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Pour réduire le déficit américain, Obama s'attaque aux riches

Eric Chalmet avec Jérôme Marin à New York

Publié le 19 septembre 2011 à 14:51

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Le président des Etats-Unis veut augmenter les impôts à hauteur de 1.500 milliards de dollars en dix ans, surtout ceux des riches. Objectif : réduire le déficit mais aussi mobiliser la base démocrate, lasse de ses compromis.

Barack Obama est entré dans le ring et a prononcé un discours très politique en présentant ce lundi son plan de réduction du déficit fédéral portant sur 3.000 milliards de dollars supplémentaires en dix ans. "Je ne soutiendrai aucun plan qui fasse supporter la réduction des déficits seulement par les américains ordinaires", a prévenu l'hôte de la Maison-Blanche. La pression fiscale augmentera donc de 1.500 milliards de dollars sur dix ans, visant en priorité les plus contribuables les plus riches (regardez la vidéo de Barack Obama).

Mobiliser la base démocrate

Préserver au maximum les programmes sociaux Medicare (destiné aux personnes âgées), Medicaid (réservé aux plus démunis) ainsi que la Social Security (le système public de retraite). Revenir sur les baisses d'impôts accordés aux foyers les plus favorisés, pour que leur niveau d'imposition retrouve leur niveau des années 1990. Ne plus privilégier fiscalement les grandes entreprises face aux PME. Enfin, simplifier le code fiscal américain si complexe. A quatorze mois de l'élection présidentielle de 2012, le plan du président des Etats-Unis ressemble fort à un plan de bataille... destiné à mobiliser la base démocrate (lasse de ses compromis) et à stigmatiser les positions du parti républicain.

Une "formule simple"

"Il est normal que nous demandions à tous de payer leur juste part", a déclaré Barack Obama depuis la Maison-Blanche, en promettant qu'il s'en tiendrait à une "formule simple " lors des négociations budgétaires avec le Congrès : "les contribuables de la classe moyenne ne devraient pas payer davantage d'impôts que les millionnaires et les milliardaires. C'est clair et net, et difficile à contredire". Et le président de rappeler le soutien - précieux - que lui a récemment apporté le milliardaire Warren Buffett, patron de la société d'investissement Berkshire Hathaway, en partageant publiquement son point de vue. Plus question pour les "super-riches" et les "grandes entreprises" de "bénéficier de niches fiscales dont ne profitent pas les familles des classes moyennes", a promis Obama.

Il s'agit de maths, tout simplement !

Barack Obama a expliqué à ses compatriotes que contrairement à ce que prétend l'aile dure du parti républicain, il n'avait aucunement l'intention de déclencher une "guerre des classes" dans son pays. "Il ne s'agit pas d'une guerre des classes mais de maths !", a-t-il martelé. "Washington doit vivre avec ses moyens. Nous devons arrêter ce que nous ne pouvons plus nous permettre afin de payer pour ce qui compte vraiment", a déclaré le président américain. Il est toutefois improbable que la Chambre des représentants contrôlée par les républicains accepte son plan.

Boehner en ligne de mire

Pour rendre son propos extrêmement clair, Obama s'en est directement pris à John Boehner, le président républicain de la Chambre des représentants à qui il reproche de n'avoir "qu'une seule option", "tailler" dans les dépenses. Mission impossible lui a rétorqué en substance Obama : "toute réforme (budgétaire) devra inclure une hausses des revenus", de nouvelles recettes fiscales donc. L'intéressé n'a d'ailleurs pas tardé à répondre, regrettant la volonté du président d'opposer "un groupe d'Américains à un autre". "Le président n'a pas apporté de contribution sérieuse" au débat sur la réduction des déficits publics, a-t-il ajouté dans un communiqué. Avant de conclure : "L'instance de l'administration à augmenter les impôts sur les créateurs d'emplois et sa réluctance à prendre des mesures nécessaires sur les programmes sociaux sont les raisons pour lesquelles nous n'avons pas trouvé d'accord précédemment. Évidemment, ces barrières demeurent aujourd'hui".

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Les potentiels adversaires d'Obama en 2012 s'insurgent

A deux jours d'un nouveau débat, les candidats à l'investiture républicaine n'ont également pas tardé à dénoncer les mesures proposées par la Maison-Blanche. "Le président pénalise l'investissement au moment où nous avons le plus besoin, explique ainsi Rick Perry, l'actuel gouverneur du Texas, en tête des derniers sondages. Plus grave encore, le plan d'Obama échoue à fournir les certitudes dont ont besoin les employeurs pour créer des emplois et n'apporte pas la réduction des dépenses et du déficit nécessaire à l'économie". Critiques similaires du côté de Mitt Romney, l'autre favori pour l'investiture républicaine: "ce plan va avoir un impact dévastateur sur la croissance. Plus d'impôts signifie moins d'emplois. Cela constitue une nouvelle indication que le président Obama ne sait pas comment s'y prendre pour relancer notre économie."

Reste à convaincre les marchés

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Au coeur de l'été, Standard & Poor's a déjà privé la première économie mondiale de son précieux "triple A". Alors que le déficit fédéral est attendu à 1.300 milliards de dollars pour l'exercice fiscal 2011, d'autres agences de notation pourraient lui emboîter le pas. Reste à espérer que les marchés financiers gardent leur calme pendant la guerre que ne manqueront pas de se livrer républicains et démocrates, dans un contexte électoral chauffé à blanc.

Eric Chalmet avec Jérôme Marin à New York

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