Grève générale en Grèce, alors que les Européens discutent toujours

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Les Grecs observent une grève générale et manifestent ce mercredi pour s'opposer au plan d'austérité dont les députés vont débattre. De leur côté, les ministres des Finances de la zone euro et de l'UE, qui discutent du deuxième plan d'aide à la Grèce, ont des difficultés à se mettre d'accord sur l'implication du secteur privé. Selon Jürgen Stark (BCE), l'aide privée à la Grèce doit être volontaire.

Les administrations, les transports et les commerces sont très perturbés ce mercredi en Grèce. Ce jour de grève générale permet à la population de marquer leur opposition contre un nouveau plan de rigueur préparé par le gouvernement. Les manifestants de la place Syntagma (place de la Constitution) à Athènes se sont postés devant le parlement pour empêcher les députés de débattre des nouvelles mesures d'austérité défendues par le gouvernement socialiste.

Malgré la grogne populaire, le gouvernement de George Papandréou va soumettre au parlement un nouveau programme d'austérité sur cinq ans avec l'objectif de le faire adopter avant la fin du mois. Ces mesures sont réclamées par les créanciers internationaux de la Grèce pour débloquer un nouveau plan d'aide et lui éviter ainsi la faillite.

L'Ecofin patine

Côté européen, les ministres des Finances de la zone euro et de l'UE ne sont pas parvenus mardi soir à résoudre leurs divergences sur l'implication du secteur privé dans un deuxième plan de soutien à la Grèce, à dix jours d'un sommet européen décisif. De nouvelles réunions de l'Eurogroupe et du conseil Ecofin auront lieu lundi prochain à Luxembourg afin de parvenir à un accord final les 23 et 24 juin lors du Conseil européen.

Elles devront également permettre de finaliser les négociations sur ce dossier ainsi que sur les détails de la création d'un mécanisme permanent de stabilité financière, sur le réhaussement des capacités du mécanisme temporaire créé en mai 2010 et sur la réforme du Pacte de stabilité.

La réunion de mardi devait notamment permettre de faire un tour de table politique sur l'idée de l'Allemagne d'offrir aux créanciers privés la possibilité d'échanger leurs obligations grecques actuelles contre de nouvelles, dont la maturité serait allongée de sept ans. Mais le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble a concédé à l'issue de la réunion qu'aucun progrès n'avait été enregistré. "Il n'y a pas eu de résultats", a-t-il dit.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a déclaré que les discussions se poursuivraient lors d'un dîner dès dimanche soir à Luxembourg.

Débat sur le secteur privé

Une majorité de pays européens, ainsi que la Banque centrale européenne, sont contre l'idée allemande d'un "swap" entre obligations existantes et de nouvelles. Ils font valoir qu'il s'agirait d'un "événement" de crédit dont les conséquences pourraient être incalculables pour la zone monétaire unique. Berlin, appuyé par la Finlande et les Pays-Bas, estime de son côté que ce plan déclencherait sans doute de nouvelles dégradations de la note de la dette souveraine grecque mais qu'il ne s'agirait pas d'un "défaut" au sens strict.

La Commission européenne travaille à une solution répliquant l'"initiative de Vienne" qui avait vu au début de la crise les banques et autres créanciers privés maintenir de manière volontaire leur exposition aux pays d'Europe de l'Est afin de les aider à traverser les turbulences. Plusieurs banques françaises et allemandes ont d'ailleurs dit récemment soutenir une telle initiative si elle était appuyée par une large base d'investisseurs.

Selon plusieurs sources proches des négociations, il s'agirait d'obtenir des créanciers privés un engagement sur une somme totale d'environ 30 milliards d'euros, qui s'ajouterait à 30 milliards d'euros tirés du programme de privatisations annoncé en janvier et à 60 milliards d'euros de nouveaux prêts de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Ce nouveau plan d'aide de 120 milliards d'euros complèterait les 45 milliards d'euros qui doivent encore être déboursés dans le cadre du premier plan de soutien de 110 milliards d'euros agréé en mai 2010.

Quelle aide privée ?

