100 millions de dollars pour les PME tunisiennes

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Alors que la Tunisie est officiellement entrée en récession au second trimestre 2011, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale (BM) ont approuvé une aide de 100 millions de dollars (70 millions d'euros) pour aider les PME tunisiennes en difficulté depuis la révolution.

"La reprise économique se fera nécessairement grâce aux PME, qui sont un pilier d'une économie stable", affirmait en avril à La Tribune le ministre des Finances tunisien, Jalloul Ayed. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) ont entendu son appel. Jeudi, les deux institutions financières ont décidé d'accorder une ligne de crédit de 50 millions de dollars (35 millions d'euros) chacune pour venir en aide aux petites et moyennes entreprises tunisiennes en difficulté depuis la révolution.

L'objectif : "contribuer à faciliter l'accès au crédit pour les PME de toutes les régions du pays", selon la BAD, dans le cadre de la stratégie économique du gouvernement de transition tunisien, qui mise sur l'appui au secteur privé et aux PME pour relancer la croissance. Cet appui doit permettre de "créer de nouveaux emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, d'améliorer les conditions des ménages et d'augmenter les recettes publiques", indique la BAD. Les entrepreneurs qui nécessitent des financements supplémentaires dans les secteurs viables de l'économie seront éligibles pour bénéficier de cette ligne de crédit, dont le montant des prêts variera entre 50.000 et 1,5 million de dinars tunisiens (entre 25.000 et 767.000 euros).

Entrée en récession

Un tel soutien financier s'annonce précieux pour l'économie tunisienne, atone depuis la révolution de décembre 2010-janvier 2011 qui a abouti à la chute du régime de Ben Ali, au pouvoir depuis vingt-trois ans. Après un premier trimestre calamiteux marqué par un recul du PIB de 3,3%, la richesse nationale n'a pas augmenté au deuxième trimestre (0%), ce qui plonge officiellement le pays dans la récession.

Si le deuxième trimestre devrait être meilleur (1% de croissance selon le FMI pour 2011), les difficultés de l'économie tunisiennes sont énormes. Le tourisme, qui représente 7% du PIB et génère près d'un million d'emplois directs et indirects, a chuté de moitié depuis la révolution, impactant le secteur des services dans sa globalité ou l'artisanat. Les investissements étrangers ont également fortement chuté. Le tout dans un contexte de fortes tensions sociales et de hausse du chômage, qui provoque des difficultés pour rétablir une situation favorable au retour de la croissance. Les élections d'une assemblée constituantes, initialement prévues le 17 juillet, ont ainsi été reportées au 23 octobre, prolongeant de facto cette période de transition et d'instabilité.

"La situation économique est très mauvaise. Des "sit in" et grèves répétées ont entraîné l'arrêt des activités de plusieurs entreprises importantes pour le pays", a déclaré jeudi le Premier ministre Béji Caïd Essebsi devant la Haute instance chargée de piloter les réformes politiques avant les élections du 23 octobre.

Le soutien des institutions financières internationales est donc primordial pour la Tunisie. Lors du sommet du G8, à Deauville les 26 et 27 mai dernier, le FMI, la Banque Mondiale, la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) se sont engagées à fournir 20 milliards d'euros à l'Egypte et à la Tunisie d'ici 2015. La BAD, elle, s'est déjà imposée comme un partenaire de choix. Depuis deux mois, elle a approuvé un prêt de 137 millions d'euros pour financer le projet d'autoroute Tunisie-Libye, elle a également débloqué 350 millions d'euros en guise d'appui budgétaire au gouvernement tunisien.

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Commentaires
a écrit le 16/07/2011 à 0:42 :
Les élections étaient prévues pour le 24 juillet et non le 17 !
a écrit le 15/07/2011 à 21:47 :
salut

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