Les craintes de contagion de la crise à l'Italie et à l'Espagne redoublent

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Les taux à dix ans espagnols et italiens ont atteint de nouveaux plus hauts depuis l'entrée des pays dans la zone euro. Rome et Madrid tentent de rassurer les marchés.

Les craintes d'une contagion de la crise de la dette européenne à l'Espagne et l'Italie sont de nouveau à leur paroxysme, moins de deux semaines après la conclusion du deuxième plan de sauvetage grec. Ce mardi, les taux à dix ans espagnols et italiens ont atteint de nouveaux plus hauts depuis l'entrée des pays dans la zone euro, à 6,45% et 6,25%.

Alors que se profilent ce jeudi deux émissions de dette espagnoles à 3 et 4 ans, le Trésor ibérique est de plus en plus sous pression, avec une prime de risque record par rapport à l'Allemagne de 400 points de base (soit 4 points de pourcentage de plus), contre une moyenne de 44 points sur la dernière décennie. La prime italienne stationne, elle, à un nouveau plus haut de 380 points, et l'Italie a déjà dû concédé jeudi dernier un taux de 5,77% pour emprunter à 10 ans, contre 4,94% lors de la précédente opération en juin.

Plus gros émetteur de dette de la zone euro, le gouvernement italien tente de rassurer. Rome a convoqué mardi un comité de stabilité financière, composé des plus hautes autorités économiques nationales. Avec comme objectif de se pencher "sur l'évolution du marché de la dette souveraine et ses implications sur les banques et l'économie", selon une source proche du dossier citée par l'AFP.  A l'issue de la réunion, le Comité a déclaré dans un communiqué que le système financier italien restait solide grâce aux mesures prises récemment pour renforcer les fonds propres et les réserves de liquidités des banques italiennes. Il a cependant ajouté qu'il continuait à surveiller de près l'évolution de la situation. Endettée à 120% de son PIB, l'Italie est en effet une proie de choix pour les spéculateurs.

En Espagne, le président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a décidé mardi de retarder son départ en vacances. Il souhaite suivre les derniers développements de la crise, et notamment la nouvelle envolée de la prime de risque attachée à la dette de Madrid.

Les marchés pas convaincus par le plan grec

Adopté à l'arraché le 21 juillet, le nouveau plan de sauvetage de la Grèce prévoit de nouveaux prêts de l'Union européenne et du FMI à hauteur de 109 milliards d'euros, après les 110 milliards déjà offerts en avril 2010. Mais le plan, qui totalise 158 milliards d'euros compte tenu de la contribution du secteur privé sous forme d'échanges d'obligations et de rachat de dette à prix décoté par la Grèce, peine à convaincre les marchés.

La profonde récession qui touche le pays complique considérablement la stabilisation du déficit budgétaire et de la dette publique du pays, qui s'est envolée à plus de 150% du PIB. Les mesures d'assainissement budgétaires prises par les grands économies européennes pour rassurer les marchés, notamment le compromis conclu ce week-end aux Etats-Unis prévoyant 2.500 milliards de dollars de coupes budgétaires, font désormais craindre pour la croissance mondiale. Et par ricochet les marchés doutent désormais de la capacité de l'Espagne et de l'Italie à maîtriser leur endettement.

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