Alger a-t-elle échangé un contrat énergétique contre l'envoi d'observateurs européens ?

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Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères/AFP
Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères/AFP (Crédits : AFP)
Après quatre ans de négociations difficiles, le gouvernement algérien a annoncé la signature d'un accord sur la fourniture de gaz naturel à l'Europe. Au même moment, il obtenait l'envoi d'observateurs européens pour superviser les prochaines élections législatives.

Les relations entre l'Algérie et l'Union européenne (UE) sont au beau fixe. Les Algériens ont obtenu de Bruxelles l'envoi d'une mission d'observateurs pour superviser les élections législatives du 10 mai prochain. Le mémorandum sur ce sujet devait être signé ce mardi à Alger. Le gouvernement voulait la présence des observateurs de l'UE pour satisfaire l'une des demandes de l'opposition.
 

Un des principaux fournisseurs en gaz naturel de l'Europe

Pour leur part, les Européens sont sur le point d'arracher un accord énergétique avec l'Algérie. Après quatre ans de discussions difficiles et complexes, Alger a quasiment dit oui. Selon le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci, les négociations entre les deux parties sur ce sujet ont connu une "avancée extrêmement importante". L'accord permettra à l'UE de sécuriser ses approvisionnements en gaz. En effet, l'Algérie est, avec la Russie, l'un des principaux fournisseurs en gaz naturel de l'Europe. Un gazoduc relie directement l'Algérie à l'Espagne et un second devrait bientôt relier le pays à l'Italie.

Interrogations
Toutefois, cette annonce simultanée de l'envoi d'observateurs européens et de l'accord sur l'énergie a suscité des interrogations en Algérie. Les deux parties ont-elles négocié un deal ? Des soupçons pèsent en effet alimentés par le fait qu'Alger n'a posé presque aucune condition à l'Europe sur l'accord énergétique. Les négociations ont longtemps buté sur la question de la circulation des personnes entre l'Algérie et l'UE, autrement dit la question de l'immigration et des visas.

Pour sa part, l'Union européenne, outre l'envoi d'observateurs, a également exprimé, par la voix de son Commissaire à l'largissement et à la politique de voisinage, Stefan Füle, en visite à Alger depuis lundi, son soutien aux réformes politiques engagées par l'Algérie pour « répondre aux aspirations légitimes du peuple ». Pourtant, les textes de réformes votées par le Parlement algérien ont été dénoncés par l'opposition.
 

Alger nie tout lien

Mais Alger nie tout lien entre le soutien de l'UE aux réformes et l'envoi d'observateurs et l'accord énergétique entre les deux parties dont la signature devait intervenir dans quelques semaines. Le ministère algérien des Affaires étrangères "tient à réfuter, de la manière la plus catégorique, le lien établi entre l'envoi de la mission européenne d'observation des élections législatives en Algérie et la signature du projet de Mémorandum sur l'énergie", a précisé mardi son porte-parole Amar Belani au quotidien électronique algérien TSA.

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Commentaires
a écrit le 21/03/2012 à 10:30 :
C'est clair, soit Alger livre son gaz à l'Europe, soit les dirigeants seront renversés par une pseudo révolution de Jasmin financée et armée par le Qatar...comme on l'a vu dans tout le maghreb. Les pseudos observateurs ne sont là que pour s'assurer qu'à terme cette révolution aura lieu par les urnes avec l'installation progressive de partis islamistes liés au Qatar et à L'Arabie Saoudite....Comme quoi les passerelles et les liens entre l'occident et l'islamisme sunite sont puissants et multiples.
a écrit le 21/03/2012 à 7:30 :
Quand je pense que l'Europe veut installer des panneaux solaires au Sahara!

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