La participation des banques privées à une aide à la Grèce doit se faire sur la base du volontariat pour éviter de gros dégâts sur les marchés financiers, a déclaré mercredi Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). "Nous ne sommes pas contre la participation des banques, du secteur privé dans le financement de la Grèce, mais elle doit être complètement volontaire, sinon, cela aura des effets négatifs sur les marchés financiers, peut-être même sur d'autres pays", a déclaré Jürgen Stark sur une station de radio. L'observation des marchés financiers nous a appris, a-t-il souligné, qu'"une contrainte, quelle qu'elle soit, débouchera sur une nouvelle valorisation du papier grec et, au final, cela pourrait déboucher sur la menace d'une insolvabilité partielle ou totale de la Grèce".

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a écrit le 16/06/2011 à 12:58 :
Il faut faire sortir la Grèce de la zone Euro.
Quand un navire est trop chargé et risque de couler, on le déleste pour sauver l'embarcation.
Ensuite qu'ils dévaluent et se retroussent les manches.
a écrit le 15/06/2011 à 22:13 :
Comme la fin du monde semble être prédit pour 2012, moi, je prédis autre chose : L'euro aura sombré d?ici là. Cette monnaie fantoche a montré ses limites. Le seul hic, c'est qu'elle aura menés les peuples les plus fragiles à la banqueroute, en leur permettant d'emprunter de manière inconsidérée à des taux relativement faibles... Une chose est certaine : l'épargnant va perdre son fric, et il n'est pas à exclure une faillite d'une banque, quelle qu'elle soit...
Réponse de le 16/06/2011 à 13:06 :
Mais P.... va falloir arreter avec l euro, ca n est qu un outil bordel, c'est pas parce que la Grece a eu un gestion calamiteuse: fraude fiscale record, incapcité à se faire regler l impot, fonction publique sur-payée (sur 18 mois)... Et ca ce sont des faits qui on ete evoqués au debut de la crise grecque.....

Donc si vous devez trouver un bouc emissaire ou un responsable allez le chercher du cote du laxisme de certain etat et citoyen europeen...
a écrit le 15/06/2011 à 16:43 :
Ils sont dans le mur... bien évidemment, les réformes ( avant la crise ), les syndicats Grec, qui s'en vantent, les ont toujours refusé par des grèves, le résultat ne doit pas nous surprendre. Les réformes sont synonymes d'adaptations et ne pas s'adapter c'est mourir !!! A quel âge prenait-on sa retraite en Grèce ?
a écrit le 15/06/2011 à 14:52 :
Tu m'étonnes ! Si la Grèce fait défaut, nos banques française nulles, et Dieu sait qu'elles sont nombreuses, tomberont comme des mouches de par leur exposition inconsidéré sur ce pays. Maintenant, je crois que ce n'est pas aux contribuables européens de régler l'ardoise. Mais si des fous veulent s'y lancer ...
Réponse de le 15/06/2011 à 16:53 :
nos banques nulles? je crois pas non et etre l'adoise de la grece et le contribuable il y a quand meme un tres grand pas....
a écrit le 15/06/2011 à 14:24 :
Que les grecs se remettent au travail et arrête cette grève qui ne sert à rien,car si chaque grec doit 50 euros,il devra rembourser 200!
"finae dolce vita"
a écrit le 15/06/2011 à 13:15 :
Encore la grève ? Nikos de Mikonos ferait n'importe quoi pour ne rien fiche. Rester à se les rouler sous le soleil, à bouffer des olives c'est plus possible. Fini pour les autres de financer sa paresse et son incurie.
Réponse de le 15/06/2011 à 14:18 :
et vous vous promenez avec une baguette sous le bras parce que vous ne vous lavez pas et êtes toujours en grève??? je ne pense pas que vous aimiez les clichés sur les français alors abstenez vous sur les pays que vous ne connaissez pas !!!!
a écrit le 15/06/2011 à 11:52 :
Ce n'est pas en faisant grève qu'ils vont s'en sortir...
Réponse de le 15/06/2011 à 12:10 :
Je confirme !
Réponse de le 15/06/2011 à 19:12 :
Que les Grecs paient leurs impôts.... qu'ils bossent.... c'est si facile de demander de l'aide et de refuser un plan d'austérité!!!
Réponse de le 15/06/2011 à 22:08 :
c'est bien beau de dire "qu'ils bossent"... Encore faudrait-il qu'il y ait des créations d'emploi en Grèce, sans quoi, ce serait inutile de tenir de tels propos....
a écrit le 15/06/2011 à 11:34 :
Peut-on prêter de l'argent un quelqu'un de surendetté???
LES GRECS doivent arreter de trichersur leurs impots ,tva,ETC.L'argent ne rentre pas dans les caisses de l'état,résultat,un déficit qui ne serajamais comblé.
Réponse de le 15/06/2011 à 12:10 :
Non, il ne faut pas preter aux etat surendetté !
a écrit le 15/06/2011 à 11:07 :
Quid de l'abandon de l'Euro par la Grèce pour une monnaie nationale ? La dévaluation considérable qui s'en suivrait ne pallierait-elle pas, à moyen terme, à l'augmentation de sa dette, de toutes manières dès maintenant irréductible ? Mais il faudrait pour cela autre chose qu'une politique européenne de l'autruche.
Réponse de le 15/06/2011 à 12:12 :
Si la dette grec est réductible ! Mais au prix de la vente du patrimoine grecs !
Bref, faire que ce les tabloides allemands recommande !
Vendre des iles, vendre l'acropole, etc....
Réponse de le 15/06/2011 à 12:27 :
le probleme ca n'est pas l euro, va falloir vraiment prendre des cours d'eco et de gestion: on oubli un peu vite les constat fait au debut de la dette grec: mensonge sur les comptes aupres de la BCE, Fraude massive avec l argent publique, fonction publique sur-payée (14e 15e et 16e mois), fraude fiscale comme dans aucun autre pays europeens.... A un moment l arbre qui cache la foret est trop petit hein.... donc faut assumer...

