La Grèce s'engage à réduire son déficit plus rapidement que prévu

Dans l'avant-projet de budget pour 2011 présenté ce lundi, Athènes table sur un déficit public équivalent à 7% du PIB grec, soit nettement moins que l'engagement qui avait permis au Premier ministre George Papandréou d'obtenir l'aide financière de l'Union Européenne et du FMI.
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La Grèce a dévoilé ce  lundi son projet de budget pour 2011, qui vise une réduction du déficit plus importante que prévu par le plan d'ajustement budgétaire convenu avec le Fonds monétaire international (FMI) et d'autres pays européens. Selon les termes de l'accord, en contrepartie d'une aide de 110 milliards de dollars, la Grèce s'était engagée à réduire son déficit de 50 points de base à 7,6% de son PIB en 2011. Athènes a assuré ce lundi que son déficit atteindra 7% de son PIB.

Les Grecs doivent donc s'attendre à devoir se serrer un peu plus la ceinture l'an prochain, dans l'espoir de voir leur pays sortir de la crise de la dette et retrouver progressivement un statut d'emprunteur "classique" sur les marchés financiers. "Notre objectif n'est rien d'autre que de sortir du tunnel dès que possible", a déclaré le Premier ministre George Papandréou, lors d'un conseil des ministres consacré au projet de budget.

"La voie que nous empruntons reste difficile mais après des années de déraillements, nous reprenons le chemin de la santé financière", a-t-il ajouté. La Grèce est l'un des pays les plus endettés de la zone euro puisque sa dette publique devrait représenter 133% de son PIB cette année et 142% en 2011. Athènes doit donc convaincre les investisseurs de ses progrès en matière de réduction des déficits et de réformes pour espèrer pouvoir de nouveau emprunter sur les marchés l'an prochain.

La prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir des emprunts d'Etat grecs à 10 ans plutôt que des titres allemands de même échéance était de 789 points de base lundi, en repli de 15 points par rapport à vendredi.

Il est vrai que ce week-end, le Premier ministre chinois, en déplacement en Grèce, a assuré Athènes du soutien de Pékin et a promis que la Chine achèterait des obligations grecques lorsque leur émission reprendra.

Le projet de budget 2011 vise un déficit de 7,0% du PIB l'an prochain contre 7,8% attendu pour 2010. L'accord de mai avec l'UE et le FMI prenait pour hypothèse un déficit à 8,1% du PIB en 2011. "En chiffres absolus, le déficit budgétaire sera réduit cette année de 43%", a précisé le chef du gouvernement. "Nous sommes parvenus à éviter le pire."

Faiblesse des recettes fiscales indirectes

L'économie grecque devrait se contracter de 4,0% cette année et de 2,6% supplémentaires en 2011, même si le PIB nominal est dopé par l'inflation.
"La prévision de PIB semble raisonnable. L'objectif de déficit pour l'an prochain est plus ambitieux que les prévisions initiales. Il faudra voir le détail des mesures et comment le gouvernement entend réduire les dépenses et augmenter les recettes", a commenté Diego Iscaro, économiste d'IHS Global Insight.

L'accord de mai avec l'UE et le FMI, grâce auquel Athènes a été assuré de recevoir 110 milliards d'euros d'aides en cas de besoin, prévoyait une réduction d'un demi-point du ratio déficit/PIB en 2011 à 7,6%, un objectif relativement modeste après la baisse de 5,5 points prévue cette année, censée ramener le déficit à 8,1% du produit intérieur brut.

Les mesures d'austérité mises en oeuvre ces derniers mois, qui incluent une baisse des traitements des fonctionnaires, une réduction des pensions des retraités et une hausse des prélèvements obligatoires, ont contribué à la réduction du déficit mais elles ont aussi nourri les tensions sociales. Leur impact en termes de recettes fiscales a toutefois été limité.

"Après avoir autant réduit (le déficit budgétaire) cette année, j'espère vraiment qu'ils vont continuer", a dit Ben May, de Capital Economics. "Reste à résoudre cette interrogation sur la faiblesse des recettes (...) Elle risque de persister."

Dans la lignée du collectif 2010, le projet de budget 2011 prévoit entre autres une hausse de la fiscalité immobilière, uen amnistie sur les infractions à la législation sur la construction, de nouvelles licences de jeux d'argent et un prélèvement exceptionnel sur les bénéfices des entreprises pour la troisième année consécutive.

Si le texte prévoit un milliard d'euros de recettes nouvelles générées par la TVA, il ne précise pas quels produits et services actuellement taxés à 11% seront concernés par le relèvement du taux de taxation.

Athènes a déjà augmenté cette année la TVA de quatre points, à 23%, mais sur les huit premiers mois de l'année, les recettes de TVA n'ont augmenté que de 3,4% par rapport à 2009 alors que le gouvernement visait une hausse de 13,7%.

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