Fléchissement annoncée de la croissance chinoise, le taux du yuan toujours très critiqué

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L'économie chinoise, la troisième au monde, devrait ralentir au cours du second semestre, selon un expert de la banque centrale de Chine. A une semaine du G20, les pressions occidentales sur la monnaie chinoise s'accentuent.

L'économie chinoise, la troisième au monde, a progressé de 11,9% en rythme annuel au premier trimestre, mais elle devrait ralentir au cours du second semestre et ne pas afficher de chiffre de croissance à deux chiffres, a déclaré ce vendredi l'un des trois conseillers scientifiques de la banque centrale de Chine, Xia Bin.

En 2008, la croissance chinoise avait ralenti, progressant tout de même de 8,7% sur l'année. Les propos de Xia Bin se sont traduits par une forte baisse de la Bourse de Shanghai, qui a clôturé vendredi en baisse de 1,84%, tombant à un plus bas de plus d'une semaine.

Bonnes perspectives de croissance, selon la Banque mondiale

Dans son rapport de vendredi, la Banque mondiale souligne que les perspectives de croissance chinoise restent bonnes en dépit de la fragilité de la reprise mondiale et qu'elle ne percevait pas de risque inflationniste lié à une hausse des salaires dans le pays.

Elle constate notamment que les groupes industriels chinois sont parvenus à contenir leurs coûts, dopant leur compétitivité tout en améliorant la qualité des produits, ce qui s'est traduit par une progression leurs parts de marché. 

De leur côté, les exportateurs ont augmenté leur marge durant le ralentissement économique mondial et, au cours des cinq premiers mois de 2010, les volumes des exportations ont été de 10% environ plus élevés qu'il y a deux ans, c'est à dire avant le déclenchement de la crise économique. Les volumes des exportations pourraient cependant ralentir alors que le restockage mondial est achevé et que la demande ralentit, en particulier en Europe, le principal partenaire économique de la Chine.

La monnaie, pomme de discorde internationale

Dans son rapport, la Banque mondiale redit que la Chine devrait relever ses taux d'intérêt et donner au yuan une plus grande flexibilité afin d'ajuster au mieux sa politique monétaire à ses besoins propres.

Mais la Chine continue de veiller jalousement à ses prérogatives sur sa monnaie. Alors que les marchés financiers s'attendent à ce que le sommet du G20 du 26 et 27 juin ne laisse pas passer l'occasion d'aborder ce sujet polémique, la Chine a fait savoir vendredi que personne n'avait pas à s'ingérer dans sa politique monétaire : "le renminbi (yuan) est la monnaie de la Chine et je ne crois pas que ce soit une question qui doive être discutée internationalement", a ainsi dit à la presse Cui Tiankai, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères qui est le "sherpa" de la Chine au G20.

La Chine maintient un taux de change du yuan de 6,83 environ par dollar depuis près de deux ans, pour aider ses exportateurs à surmonter la crise mondiale. Beaucoup d'économistes occidentaux pensent que la monnaie chinoise est sous-évaluée de 25% à 40%. Washington notamment presse Pékin de réévaluer le yuan pour permettre la réduction du déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine.

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