L euro qui n est qu un outil n y est pour rien, ca devrais servir de lecon a d autre>>> Espagne, Italie, Portugal, France pour revoir la fiscalite et les depenses publiques (arretet les cadeaux a ceux qui peuvent deja largement payer par exemple...)
Réponse de le 15/06/2011 à 12:45 :
hé oui si faut chercher un responsable regardons aussi vers Goldman Sachs qui a permit ces montages mensongers et qui en plus a parié contre son propre client (la Grèce) sur les marchés
Réponse de le 15/06/2011 à 14:04 :
La réponse ci-dessus (14:27) n'est pas du vrai naïf ! Un petit malin, sans style ni orthographe, a pris sa place. Sans commentaire...
Réponse de le 15/06/2011 à 14:07 :
Ne sachant si mon précédent démenti est bien passé, je répète ici que ce gribouillis n'est pas du vrai naïf.
Réponse de le 15/06/2011 à 14:22 :
et les banques privées d'ou elles le tire cet argent sur le volontariat?? je refuse que mon argent serve à financer un panier perçé mafioso. perzsonne ne prête à un particulier en surendettement, on lui restructure sa dette pis c'est tout. pour les etats, faudrait faire pareil, ça leur apprendrait à gerer un peu. les cours d'eco, c'est à eux qu'il faut les donner.
Réponse de le 15/06/2011 à 15:10 :
hé oui Banco a raison c est juste du bon sens
Réponse de le 15/06/2011 à 23:01 :
Idee de restructuration est bonne. Mais... Dans une entreprise ou pour un particulier, quand il y a surendettement, il y a saisie et ensuite mise sous tutelle et pour l'entreprise, soit redresser, soit liquider; pour le particulier, c'est une saisie sur salaire pour rembourser avec conditions strictes pour me pas dépenser plus avant de rembourser. Bon, mais pour un état? La saisie c'est la vente des actifs et la mise sous tutelle, c'est les conditions des prêts. Sauf que les Grecs n'en veulent pas, pas ils ont longtemps vécu avec l'idée que la planche à billets est gratuite et les caisses de l'états toujous pleines. Maintenant, le reveil est douleureux. Mais quand on prend des milliards sur les marchés et qu'on appelle des investisseurs à acheter la dette, il faut respecter les règles du marché et les clauses du contrat. Ou sinon, ils peuvent demander aux Grecs de racheter la dette et faire ce qu'ils veulent après.

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