Bercy remet la BCE au centre du sauvetage de la zone euro

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Pour augmenter les moyens du Fonds de secours européen, le ministère français des Finances privilégie la piste d'un FESF disposant d'une licence bancaire auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Bercy espère y parvenir sans ratification par les parlements nationaux des dix-sept Etats-membres de l'euro. Mais, à Berlin, on rappelle que le Bundestag devra dans tous les cas statuer sur de tels changements des statuts du FESF...

La France persiste et signe pour demander le renforcement des moyens effectifs du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Alors que l'élargissement des missions de ce fonds de sauvetage inauguré avec les aides à l'Irlande vient d'être entériné ce jeudi par un second vote du parlement slovaque, Bercy pousse déjà à la prochaine étape : permettre d'avoir un "effet de levier" augmentant les moyens financiers dont dispose le FESF pour aider d'éventuels nouveaux Etats-membres de la zone euro en difficulté pour rembourser leur dette ou aider leur secteur bancaire.

La "piste" privilégiée par Bercy est que le FESF (et son successeur le Mécanisme européen de stabilité, MES) dispose d'une licence bancaire auprès de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui lui permettrait de se refinancer auprès d'elle. Le FESF ou le MES obtiendraient ainsi des liquidités de la BCE en échange d'obligations d'Etat comme garanties ("collatéraux").

Ainsi le fonds de secours européen verrait ses propres moyens décuplés. "Nous pensons que cette solution serait ce qui fonctionnerait le mieux", indique-t-on à Bercy, à la veille de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales du G20 ce vendredi et samedi à Paris. La BCE a déjà fait comprendre qu'elle était opposée à cette idée, ce mécanisme obligeant à nouveau l'établissement de Francfort à garantir en dernier ressort ces titres de dette souveraine.

Surtout, Paris n'est pas sur la même ligne que Berlin sur cette question. Les deux pays sont certes d'accord pour ne pas augmenter la dotation actuelle du FESF (qui les obligeraient à mettre de nouveau la main à la poche pour le financer et donc dans le cas français mettrait très probablement sa note souveraine "triple A" en péril): "les Allemands n'en veulent pas et nous non plus" , déclare-t-on au ministère français des Finances.

Mais, à Berlin, on estime que pour introduire cet effet de levier dans le FESF il faut impérativement une décision en ce sens du Parlement, du moins du Bundestag allemand. "Pour l'effet de levier du FESF, on doit pouvoir fonctionner à droit constant, sans passer devant le parlement", juge-t-on à Bercy. Or la Cour constitutionnelle allemande a bien insisté lors de son dernier jugement sur la procédure de sauvetage dans la zone euro que le Bundestag doit être consulté sur ces questions.

A Bercy, on indique que "le FESF sera opérationnel dès le vote positif du parlement slovaque, le vote permettant à la direction du FESF d'agir". Pourtant les modalités du nouveau fonctionnement du FESF ("guidelines") sont encore en pleine négociation... Et ces modalités nécessitent l'aval du Bundestag, voire d'autres parlements nationaux de al zone euro. Difficile d'imaginer que le FESF agisse sans avoir ce blanc-seing.

Le renforcement du FESF est en tout cas la condition sine qua non pour le plan européen de recapitalisation des banques sur lequel planchent Paris, Berlin et Bruxelles. Au lieu de refinancer directement les banques, le FESF doit en effet prêter aux Etats-membres pour qu'ils puissent aider leurs établissements bancaires si besoin est.

Les autorités allemandes estiment que même les pays qui ne sont pas déjà sous perfusion du FESF (comme l'Espagne ou l'Italie) pourraient ainsi solliciter le FESF pour aider leurs banques. Mais en "dernier ressort" seulement et cette aide serait assortie de "conditions" comme des réformes.

La France ne devrait pas faire partie de ces pays demandant l'aide du FESF pour soutenir leurs banques. Officiellement car à Bercy on estime que "la solvabilité des banques françaises est un élément de confiance". Mais aussi car si la France demandait ainsi l'aide du FESF, elle apparaîtrait aux yeux des marchés financiers comme étant autant en difficulté qu'un pays comme l'Italie...avec tous les risque de perdre sa note AAA.

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a écrit le 05/12/2012 à 1:19 :
ça craint du boudin ...

There was a RAISE without a HANDLER : the application will now exit .


de Grande Grille, contemplaient
ces parades avec humeur. On n'était plus chez soi. La défaite, la défaite...
Franchement, était-ce une raison pour que l'on ne vous eût pas gardé, au
grill-room des Ambassadeurs, la table où vous déjeuniez depuis dix ans ?

Je m'étonnais devant les amis retrouvés de cette bousculade pimponnée et
chamarrée. Ils riaient de ma surprise provinciale. Qu'aurais-je dit un mois plus
tôt, aux environs du Congrès National ! Avec le déballage complet des
parlementaires, s'était abattu sur Vichy une horde de comitards, d'agents
électoraux, de journalistes marrons, de maîtres-chanteurs, tous les bans et
arrière-bans de la Maçonnerie, de la Ligue des Droits de l'Homme, tous les
couloirs du Palais-Bourbon, tous les congrès radicaux et socialistes, les
conseillers généraux, les conseillers municipaux, des "présidents" par trains
entiers, des Mazarins de sous-préfecture : tout le régime. Les nuits vichyssoises
avaient été peuplées de Vénérables des grandes Loges qui dormaient en rangs
d'oignons à la belle étoile, sur des chaises de fer, jusqu'au plus profond du parc.
D'anciens ministres de Doumergue ou de Blum s'étaient disputés férocement,
dans les hôtels envahis, le dernier matelas et le dernier billard. D'anciens
attachés de cabinet avaient mieux aimé coucher sur une botte de paille que plier
bagage.


