Le Tigre celtique rebondit

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un marché à Dublin
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Les entreprises irlandaises sont prêtes à embaucher de nouveau. Et la sévère cure d'austérité permet à Dublin de tenir ses engagements de réduction de son déficit, contrairement à la Grèce ou au Portugal.

Grèce, Portugal...Tous les pays de la zone euro sous perfusion vont mal ?

Non, l'Irlande vient mettre du baume au coeur des Européens. "Pour la première fois depuis quatre ans, l'économie irlandaise va croître" se félicite ainsi le directeur général d'Irish Business and Employer Confederation (IBEC), le Medef irlandais, Danny McCoy.

C'est en 2007, juste avant l'éclatement de la crise financière, que le Tigre celtique avait bondi une dernière fois, le Produit Intérieur Brut (PIB) irlandais progressant cette année-là de 5,2 % avant de s'effondrer depuis.

Cette année la croissance ne serait que de 0,8 % avant d'atteindre 2 % en 2012.

Mieux : le climat des affaires de l'IBEC de ce mois relevé auprès de 400 de ses membres, du secteur de l'industrie ou des services, signale qu'un quart des firmes prévoient de recruter de nouveaux employés d'ici trois mois alors que la moitié n'envisagent pas de modifier leurs effectifs. Ce qui signifie notamment que seul un quart des entrepreneurs pourraient procéder à la réduction de leurs équipes.

L'économie irlandais est portée par ses exportations. "En 2010, nous avons eu une année record pour l'export : cette année ce sera encore mieux" explique Danny McCoy.

"Notre business model n'a pas été cassé, même si notre secteur bancaire l'a été" résume-t-il.


Après la mise à jour de pertes abyssales de ses principales banques à l'été 2010, le déficit public avait explosé passant de 14,2 % du PIB en 2009 à 32 % en 2010.
Au prix de sévères coupes dans les dépenses de l'Etat, ce déficit devrait être ramené à environ 10 % du PIB cette année et "en dessous de 8,6 % du PIB" en 2012, assure le gouvernement de Dublin.

"L'ajustement est énorme et se poursuit : entre 2008 et 2015 c'est un montant d'économies de pas moins de 20 points du PIB irlandais", indique l'ambassadeur d'Irlande en France, Paul Kavanagh.

Parmi les pays percevant une aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) - Grèce, Portugal, voire quelques autres comme l'Espagne qui inquiètent les marchés financiers, l'Irlande est la seule à tenir les objectifs de déficit négociés avec ses bailleurs de fonds internationaux.

La croissance soutenue permet en effet de gonfler les recettes fiscales de Dublin : en septembre dernier, le Trésor public irlandais a engrangé 600 millions d'euros de plus qu'en septembre 2010. Au total sur les neuf premiers mois de cette année l'Etat a perçu 2,8 milliards d'euros de plus que sur la même période de 2010.

Avec les réductions de salaires notamment, l'économie irlandaise a regagné en compétitivité : ses coûts salariaux unitaires se sont améliorés de près de 20 % depuis 2008 par rapport à la moyenne de la zone euro.

Il reste toutefois quelques ombres à ce tableau de la verte Irlande.

"L'emploi est notre seul gros problème" avoue le directeur général du patronat.
"Le vrai test de notre reprise sera la vitesse de la baisse du chômage" juge-t-il.

En août dernier, le taux de chômage s'élevait encore à 14,5 % de la population active, contre à peine 4,5 % il y a quatre ans, juste avant la crise.

"2011 sera encore une année de croissance sans création d'emplois" estime Danny McCoy, espérant que 2012 et 2013 inverseront cette tendance.

Un des obstacles aux créations d'emploi est la difficulté pour les PME-PMI irlandaises à se refinancer auprès des banques.

"Cela demeure un défi de se financer pour les entreprises" rappelle Julie O'Neill, présidente d'IBEC.

"Les banques restent prudentes quant aux prêts aux firmes" précise-t-elle.

Depuis leur recapitalisation par l'Etat, les établissements financiers du pays sont pourtant "surcapitalisées" au regard de leur activité.

Aussi ce n'est pas un hasard si ce sont encore et toujours des multinationales qui créent des emplois dans le pays.

Lundi une filiale santé de l'assureur allemand Allianz a annoncé le recrutement de 150 personnes pour son siège à Dublin.

Fin septembre c'était le tour de Caci, une filiale d'assurance du Crédit Agricole, d'annoncer l'investissement de 3,2 millions d'euros dans un centre de recherche et développement dans la capitale irlandaise.

Mais la plus belle prise est sans conteste Twitter. La firme de microblogging a préféré Dublin à Londres pour installer son siège européen. La firme rejoint ainsi un bassin de célèbres firmes d'Internet, de Google à Facebook ou autres eBay.

Ces firmes sont aussi attirées par la fiscalité avantageuse pour els entreprises. A 12,5 % l'impôt irlandais sur les bénéfices des sociétés est un des plus bas d'Europe.

"Cette fiscalité est un des facteurs que ces investisseurs prennent en compte" acquiesce Anne-Marie Tierney, directrice Europe de l'Agence irlandaise de promotion des investissements (IDA).

"Mais ce n'est pas le seul", ajoute-t-elle.

