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ClimatEnergie & Environnement

Fukushima, un grave incident fait ressurgir le spectre du danger nucléaire au Japon

Photo de Romain Renier

latribune.fr

Publié le 21 août 2013 à 10:00 - Mis à jour le 21 août 2013 à 10:04

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Une fuite de 300 tonnes d'eau radioactive à Fukushima, qualifiée d'"incident" grave par l'autorité de régulation nucléaire du Japon. Il s'agit de l'incident le plus grave depuis 2011. Il pose une nouvelle fois la question de la gestion des eaux contaminées sur le site.

L'autorité de régulation nucléaire du Japon a évalué mercredi au "niveau 3" correspondant à un "incident grave" sur l'échelle internationale des événements nucléaires (Ines) une fuite de 300 tonnes d'eau hautement radioactive survenue ces derniers jours à la centrale de Fukushima.

"Contamination importante dans une zone qui ne devrait pas l'être"

Ce classement au rang 3 sur l'échelle allant de 0 à 7 correspond à une "contamination importante dans une zone qui ne devrait pas l'être", à cause du rejet d'une grande quantité de matière radioactive à l'intérieur de l'installation "avec une exposition dépassant 10 fois la limite annuelle pour les travailleurs".

La radioactivité mesurée à environ 50 cm au-dessus des flaques d'eau répandue était d'environ 100 millisieverts par heure. Un ouvrier qui serait exposé à ce niveau accumulerait en une heure la dose maximale autorisée en cinq années actuellement au Japon pour les travailleurs du secteur nucléaire, reconnaît Tepco.

Toutefois, avant de trancher définitivement, l'autorité a décidé de demander son avis sur la pertinence de ce classement à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

L'accident de Fukushima du 11 mars 2011 reste pour sa part dans son ensemble classé au niveau 7, le plus élevé, correspondant à "des effets considérables sur la santé et l'environnement".

Un réservoir endommagé laisse 300 tonnes d'eau radioactive s'échapper

Depuis plusieurs jours, un réservoir de stockage d'eau - sur plus de mille montés sur le site - a laissé s'échapper 300 tonnes d'eau radioactive qui s'est répandue sur et dans le sol du site atomique. Il restait environ 670 tonnes dans cette citerne, une quantité que la compagnie a commencé de pomper pour la transvaser dans un autre réservoir sain. Tepco gratte aussi le sol souillé et tente de récupérer ainsi l'eau en partie infiltrée.

Un litre de cette eau contient environ 80 millions de becquerels de strontium et autres éléments radioactifs dégageant des rayons bêta.

Les incidents se multiplient depuis 2011

Cette fuite de réservoir est jusqu'à présent l'un des plus graves incidents survenus depuis que la centrale est considérée comme stabilisée, soit depuis décembre 2011 lorsque les réacteurs ont été déclarés en "état d'arrêt à froid".

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Depuis, Tepco n'en finit pas de lutter contre des problèmes à répétition en partie dûs à l'urgence dans laquelle la situation a été traitée. Nombre d'équipements ont été installés à la hâte pour remettre en service des systèmes essentiels de refroidissement des réacteurs ravagés et des piscines de désactivation du combustible.

Ces moyens n'ont pas encore été pérennisés et sont donc très vulnérables, comme l'ont prouvé plusieurs pépins survenus ces dernières semaines, dont, outre des fuites de réservoirs, une importante panne électrique causée par un rat qui a fait disjoncter les équipements.

La gestion des millions de litres d'eau contaminée est le problème numéro 1

Tepco, comme le gouvernement nippon, le reconnaît: le plus gros problème, et ce depuis le début, concerne la gestion des millions de litres d'eau contaminée que doit stocker la compagnie en attendant de pouvoir l'assainir, si tant est que ce soit faisable.

"Quelque chose de très préoccupant s'est produit", a souligné le président de l'autorité, Shunichi Tanaka, s'interrogeant sur le danger potentiel du millier de réservoirs mis en place rapidement sur le site et qui sont à la merci d'une éventuelle autre catastrophe naturelle. L'eau qu'ils contiennent est censée passer dans un système de décontamination, mais "hélas, pour le moment, il est en réparation", a reconnu Tepco qui a indiqué mercredi être en train de contrôler 350 autres citernes exactement du même type.

Le problème de gestion de l'eau contaminée et des fuites à la centrale accidentée de Fukushima est de "première importance" et sera traité "tout à fait sérieusement", a déclaré mercredi le vice-PDG de la compagnie gérante, Tokyo Electric Power (Tepco).

"Nous allons renforcer les moyens affectés au traitement de l'eau contaminée, un problème de première importance", a expliqué lors d'une conférence de presse Zengo Aizawa, reconnaissant que cette eau est "un facteur de risque et de danger".

Le problème grandit de jour en jour

Cette fuite constitue un incident supplémentaire dans la longue série des problèmes de gestion de liquide contaminé issu en grande partie de l'arrosage des réacteurs saccagés. Compte tenu de la nécessité impérieuse de continuer à les refroidir, quelque 400 tonnes d'eau contaminée sont générés chaque jour.

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Tepco a reconnu récemment sous le feu des critiques que s'écoulait depuis des mois dans l'océan quelque 300 tonnes d'eau également contaminée qui a inondé le sous-sol entre les bâtiments des réacteurs et l'océan Pacifique voisin.

latribune.fr

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