Accord sur une aide de l'Europe et du FMI à l'Irlande attendu dimanche

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Une téléconférence des ministres des Finances de la zone euro dimanche doit permettre de finaliser le contenu du plan d'aide à Dublin. Le Portugal et l'Espagne démentent pour leur part avoir besoin d'aide.

Un accord sur une aide financière de l'Union européenne et du Fonds monétaire international à l'Irlande doit être annoncé dimanche, à l'issue d'une téléconférence des ministres des Finances de la zone euro, ont indiqué vendredi plusieurs sources proches des négociations.

De son côté, le ministre allemand des Finances a indiqué au Bundestag qu'il s'attendait à ce qu'une décision soit prise "avant le début de la semaine prochaine".

"Nous sommes confiants dans le fait qu'un résultat raisonnable sera atteint pour limiter les effets inquiétants que la demande (d'aide) irlandaise a produits", a déclaré Wolfgang Schäuble.

Selon ces sources, cette aide consistera en une enveloppe financière globale de 85 milliards d'euros, dont 35 destinés à l'assainissement du secteur financier et 50 au gouvernement irlandais, dont les déficits et la dette ont explosé sous l'effet du soutien apporté aux principales banques du pays.

La contribution des différents bailleurs de ce plan - Fonds européen de stabilité financière (FESF), Mécanisme européen de stabilité financière (MESF) et FMI - n'a pas encore été arrêtée. La décision devrait revenir aux ministres des Finances.

"La part du FMI devrait être quelque chose aux alentours de 20 milliards d'euros", a poursuivi cette source qui a ajouté que la part allouée à chaque banque n'était pas non plus déterminée avec précision et serait versée au fil du temps.

Selon une source proche des discussions, l'enveloppe de 35 milliards d'euros pourrait servir à recapitaliser les banques irlandaises alors que les 50 milliards d'euros seraient utilisés par l'Etat irlandais pour garantir des créances actuelles des établissement financiers nationaux.

Le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a refusé de confirmer ces informations et a indiqué que les discussions se poursuivaient.

"Les discussions sont en cours et ne sont pas finalisées, elles continuent. Lorsque ces discussions aboutiront, l'Eurogroupe devra être convoqué pour se prononcer (...) mais nous n'allons pas bâcler un accord", a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS

Une mission de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international a été dépêchée en Irlande il y a dix jours afin de négocier les termes d'un plan de soutien.

Le gouvernement irlandais a présenté mercredi un ambitieux programme d'austérité budgétaire visant à économiser 15 milliards d'euros sur quatre ans qui doit lui permettre de redresser ses finances. (Voir )

Ce programme, échelonné sur quatre ans, prévoit des milliers de suppressions de postes dans la fonction publique, une hausse graduelle de la TVA et des économies sur les aides sociales, mais laisse intacte l'avantageuse fiscalité des entreprises, avec un taux de l'impôt sur les sociétés de 12,5% dont la France ou l'Allemagne souhaitent un relèvement.

Selon l'une de ces sources, les Vingt-Sept ne chercheront pas forcément à imposer immédiatement un relèvement de ce taux à Dublin et pourraient attendre quelques mois avant de remettre ce dossier sur la table.

"A court terme, il y a un risque de fuite des entreprises et de voir les revenus fiscaux se réduire. Cela ne rendrait service ni à l'Irlande ni à l'Europe", a dit cette source. "Mais à moyen terme, la question doit être posée de voir si un tel modèle de croissance est soutenable".

Et le Portugal ?

Par ailleurs, ces sources ont indiqué que le Portugal ne faisait pas l'objet de pressions pour solliciter à son tour une aide financière et que, si la crainte d'une contagion à d'autres pays fragilisés est réelle, Lisbonne est en mesure d'éviter un plan de sauvetage en mettant en oeuvre des réformes structurelles et des mesures de consolidation.

Le Portugal a démenti vendredi un article du Financial Times Deutschland selon lequel la majorité des pays de la zone euro et la BCE le pressaient de solliciter une aide internationale.

Le cas de l'Espagne

L'Espagne n'a absolument pas besoin d'aide extérieure pour soutenir ses finances publiques, a estimé vendredi le chef du gouvernement espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero, ajoutant qu'il n'envisageait pas de nouvelles mesures fiscales.

Il a jugé que les investisseurs qui parient actuellement contre l'Espagne se trompent. "Ceux qui adoptent une position à court terme vis-à-vis de l'Espagne commettent une erreur", a-t-il dit sur les ondes de la radio régionale RAC1.

Les taux d'emprunt de l'Espagne se sont envolés alors que les investisseurs liquidaient les titres souverains espagnols craignant que le déficit budgétaire élevé et l'endettement des banques ne forcent Madrid à solliciter une assistance financière du type de celles apportées à la Grèce et à l'Irlande.

Jose Luis Rodriguez Zapatero a déclaré exclure "absolument" cette éventualité. Ni la Commission européenne, ni la Banque centrale européenne (BCE) n'ont appelé l'Espagne à prendre des mesures fiscales supplémentaires pour atteindre ses objectifs de réduction de son déficit budgétaire d'ici 2013, a-t-il dit.

"La Commission européenne n'a rien demandé à l'Espagne, la BCE n'a rien demandé à l'Espagne, ni hier, ni le jour précédent", a-t-il souligné.

Le dirigeant socialiste a répété que son gouvernement n'envisageait pas de hausse des impôts, en plus de la revalorisation d'un point d'indice de la TVA décrétée cette année.

"La hausse de la TVA a grandement contribué à la réduction de notre déficit", a-t-il dit, se référant aux chiffres publiés mardi montrant que le déficit du gouvernement s'est réduit en octobre de 47,3% sur les 12 derniers mois.

Elena Salgado, ministre espagnole de l'Economie, a de son côté expliqué que Madrid ne suspendrait aucune des émissions de dette prévues cette année et qu'elles seraient moins importantes qu'anticipé parce que l'Espagne a couvert ses besoins financiers pour 2010.

Depuis le début de l'année, l'Espagne a émis 195,37 milliards d'euros de dette.

La prime demandée par les investisseurs pour détenir de la dette espagnole à dix ans plutôt que des obligations d'Etats allemandes a atteint vendredi un nouveau sommet en raison des craintes de contagion de la crise de la dette souveraine irlandaise. L'écart de rendement a touché en séance 266 points de base contre 256 points de base jeudi soir.

Elena Salgado a par ailleurs promis de publier chaque mois des informations sur l'état de la dette publique espagnole sans préciser quand cette procédure démarrerait.

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