"Pour notre maison mère à San Francisco, le bas impôt sur les sociétés en Irlande n'est pas la seule raison pour y investir : mes collègues apprécient aussi la haute qualification de la main d'?uvre, le fait qu'il s'agisse d'un site parlant anglais, la rapidité d'exécution en Irlande" explique la patronne des patrons irlandais, Julie O'Neill, directrice de Gilead Sciences, une firme pharmaceutique californienne.

En juin dernier, Paris avait renoncé à batailler ferme avec Dublin pour obliger cette dernière à élever son taux d'imposition sur les sociétés, jugé déloyal face au taux plus élevé pratiqué dans l'Hexagone.

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a écrit le 11/10/2011 à 16:35 :
L'Irlande n'est pas la France. Je ne connais que très vaguement la situation économique irlandaise, mais mis à part les fonctionnaires dont les revenus ont été abaissés de 20%, je n'ai pas l'impression qu'il y ait une chape sur les salaires comme cela existe en France. Au contraire, la reprise se dessine depuis plus d'un an dans certains secteurs (il est vrai liés aux multi-nationales, l'informatique en particulier), et les salaires qui étaient descendus en temps de crise sont en train de sérieusement ré-augmenter. Je surveille la situation, parce que je vois circuler des offres à 200% de mon salaire actuel en province (en France)!
Réponse de le 11/10/2011 à 18:15 :
Et si la France et pourquoi pas l'Allemagne avaient copié le modéle économique Irlandais ... en 2008 la France n'auraient pas eu besoin d'un pret du FMI de 100 milliards comme l'Irlande mais de 500 milliards et l'Allemagne 600 Milliards !!!! mais qui aurait payé ??? qui ??? il resterait qui ???? PERSONNE !!!! au moins le monde se serait réellement complètement écroulé et les journalistes économiques arrêteraient de nous bassiner avec un modèle économique QUI NE FONCTIONNE PAS !!!
a écrit le 11/10/2011 à 13:43 :
L'Irlande se redresse... non ce sont les entreprises toutes etrangeres s'etant installees pour des raisons de dumping fiscal qui exportent, nuance!!! La consommation interieure ne fera pas redemarrer la machine tant que seul les salaries sont mis a contribution. Avec la conjoncture internationale morose predite par beaucoup pour 2012, l'Irlande risque de retomber tres vite
a écrit le 11/10/2011 à 10:56 :
Mieux vaut un pays qui se redresse, même si ce n'est pas facile pour les travailleurs obligés de se serrer la ceinture, c'est néammoins une charge de moins pour le contribuable...
Réponse de le 11/10/2011 à 14:02 :
Un contribuable est egalement un salarie(en general)
a écrit le 11/10/2011 à 10:45 :
Cohesion fiscal europeenne???? et apres quand il y a un peobleme on va puiser chez les autres....et aussi dans les poches des Irlandais mais jamais dans les banques et multinationales qui ont vite sorti leur benefices....
a écrit le 11/10/2011 à 9:04 :
Est ce que les salaires est la seule variable pour redresser un pays?! Toujours les memes qui trinquent,que ce soit en periode de croissance ou en crise. Les dividendes astronomiques verses aux actionnaires on n'y touche pas et surtout pas de meilleure repartition des richesses de l'entreprise entre salaries et actionnaires,non ca c'est "communiste" comme idee.Pffff quand on sera tous au meme niveau d'un salarie vietnamien pour engraisser toujours les memes(qui sont toujours les memes a faire les pleureuses,"trop d'impots,trop de protection pour les salaries etc etc") le monde sera forcement fabuleux....ou pas
a écrit le 11/10/2011 à 6:15 :
En même temps l'Irlande joue les passagers clandestins et continue à faire du dumping fiscal contre les autres pays européens qui l'ont sauvé de la banqueroute. Pas très fair play, surtout que les autres pays sont poussés par la crise à augmenter leurs impôts.
Réponse de le 11/10/2011 à 10:36 :
eh oui un "business model" efficace quand il est financé par les autres. et au prochain plantage, on les renfloue encore avec nos impôts ?
Réponse de le 11/10/2011 à 15:33 :
Je crains que oui....
a écrit le 11/10/2011 à 5:52 :
L'austérité acceptée avec stoïcisme en Irlande, porte ses fruits, rien à voir avec le refus de la réalité des pleurnicheurs Grecs et....Français, qui au lieu de retrousser leurs manches, se complaisent en manifestations et en grèves. Le travail est toujours payant !
Réponse de le 11/10/2011 à 6:11 :
Oui tu as raison logic, mais au prix d'un taux de chômage énorme pour un pays "liberal" , allez commençons par toi , ... hop 3 ans de chômage pour toi (en France ou en Irlande tout le monde ne peut pas avoir la chance d'être embauché par une multi nationale) ... et après les 3 ans on te redemande ton avis pour voir si tu es content d'avoir fait se sacrifice pour sauver des investisseurs qui ont sur investi dans des créances immobilières foireuses d'américains insolvable .... les Irlandais sont de bon moutons oui .... (enfin les travailleurs qui a mon avis n'ont pas trop le choix de se faire plumer)
Réponse de le 11/10/2011 à 9:00 :
Bien parle partageur

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