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JO 2020 à Tokyo : aubaine ou malédiction pour le Japon ?

Photo de Marina Torre

latribune.fr

Publié le 09 septembre 2013 à 15:13

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L'attribution des Jeux olympiques 2020 à la ville de Tokyo pourrait lui rapporter gros... mais aussi lui coûter cher. Le match des chiffres et des références historiques est lancé.

Du point de vue économique, les JO de Tokyo en 2020 portent déjà leurs fruits... en Bourse. L'attribution de leur organisation à la capitale nippone a fait bondir le Nikkei qui clôturait ce lundi sur une hausse de 2,48%. En optant pour Tokyo, le comité international olympique désigne une valeur "sûre" préférée à Istanbul désavantagé par le conflit en Syrie, ainsi qu'à Madrid. Pour le Japon, ces troisièmes JO après ceux d'été en 1964 puis ceux d'hiver à Nagano en 1998, serviront aussi à tourner la page Fukushima. Mais concrètement, combien l'organisation d'un tel événement pourra-t-elle lui rapporter ? Une fois de plus, la question des retombées économiques d'un tel événement fait débat.

  • Un budget faible... mais forcément dépassé? 

Question coût en premier lieu, si le niveau de budget avancé par les organisateurs est relativement faible - 3,4 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros) il a de fortes chances d'être dépassé. Ce budget doit servir à construire de nouveaux équipements sportifs fixes et temporaires ainsi qu'un village olympique. Il inclut également la rénovation du stade olympique édifié pour les précédent JO de Tokyo en 1964  qui devrait coûter 757 millions d'euros environ. En revanche, la rénovation des routes et des autres infrastructures n'est pas comprise dans ce budget car elle était déjà prévue avant l'attribution des JO. 

D'après une étude de deux économistes de l'université d'Oxford, l'organisation d'une édition des Jeux coûte en moyenne 179% du budget de départ. Exemple extrême: pour celle de Montréal en 1976, le comité d'organisation a terminé de payer ses dettes en… 2006 ! 

  • Retombées attendues: 22,8 milliards d'euros en sept ans 

Face à ce budget incertain, supporté par le sponsoring international, la vente des droits de diffusion, des billets, des produits sous licence et des fonds publics, quelles retombées économiques attendre ? Au Japon, celles-ci suscitent d'autant plus d'espoir que le pays a connu les turbulences de la crise internationale et que sa dette publique atteint le niveau record de 245% du PIB.

Les organisateurs prévoient qu'au cours des sept prochaines années, les JO rapporteront environ 3.000 milliards de yens (22,8 milliards d'euros environ).  Outre le secteur de la construction, bénéficiaire direct de la préparation des JO, l'événement lui-même devrait attirer des touristes devenu plus réticents depuis le séisme et la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011. D'après les estimations officielles, les retombées avoisineraient les 650 milliards de yens  (4,95 milliards d'euros) dans le secteur des services et la construction 470 milliards (3,6 milliards d'euros).

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  • En 1964, le boom des ventes de télévision

Ce choix de Tokyo donne par ailleurs l'occasion de rappeler qu'en 1964, l'organisation des JO dans la même ville avait permis au pays de mettre en scène sa renaissance économique vingt ans après la seconde guerre mondiale. A l'époque, les effets de ces JO avaient dopé un secteur clé de l'économique nippone : l'électronique. Pour pouvoir regarder les rencontres sportives, les téléviseurs fabriqués dans l'archipel s'étaient vendus comme des petits pains, rappelle le site internet du Japan Times. Cependant le même type de situation a moins de chances de se reproduire d'ici 2020 puisque les Japonais sont bien mieux équipés.  A moins de convaincre les téléspectateurs de troquer leurs écrans contre des téléviseurs dotées de technologies plus récentes, le "boom" des ventes risques d'être moins spectaculaire. Sauf si une innovation majeure apparaît sur le marché d'ici 2020. En outre, la concurrence sud-coréenne et chinoise ayant changé la donne, le "made in Japan" ne sera pas le seul à profiter de l'événement.

  • Un lien pas si évident entre JO et croissance

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Plus récemment, un autre précédent peut, a priori, renforcer les espoirs du Japon. Au troisième trimestre 2012, le retour de la croissance en Grande-Bretagne et le recul du chômage étaient en effet en grande partie attribué à l'édition de Londres. Problème : discerner les retombées effectivement liées aux JO d'autres facteurs explicatifs est particulièrement ardu. En outre ces chiffres ne prennent pas en compte des retombées négatives éventuelles comme la détérioration des infrastructures non réutilisées, comme à Athènes par exemple. Ce dernier exemple est d'ailleurs fréquemment cité par les tenants de la "malédiction des JO" qui mettent tous en avant les 5% du PIB grec que représentaient les Jeux de 2004.

latribune.fr

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