La BCE procède à sa première hausse des taux depuis juillet 2008

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La Banque centrale européenne, par la voix de son président, avait prévenu les marchés dès le 3 mars dernier de sa "forte vigilance". Elle passe aujourd'hui à l'acte, en relevant le taux de refinancement d'un quart de point à 1,25%. Jean-Claude Trichet a jugé sa politique monétaire toujours accommodante et confirme que les perspectives des prix restent orientées à la hausse.

Pionnière du G7, la BCE a procédé aujourd'hui à sa première hausse des taux depuis le mois de juillet 2008. Figé depuis mai 2009 à 1% dans un contexte de crise financière après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, le taux de refinancement a en effet été relevé d'un quart de point à 1,25%. Le taux de facilité de dépôts est à présent de 0,5% et le taux de prêt marginal de 2%.

Les marchés s'y étaient préparés, Jean-Claude Trichet, son président, ayant appuyé sa "forte vigilance" à l'issue de la précédente réunion de la BCE, le 3 mars dernier. Car l'inflation a franchi depuis le mois de décembre maintenant le cap fatidique des 2%. En mars, elle a même été relevée à 2,6%.

"Nous n'avons pas décidé aujourd'hui que (la hausse) était la première d'une série de relèvements des taux d'intérêt", a commenté Jean-Claude Trichet, président de la BCE, dans sa traditionnelle conférence de presse. "Mais vous savez, au regard de notre propre doctrine passée, que nous faisons toujours tout ce que nous jugeons nécessaire pour assurer la stabilité des prix à moyen terme. Donc je confirme que nous ferons tout ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité des prix."

Selon lui, "la politique monétaire reste accommodante et continue de ce fait à apporter un soutien considérable à l'activité économique et à la création d'emplois. L'ajustement de cette politique monétaire très accomodante se justifie à la lumière des risques à la hausse pesant sur la stabilité des prix que nous avons identifiés. Notre décision contribuera à garder les anticipations en matière d'inflation dans la zone euro fermement ancrées, conformément à notre objectif de maintenir le taux d'inflation juste en-dessous de 2% sur le moyen terme. Un tel ancrage est un pré-requis pour que la politique monétaire puisse contribuer à la croissance dans la zone euro."

En matière d'inflation, "les risques sur les perspectives à moyen terme des prix restent orientés à la hausse". Eviter les effets inflationnistes de second tour est d'une "importance primordiale", a-t-il poursuivi. "Nous continuerons de surveiller très attentivement tous les développements liés aux risques haussiers sur la stabilité des prix."

Sur le Portugal, "nous avons encouragé les autorités portugaises à solliciter une aide, ceci était impératif après ce qui s'est passé au Portugal (...) Il y a un certain nombre de pays qui doivent corriger leur situation, en particulier du point de vue budgétaire. Mais il n'y a pas que l'aspect budgétaire, cela concerne les politiques économiques dans leur ensemble. Il y a des plans prévus dans certains pays qui, de notre point de vue, doivent être mis à exécution (...) Il est essentiel que tous les Etats atteignent les objectifs de consolidation pour 2011 qu'ils ont annoncés. En outre, l'annonce de mesures de consolidation détaillées pour 2012 et au-delà aiderait à convaincre le public et les intervenants des marchés que des politiques correctrices resteront en place."

Sur le plan conjoncturel , "les dernières données économiques confirment que la tendance sous-jacente de l'activité économique continue de rester très positive avec un degré d'incertitude qui reste élevé, a-t-il précisé. Et "le rythme sous-jacent de l'expansion monétaire est progressivement en train de s'accélérer mais il reste modéré."

Enfin, il a jugé qu'il est important que les banques "continuent d'augmenter la fourniture de crédits à destination du secteur privé".

Retrouvez l'analyse d'Isabelle Croizard sur la BCE dans La Tribune de ce vendredi et dans ses éditions numériques (iPhone, iPad, ...) dès ce jeudi soir, à partir de 21h30.

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a écrit le 08/04/2011 à 10:42 :
BCE : Banque Centrale de quoi ? L UE n?est pas une Nation, mais une simple zone de libre échange à taux de change internes fixes (Euro) sans aucune consistance politique. Le cours de l?Euro et le taux de la BC-ZLE n?ont de sens que pour le pays dominant : l?Allemagne. Les autres pataugent dans la bouillasse. La France en sortira en 2012 avec MLP (la France à déjà rejeté la « Constitution » de la ZLE).
a écrit le 08/04/2011 à 3:50 :
Il est important de noter que nos Zorros de la politique UMP, en tête le Président et celle qui n' a jamais communiqué un bon chiffre Mme Lagarde sont muets à l'inverse des autres années et pour cause le "contrat" européen entre la France et l'Allemagne imposée par cette dernière INTERDIT à nos pieds nickelés de l'économie et de la politique de critiquer une décision de la BCE. En lisant l'article papier de la Tribune la BCE continue de favoriser les banques avec une croyance que ces dernières favorisent la croissance. Voilà une croyance de Francfort voir les appels des TPE PME qui ne semblent pas avoir les mêmes croyances.
Réponse de le 08/04/2011 à 8:52 :
Vous n?êtes pas loin du hors sujet, les partis politiques le président de la république n?ont rien à voir là-dedans. La BCE est tout simplement dans son rôle. Les banques n?y sont pour rien non plus .Augmenter le taux d?intérêt de 0,25 % fait monter l?euro par rapport au dollar.
Il n?y a pas non plus de contrat franco-allemand imposé mais un couple franco-allemand qui existe .Ne vous n?en plaigniez pas car c?est grâce à lui que l?Europe tiens debout.
Le vrai problème est que la hausse des taux d?intérêts fait moins souffrir l?Allemagne qui a un croissance plus forte que nous. Enfin avant de traiter tout le monde de pieds nickelés relisez
Le traité de Maastricht vous verrez ou est le vice profond de celui-ci (enfin jl?èpère).

a écrit le 07/04/2011 à 19:06 :
Un quart de point.... bon, c'est vrai que cela fait 25% de plus d'un coup! Ceci étant dit, les européens devraient pas trop se focaliser sur le cours de l'euro/dollar US mais plutôt voir les autres devises qui elles augmentent toutes par rapport à l'euro...sauf peut-être notre vosine la Livre sterling. C'est plutôt le dollar qui soit baisse, soit les autres monnaies qui montent car si on compare notre euro à quelques monnaies mondiales, il est en baisse de plus de 25% depuis 2009/2010. certes, les indécisions européennes ne sont pas là pour aider notre monnaie.... le dollar US est certes bas mais par rapport à quoi? Qi on compare les prix en Eu et chez nos amis US, je trouve l'euro plutôt à sa bonne valeur....Faites un tour dans un super US, et vous verrez que hors promo ponctuelle votre dollar ne vaut pas bézef....certes les Levis à $39.99 cela fait envie mais pléthore de produits sont beacuoup plus chers même à 1.44 pour un euro...
a écrit le 07/04/2011 à 16:54 :
Mon Dieu ! Un quart de point ! Alors que le dernier emprunt de la France s'est fait sur 65 points de base de plus que 6 mois avant, voilà encore une preuve que l'Europe des Zorrophiles va nous sauver !
a écrit le 07/04/2011 à 15:59 :
Pas dit que pour autant le pétrole va baisser... c'est devenu une valeur refuge pour les traders ! Les américains ont fait disparaitre l'indice M3, pour mieux se servir de la planche à billets ...
a écrit le 07/04/2011 à 15:22 :
Et voila que les sages de la BCE font de l'excès de Zele, on avait bien besoin de ça maintenant!

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