Espionnage : Edward Snowden compte sur l'Equateur pour fuir la justice américaine

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Activement recherché par les Etats-Unis, Edward Snowden, l'homme qui a révélé le système de surveillance PRISM des services de renseignement américain, veut rallier l'Equateur pour y trouver asile. Washington tente de l'arrêter à tout prix, quitte à hausser le ton face à Moscou et à Pékin...

L'Islande, Cuba, Moscou? Ce sera finalement en Equateur qu'Edward Snowden pourrait enfin trouver une terre d'accueil bienveillante pour fuir la chasse à l'homme orchestrée par Washington après ses révélations sur le programme d'espionnage PRISM qui permet aux services secrets américains, notamment la NSA, d'accéder aux contenus privés des réseaux sociaux.

Nouvelles révélations...

Furieux, les Etats-Unis tentent par tous les moyens de mettre la main sur son ex-agent de renseignements. Washington multiplie les demandes d'extradition et a même "annuler" son passeport pour l'empêcher de prendre des vols internationaux. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a même menacé la Chine et la Russie de conséquences sur leurs relations si les deux pays ne coopéraient pas. La Maison-Blanche craint qu'Edward Snowden fasse de nouvelles révélations compromettantes.

Ce week end, il a ainsi révélé au South China Morning Post que les Etats-Unis ont piraté les opérateurs téléphoniques chinois pour surveiller les échanges de SMS en Chine. Une nouvelle affaire très mal prise à Pékin qui a traité Washington, via son agence de presse officielle, "de plus grand voyou de notre temps". La Chine a également ironisé sur les accusations répétées des Américains d'avoir mis en place un système d'espionnage industriel d'ampleur.

Wikileaks veut sauver le soldat Snowden

Face à la détermination de Washington, Edward Snowden peut compter sur la forte mobilisation de Wikileaks, l'organisation fondée par Julian Assange,  qui avait divulgué des milliers de communications diplomatiques secrètes américaines en 2010. Ainsi, l'ex-agent de la NSA ne se déplace plus sans des experts juridiques dépêchés par la société elle-même, réfugiée en Islande.

Il faut dire que même en Chine où il vivait en exil depuis ses révélations du programme PRISM, Edward Snowden s'est vu conseiller par les autorités locales de quitter le territoire "en homme libre". Dimanche matin, l'Américain a donc pris un vol régulier d'Aéroflot vers Moscou d'où il doit rejoindre Cuba. Lundi, en début d'après-midi, des autorités aéroportuaires russes indiquaient qu'il n'était pas à bord du vol pour Cuba et personne n'était en mesure de savoir où il se trouvait. 

L'inconnue équatorienne

Une fois arrivé à Cuba, le jeune américain de 30 ans doit encore attendre la réponse du gouvernement équatorien sur sa demande d'asile. Et Quito fait durer le suspense?Ricardo Patino, ministre équatorien des affaires étrangères, a indiqué que son gouvernement était en train d'analyser cette demande. "Nous avons reçu la demande d'asile. Nous l'analysons avec beaucoup de sens des responsabilités» a déclaré le ministre. "Il y va de la liberté d'expression et de la sécurité des citoyens dans le monde".

Ricardo Patino a précisé que la décision de l'Equateur serait fondée "selon ses principes et non selon ses intérêts". En réalité, le chef de la diplomatie équatorienne a indiqué qu'il appuyait la demande d'Edward Snowden. Il a d'ailleurs lu un extrait du document où Edward Snowden déclare : "il est improbable que j'aie droit à un procès juste ou à un traitement humain", écrit dans sa lettre Edward Snowden, invoquant le risque d'"une condamnation à la prison à perpétuité ou (d') une condamnation à mort".

Ce ne serait pas la première fois que l'Equateur affronte une forte pression politique. En août 2012, il avait accordé l'asile politique à Julian Assange, le fondateur de Wikileaks recherché par la justice suédoise pour abus sexuels, et par les Etats-Unis pour avoir révélé les fameux "câbles" diplomatiques secrets. En abritant le fugitif dans son ambassade à Londres, Quito s'est mis dans une situation diplomatique délicate. Le gouvernement britannique avait même, pendant un temps, menacé de prendre d'assaut l'ambassade. 

L'anti-impérialisme équatorien

Le choix équatorien s'explique en partie par une très forte culture "anti-impérialiste". En 2009, le pays a conforté cette position en adhérant à l'Alliance Bolivarienne des Peuples d'Amériques. Cette alliance fondée par Hugo Chavez, le président vénézuélien récemment disparu, au début des années 2000, est une organisation qui tente de contrer l'influence commerciale et politique de Washington qui a créé la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). L'Alliance compte parmi ses membres des pays comme Cuba, la Bolivie ou quelques Etats des Caraïbes, mais aussi des Etats observateurs comme la Russie ou l'Iran.

Edward Snowden espère une réponse de l'Equateur avant la fin de la journée afin de trouver une situation régulière et sortir de son statut de fugitif et peut-être faire de nouvelles révélations fracassantes...

