L'aide de la France aux pays du Sud subit elle aussi la crise

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L'Aide publique au développement (APD) de la France pour les pays du Sud se chiffre à près de 10 milliards d'euros, soit 0,46% du revenu national brut (RNB). Avec pour objectif d'atteindre 0,7% en 2015, le gouvernement devrait relever ce taux à 0,5% dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2012.

En temps de crise, l'aide au développement souffre également de la rigueur budgétaire. Les dons, prêts à taux préférentiels et autres aides aux ONG qui sont inscrits dans le budget national auront été de près de 10 milliards d'euros en 2011, soit 0,46% du Revenu national brut (RNB). Un budget en baisse par rapport à 2010 où quelque 10,85 milliards d'euros avaient été consacrés à l'APD, soit 0,5% du RNB. Le parlement devrait, dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2012, revenir à ce taux de 0,5% avec pour but affiché d'atteindre 0,7% en 2015.

Deux tiers de ces 10 milliards correspondent à de l'aide bilatérale, soit de l'argent directement prêté ou donné aux pays aidés, et "près de 60% de l'APD, tous instruments confondus, se portent en Afrique sub-saharienne", a déclaré le ministre chargé de la Coopération, Henri de Raincourt.

Le taux visé de 0,7% correspond à une promesse faite par Nicolas Sarkozy au début de son mandat. Le président français avait alors repoussé de trois ans l'engagement, pris en 2002, d'une APD à hauteur de 0,7% à l'horizon 2012, s'alignant ainsi sur les objectifs européens. Si l'APD atteignait effectivement 0,7% en 2015, elle correspondrait à plus de 17 milliards d'euros d'aide, selon la Coordination SUD, coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale.

Mais alors que les crédits consacrés au développement ont tendance à stagner, une augmentation du budget de 7 milliards d'euros d'ici à 2015 semble compromise. Sébastien Fourmy, porte-parole d'Oxfam France, en charge de la question de l'APD à Coordination SUD, a du mal à y croire. "Notre principale crainte est que les 0,7% ne soient pas atteints en 2015", indique-t-il réclamant un "calendrier clair" de la part du gouvernement plutôt opaque sur le sujet. "Il faudrait un budget plus transparent, aujourd'hui il est presque impossible d'avoir une visibilité sectorielle", explique-t-il.

Il faut dire que sans données détaillées, comprendre et maîtriser les prévisions du gouvernement relève de l'impossible. D'autant qu'une majeure partie des fonds consacrés à l'APD l'est sous forme de prêts. Le financement aux ONG ne représente, lui, que 1 à 2% du budget total. Une part largement inférieure à celle réservée aux associations dans les autres pays bienfaiteurs, selon Sébastien Fourmy qui rappelle que Nicolas Sarkozy s'était également engagé à doubler la part des ONG dans le budget de l'APD.

La France reste tout de même dans le trio de tête mondial en volume de dépenses. Loin derrière les Etats-Unis et juste après le Royaume-Uni, qui ont respectivement consacré 30,2 et 13,8 milliards de dollars en 2010, quand la France en dépensait 12,9 milliards, selon le rapport annuel de l'OCDE publié en avril dernier. Il faudra d'aileurs attendre avril 2012 et la prochaine publication de l'OCDE sur le sujet pour connaître le montant réel dépensé par la France - comme par chaque Etat participant à l'aide publique au développement - en 2011.

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