Japon : nouvelles élections le 16 décembre

La diète japonaise a enfin donné le feu vert à l'émission de la dette nipponne. Mais moyennant de nouvelles élections qui s'annoncent délicates.
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Enfin. La diète japonaise a, cette nuit, adopté la loi autorisant le gouvernement à emprunter sur les marchés 38.300 milliards de yens, soit environ 370 milliards d?euros, afin de boucler son budget. L?Empire du soleil levant évite ainsi la faillite et le «mur budgétaire» qui menace également les Etats-Unis.

Dissolution et élections le 16 décembre

Mais le soulagement est amer pour le premier ministre Yoshihiko Noda risque bien d?y perdre son poste. Car, conformément à l?accord qu?il avait passé avec le principal parti d?opposition, le parti libéral-démocrate (PLD), majoritaire à la chambre haute, il a annoncé la dissolution de la diète une fois le vote effectué et convoqué de nouvelles élections pour le 16 décembre prochain. Or, le parti démocrate (PDJ) de Yoshihiko Noda, est en bien mauvaise posture dans les sondages. Les enquêtes d?opinion ne lui attribuent plus que 12% des intentions de vote. Le PLD, lui, est donné à 25%. C?est plus, mais bien moins qu?habituellement pour ce parti qui a dominé pendant 60 ans la vie politique japonaise et qui avait en 2009 réalisé le plus mauvais score de son histoire avec 39% des voix.

La menace du parti de la restauration

Du coup, l?Archipel va sans doute devoir se préparer à une période d?instabilité politique. Le PLD va devoir trouver des alliés pour gouverner. Or, le paysage politique nippon risque d?être très éclaté. La force montante est cependant un tout nouveau parti, Nippon Ishin no Kai, le parti de la restauration japonaise, crédité, deux mois après sa naissance, de près de 10% des suffrages. Or, ce parti est l?instrument de l?ancien maire d?Osaka, Toru Hashimoto, qui souhaite «renverser» le système politique, économique et social japonais. Surtout, c?est un parti soupçonné de vouloir mener une politique étrangère et de mémoire plus agressive, notamment à l?encontre de la Chine. Alors même que les tensions sont vives entre Tokyo et Pékin sur le dossier des îlots Senkaku de la mer de Chine.

Récession en cours

Le PLD, habituellement pro-américain, osera-t-il s?allier avec Hashimoto? Quelles seront les conséquences d?une telle alliance? Ces questions restent ouvertes, mais elles risquent d?empoisonner la campagne et l?après élection. Dans un contexte où le Japon est entré selon la plupart des économistes en récession et où la dette, qui représente plus de 250% du PIB nippon. A moins, évidemment, que le PLD et de le PDJ décide d?une solution «à l?allemande» en formant une «grande coalition». Ce ne serait guère difficile, car au-delà des divergences personnelles, les deux formations ont les mêmes positions économiques et sociales.
 

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