Japon : les Abenomics n'ont pas sauvé la croissance

Le Produit intérieur brut du Japon a augmenté de 0,6% au deuxième trimestre, après une hausse de 0,9% au trimestre précédent. Un niveau en deça des attentes qui ne semble pas ébranler le gouvernement de Shinzo Abe.
Le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe
Le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Voilà qui risque de faire quelque peu déchanter le gouvernement de Shinzo Abe. Au Japon, la croissance a ralenti au deuxième trimestre selon une première estimation publiée ce lundi. Le PIB a augmenté de 0,6% après une hausse de 0,9% au premier trimestre, après plusieurs mois de récession qui ont pris fin en 2012. 

Des chiffres en dessous des attentes

Si en rythme annuel, la croissance atteint 2,6%, ce niveau reste inférieur d'un point aux attentes d'une majorité d'analystes interrogés par les agences de presse. La croissance du premier trimestre a en outre été révisée à la baisse, à 3,8% en rythme annualisé contre 4,1% selon les chiffres initiaux.

Parmi les causes évoquées pour ce ralentissement au deuxième trimestre: une baisse de rythme dans les investissements, notamment celles des entreprises et dans l'immobilier résidentiel.

Le gouvernement croit toujours aux Abenomics

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, parie notamment sur une politique de relance pour faire repartir la consommation des ménages. Toutefois, son ministre de la Revitalisation économique, Akira Amari, s'est réjoui de ces chiffres, qualifiant le taux de croissance de "solide" et favorisé par la politique de Shinzo Abe surnommée "Abenomics".

 "Je souhaite me concentrer sur l'économie, y compris sur la mise en oeuvre à l'automne de stratégies supplémentaires pour la croissance", s'est de son côté, contenté de déclarer Shinzo Abe.

Ces chiffres de la croissance relancent en outre le débat sur une hausse de la taxe sur la consommation qui devrait passer de 5 à 8% en avril 2014. En effet, le niveau de la croissance pourrait avoir des conséquences sur le maintien ou non de cette hausse. Une nouvelle estimation de la croissance, qui doit être publiée début septembre, pourrait être l'occasion de clarifier sa position à ce sujet.

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