue qui devrait être conclue en même temps que celle de la dette souveraine d'Athènes. L'agence explique que les tensions économiques auxquelles est confrontée la Grèce ont un impact sur la situation du secteur bancaire.

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Vendredi matin, l'ex-secrétaire d'Etat aux affaires européennes, aujourd'hui président de l'AMF, l'Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, a estimé sur RMC et BFM TV que la situation de l'Espagne et du Portugal est très différente et nettement moins alarmante. Il a également milité pour la mise en place de mesures destinées à lutter contre la spéculation intervenue contre la dette grecque.

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