L'euro monte : et si la reprise était plus forte en Europe qu'aux Etats-Unis ?

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L'euro atteint 1,31 dollar, son plus haut niveau depuis mai. La confiance des consommateurs et des entrepreneurs de la zone euro, mesuré par la Commission européenne, s'affiche en juillet à son plus haut niveau depuis 27 mois, tiré principalement par l'Allemagne et la France.

L'euro, scotché depuis de longues semaines sur la barre de 1,30 dollar, s'en décolle ce jeudi et approche 1,31, un niveau abandonné depuis le 10 mai dernier.

La raison : des indicateurs européens qui incitent à l'optimisme comme la baisse continue du chômage allemand ou le moral des chefs d'entreprise et des consommateurs. L'indice de confiance économique mesuré par la Commission européenne s'affiche en effet en juillet à son plus haut niveau depuis 27 mois, à 101,3 points, soit 2,3 points de plus que le mois précédent. Un niveau semblable avait été atteint en mars 2008 (101,8 points).

Pour les 27 pays de l'Union européenne, l'indice gagne également 1,9 point à 102,2 points.

C'est l'Allemagne qui tire la charette européenne, l'indice de confiance y gagnant 4 points. La France affiche la deuxième meilleure performance avec un indice en hausse de 2,6 points. L'Espagne est le pays où le moral des entrepreneurs et des consommateurs baisse le plus (-2,2 points).

Dans le détail, la confiance des consommateurs a gagné 3 points en zone euro et 1 point dans l'UE. La Commission explique cette hausse par "davantage d'optimisme sur la situation économique générale et un apaisement significatif des craintes sur l'emploi en Allemagne".

L'indice des entrepreneurs a de son cpoté progressé de 0,26 point à 0,66 point en juillet, après une quasi stabilité en juin (+0,02 point). Cela "suggère que l'activité économique dans l'industrie va continuer de se reprendre dans les prochains mois, même s'il y a encore du chemin à faire pour retrouver le niveau d'avant la crise", commente la Commission.

Dans le même temps, les derniers indicateurs américains - confiance des consommateurs avec le Conference Board ou ventes de bien durables - ont déçu. Même les chiffres hebdomadaires d'inscription au chômage montrent que la reprise du marché du travail aux Etats-Unis ne se fera que très lentement. Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont reculé la semaine dernière, avec 457.000 dossiers déposés contre 468.000 la semaine précédente. Les économistes attendaient en moyenne 459.000 inscriptions. La moyenne mobile sur quatre semaines, considérée comme plus représentatif d'une tendance, s'inscrit également en baisse, à l'inverse du nombre de chômeurs indemnisés qui progresse nettement.

On attend maintenant le chiffre de la croissance américaine pour le deuxième trimestre dont la première estimation (souvent fortement révisée ensuite) est attendue ce vendredi.  Elle risque d'être moins forte qu'au premier trimestre autour de 2,5% contre 2,7% au premier trimestre.

L'Europe toujours fragile

La zone euro reste toutefois fragilisée par la crise. Le revenu disponible réel des ménages a diminué au premier trimestre pour le troisième trimestre consécutif, de 0,6%, selon un communiqué d'Eurostat ce jeudi. Conséquence de cette baisse, le taux d'épargne des ménages se réduit lui aussi au premier trimestre, de 14,6% en zone euro et de 13% dans l'UE.

Le taux d'investissement des entreprises fléchit également au premier trimestre 2010, en s'établissant à 20,2% en zone euro, contre 20,4% le trimestre précédent, selon les données d'Eurostat. En revanche, la part de leurs profits dans la valeur ajoutée (indicateur de profitabilité qui indique la part de valeur ajoutée créée au cours du processus de production) augmente  : elle passe à 38% au premier trimestre 2010, après 37,7% au trimestre précédent.

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