 

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Commentaires
a écrit le 27/06/2013 à 23:11 :
LT Une fois de plus j'ai tenté de vous envoyer un commentaire sensé qui a été censuré.
Nous avons besoin, (plus particulièrement dans ce média) d'un Snowden puis pour la France, d'un autre De Gaulle et peut-être même d'un Poutine pour y remettre de l'ordre.
Réponse de le 01/07/2013 à 16:45 :
Mesurez vos paroles JCM132 vous êtes en tête de liste de la NSA vous qui savez tout de leurs complots il est probable que vous avez déja un Jason Bourne aux fesses ::) C est sur qu on aurait bien besoin d un Poutine on mettra en taule des adolescentes qui osent chanter contre le gouvernement ca leur fera les pieds
a écrit le 25/06/2013 à 8:46 :
Quand un gouvernement confie des missions de renseignements liées à la souveraineté à des sociétés privées, les renseignements recueillis ne sont plus que des marchandises comme les autres.
C'est ce qu'a fait le gouvernement US, et çà pose un problème : Snowden n'a fait que publier des informations qui avaient été privatisées auparavant, il n'est même pas un traître, juste un petit employé indélicat de plus. Bref : c'est sordide.
a écrit le 24/06/2013 à 20:31 :
Heureusement qu'il y a des gens comme lui pour dénoncer les abus des gouvernements. Un grand bravo, à ce courageux bonhomme, qui a osé défier une grande puissance et révéler cela.
a écrit le 24/06/2013 à 17:55 :
Il ? Edward Snowden ? est un brillant exemple mondial. Il a fait beaucoup pour l'Amérique, dont le résultat sera bénéfique à beaucoup. Mais il a fait une grave erreur. Dévoiler un secret d'état est inconcevable pour une intelligence tel que la sienne. S'enfuir est une erreur doublement grave, une deuxième grande erreur. C'est incompréhensible, pourquoi avoir commis une telle faute et s'enfuir ?? a t il été mis dans la voie par quelqu'un d'autre, comme si les Russes espionnaient encore l'Amérique ? C'est une question déjà posé. Rien n'aurait du se passer d'une autre façon que ça : les Américains sont honnêtes et sérieux. Si il ne serait pas passé quelque chose d'anormal, il serait simplement retourné en Amérique et aurait demandé pardon. Au lieu de chercher à fuir la justice, il aurait pu justement aller à sa rencontre, pour que justice soit faite et que l'incident soit ainsi oublié. Il ne l'a pas fait jusqu'à maintenant, mais il est encore temps, je crois, s'il veut se racheter. C'est la meilleurs solution digne d'un Homme Américain.
Réponse de le 01/07/2013 à 16:49 :
Heeuu si c est pas de l ironie au 128 degré dites non à la drogue ca aussi c est mal et impardonable
a écrit le 24/06/2013 à 17:21 :
jamais les Américains ne laisseront ce gars revenir chez eux sinon pour le mettre en prison, il peut faire une croix sur beaucoup d?autres déplacements mais après tout il finira pas s?acclimater à l?Equateur. Parions qu?il cèdera devant le mal du pays et se livrera la queue entre les jambes.
a écrit le 24/06/2013 à 17:18 :
bah il va avoir un "regretable accident" d ici un mois ou deux il a joué avec beaucoup trop gros ...Et je suis désolé mais pour moi ce n est qu un traitre on ne va pas bosser pour la CIA ou le NSA si on souhaite voir le monde a travers ceux d un bisounours et c est valable pour n importe quelle agence de renseignement DGSE comprise ces agences bossent dans l ombre et ont parfois a faire des choses pas trés propres ...Resultat en France aucun attentat n a eu lieu ce n est certainement pas un hasard parce que les tentatives ont du être nombreuse
Réponse de le 01/07/2013 à 16:58 :
Non tu ne m as pas compris (visiblement on se tutoie) A: le fait de ne pas délivrer de visa ne resoudrait rien pas plus que les surveillances exascerbés aux aéroports empéches l arrivée sur le territoire de "nuisibles" en tous genre Je penses que quelqu un qui part bosser pour la CIA ou et surtout la NSA doit bien comprendre ,a moins d etre un parfait imbécile , a quoi il va être confronté Les services de renseignements ne font pas toujours dans la dentelle et jouer la vierge effarouchée ne rime pas à grand chose . Pas plus que ces "révélations" ne sont si percutantes que ca depuis la mise au grand jour du programme ECHELON ,PRISM n est finalement que sa continuté logique Il faut être particuliérement naif pour croire qu un service de renseignement va pas se servir d un outil ou les gens parlent de toutes leur vie sans qu on leur impose et donne des détails dont ils ne pouvaient que rever avant ces "reseaux sociaux"
a écrit le 24/06/2013 à 17:16 :
Heureusement qu'il reste des bastions communistes dans ce monde pour garantir la sécurité de ceux qui se battent pour une forme de liberté.
Paradoxe ?
Ou propagande anti-communiste depuis notre plus jeune age ?
Difficile a dire.

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