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"Fiscal cliff" : Républicains et Démocrates au pied du mur

Sophie Rolland

Publié le 19 novembre 2012 à 11:57

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Les Démocrates et les Républicains sont condamnés à s'entendre. Faute d'accord sur la "falaise fiscale" d'ici à la fin de l'année, l'économie américaine sombrera dans la récession et toutes les parties seront perdantes. Mais qui dit consensus, dit durcissement de la politique budgétaire américaine...

Les Démocrates et les Républicains sont encore loin d'un accord sur le "fiscal cliff", mais les investisseurs commencent à y croire. Vendredi dernier, les leaders démocrates et républicains du Congrès américain sont sortis de leur réunion avec le président Barack Obama en s'engageant à trouver un terrain d'entente sur la fiscalité et les dépenses publiques. Objectif: éviter le "mur budgétaire". Par un malheureux hasard du calendrier, plusieurs mesures de soutien à l'économie américaine arrivent en effet à échéance en même temps, le 31 décembre 2012. D'un côté, les ménages devraient être privés de 400 milliards d'exemptions d'impôts. De l'autre, des coupes automatiques de dépenses votées en août 2011 lors du relèvement du plafond de la dette commenceront à être appliquées, en particulier dans le secteur de la défense et celui de la santé (pour une centaine de milliards d'euros). Le déficit budgétaire passerait de 7,3% du PIB estimé pour l'année fiscale 2012 à 4% en 2013: d'où l'image de la falaise fiscale.

Bonne volonté affichée

Vendredi, à l'occasion de la conférence de presse, Barack Obama a déclaré sa confiance d'obtenir un «deal» rapide. Chaque camp a fait part de sa bonne volonté. Les démocrates (représentés par Harry Reid et Nancy Pelosi) ont déclaré qu'ils reconnaissaient la nécessité de dépenser moins. Les républicains (John Boehner et Mitch McConnell) ont accepté de mettre la question des recettes "sur la table". Il s'agissait de la première réunion entre Barack Obama et son opposition républicaine depuis la réélection du 6 novembre dernier. Aucune annonce n'a toutefois été faite et pour de nombreux observateurs, il y a peu de chance qu'un accord soit signé avant la toute fin d'année. "Aucune annonce n'a été faite sur la pérennisation ou non des baisses d'impôts Bush ou une réduction des dépenses fédérales. Le suspense perdure...", commente dans une note le responsable de la recherche économique d'Aurel BGC, Christian Parisot.

Un plan de réduction des dépenses et une hausse d'impôts d'une ampleur plus limitée que le "fiscal cliff", proposés par la Maison Blanche

Selon le Wall Street Journal, la Maison-Blanche aurait proposé un plan de réduction des dépenses et une hausse d'impôts, mais d'une ampleur plus limitée que le «fiscal cliff». L'idée serait de mettre en place un plan très limité et de discuter d'une véritable réduction du déficit budgétaire à la mi-2013. De leur côté, les Républicains auraient défendu un plan « light » marqué par l'absence de coupe budgétaire dans le budget de la défense. Ils suggèrent aussi de limiter les exonérations et autres niches fiscales pour les contribuables les plus riches. Un moyen d'augmenter les recettes fiscales sans relever les taux d'imposition. Quant à Nancy Pelosi, elle a annoncé la volonté de conclure rapidement à un accord pour éviter que le risque de «fiscal cliff» ne pèse trop sur le comportement de consommation des ménages sur la fin d'année. Harry Reid a aussi assuré que «nous n'allons pas attendre jusqu'au dernier jour du mois de décembre» pour résoudre ce dossier.

Optimisme des investisseurs

Les investisseurs sont optimistes. "Nul doute qu'un consensus pragmatique entre démocrates et républicains sera trouvé pour éviter le « iscal cliff» qui pourrait coûter entre 2 et 4% du PIB et plonger le pays dans une récession. D'ici là, les marchés vont rester assez volatils, mais dès l'accord trouvé, il faut s'attendre à un beau parcours des marchés boursiers américains, ce qui ne pourra qu'engendrer des effets positifs sur les autres Places", affirme ainsi Christian Jimenez, président de Diamant Bleu Gestion, dans une note. Attention, préviennent toutefois les économistes d'Aurel bgc, "le risque lié au "fiscal cliff" n'est pas binaire". Pour eux, si un accord a toutes les chances d'être trouvé, il aura un coût pour la croissance. "Les deux parties vont s'accorder pour des mesures visant à réduire le déficit budgétaire. La grande inconnue est l'ampleur du durcissement budgétaire à venir".

Les conséquences du "fiscal cliff" pour l'économie américaine

Le Congressional Budget Office (CBO) a déjà calculé l'impact des différentes mesures de durcissement budgétaire sur l'économie américaine. Selon lui, si toutes les «mesures automatiques» sont appliquées en 2013, le PIB se contractera de 0,5% et le taux de chômage remontera à 9,1% à la fin de l'année prochaine.

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Réduction du déficit public américain : pourquoi y a t-il urgence?

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Les politiques accordent une attention toute particulière au déficit budgétaire, car la dette publique est sur le point d'atteindre à nouveau le plafond autorisé, 16 394 milliards de dollars (en principe, d'ici à début décembre). La précédente discussion parlementaire sur le relèvement du plafond de la dette est encore dans tous les esprits : elle s'était conclue par la première dégradation de la note souveraine américaine en août 2011... En ce domaine, les Etats-Unis ne sont pas dans une situation plus flatteuse que la zone euro : si l'on compare la dette publique américaine à celle des Européens, avec la même définition dite de « Maastricht », elle atteindra 98 % du PIB en décembre 2012 contre une moyenne de 91,8 % du PIB en zone euro.

Sophie Rolland

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