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LUCIEN REBATET



LES
DÉCOMBRES



"La sottise est sans honneur"
CHARLES MAURRAS (26 août 1939)



LES EDITIONS DENOEL

19, rue Amélie, 19
PARIS-VIF

1942



EDITION SUR L'INTERNET
AAARGH

juillet 2004



LES DECOMBRES



A MA MERE

AUX AMIS QUI ME RESTENT



LES DECOMBRES



AVANT - PROPOS



La France est couverte de ruines, ruines des choses, ruines des dogmes, ruines
des institutions. Elles ne sont point l'oeuvre d'un cataclysme unique et fortuit.
Ce livre est la chronique du long glissement, des écroulements successifs qui
ont accumulé ces énormes tas de décombres.

D'autres mémorialistes viendront, qui auront connu davantage d'hommes
célèbres, joué dans les événements un rôle plus considérable. On lira ici les
souvenirs d'un révolutionnaire qui a cherché la révolution, d'un militariste qui
a cherché l'armée, et qui n'a trouvé ni l'une ni l'autre. Pour des témoignages
de cette sorte, la première condition de l'absolue sincérité est que l'auteur y
parle souvent de lui. Je ne pense donc point avoir à m'en excuser. Je n'aurais
pas multiplié tant de sensations, de réflexions personnelles, si je n'avais su que
maints lecteurs s'y reconnaîtraient.

Il m'aurait été facile de faire un livre de définitions aussi épais que celui-ci
sur les concepts de démocratie et de national-socialisme. J'aurais pu
provoquer une fort belle bataille de mots autour d'eux. Mais ces jeux élégants
n'ont que trop duré. La démocratie, le national-socialisme sont des
phénomènes suffisamment concrets pour qu'il soit superflu d'en faire encore
une glose. J'ai préféré peindre de mon mieux la vie et la lutte de ce qu'ils
représentent. Les dernières pages de ce volume pourront paraître sans doute
sommaires. Mais il n'a point été dans mes intentions d'en faire un manifeste
qui ne saurait être qu'une oeuvre collective. Je souhaite qu'on y entende plutôt
un cri de ralliement, celui qui doit sortir de toutes les bouches vraiment
françaises.

J'ai parlé sans ménagements de plusieurs hommes qui ont eu naguère mon
estime ou mon affection. Mais ce n'est point moi le renégat, ce sont eux. Je
suis resté dans la logique de mes principes, fidèle à mes convictions qui étaient
ou semblaient être les leurs. Pour eux, ils ont dévié, tourné casaque, vilipendé
les premiers leurs amis, créé à mon pays par leurs folles humeurs une quantité
de périls supplémentaires. Je n'allais pas, au nom de liens anciens qu'ils ont
brisés de leurs mains, étendre un silence équivoque sur leurs palinodies et
leurs trahisons.

Je tiens à dire encore que je n'ai à recevoir de personne des leçons de
patriotisme, et que je puis prétendre au contraire à en donner. Je suis un de
ceux qui, s'ils avaient été écoutés et suivis avant-guerre, voire depuis
l'armistice, auraient évité à notre patrie tous ses malheurs, les auraient en tous
cas largement réparés déjà. J'ai acquis le droit d'entendre mon devoir à ma
façon, et d'estimer que c'est la meilleure.
a écrit le 14/10/2011 à 16:50 :
Ils sont complétement fous !!! Les francais vont finir par sortir les fusils ??? pour arreter cette machine infernale ... On a 1200 Mia ? en dépots en France et que 2 Mia ? dans le Fonds de Garantie ... L'Etat ferait bien de s'occuper au plus vite de sauver l'épargne des francais car si une banque tombe comme le crédit agricole alors c'est 300 milliards de dépots en danger et qui va payer ? Pas l'Etat puisque sur-endetté ? Que se passera-t-il ? Les francais ruinés vont sortir les fusils, vous allez voir ... On va avoir droit à un 1789 bis mais version moderne ... Y en a marre de ces gugus ....
a écrit le 13/10/2011 à 15:42 :
Mais que diantre les allemands allaient ils faire dans cette galère d'euro qu'on leur a vendu (un autre VRP sans doute). Au secours les français, enfin quelques uns et pas des moindres sont devenus encore plus fous. Le jour où la digue allemande saute (c'est à dire le parlement et leur cour suprême), et que l'Europe des dirigeants et non pas l'Europe des citoyens (car on nous confisque toute possibilité de nous opposer, c'est donc quasiment un régime autoritaire pour ne pas dire fasciste) s'embarque dans un truc comme celui qui consisterait à transformer la BCE en poubelle, eh bien je dirais Fuyons!!!!!!!
Réponse de le 13/10/2011 à 16:12 :
Et tout ça pour soi disant que les français conservent le AAA, il faut donc être complètement dingue. C'est sûr qu'avec un truc comme ça on va le conserver le AAA tellement c'est gros mais quand les agences toujours aussi futées comme on sait et toujours dans les temps, découvriront que cette solution est 10 fois pire que ce qui existait, là la note de la France passera de AAA et CCC en quelques secondes.
a écrit le 13/10/2011 à 15:39 :
Le triple A de la France est un artifice honteux.

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