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ÉconomieInternational

NSA : du téléphone de Merkel aux demi démentis de Washington, le ping-pong diplomatique tourne à la comédie

Photo de Marina Torre

latribune.fr

Publié le 28 octobre 2013 à 10:22 - Mis à jour le 28 octobre 2013 à 10:41

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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A chaque révélation dans la presse sur les pratiques d'espionnage américain, Washington ou la NSA répondent par des démentis partiels. Et les Européens s'indignent.

Cette "crise" diplomatique risque de compliquer encore un peu plus les discussions sur le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Depuis les révélations sur les pratiques de la NSA en France par Le Monde le 21 octobre, suivie par celles du Spiegel à propos de la mise sur écoute du mobile d'Angela Merkel, jusqu'à celle du Bild sur ce que savait Barack Obama, pas un jour ne passe sans une déclaration ou un (demi) démenti d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique. Résumé des épisodes précédent.

  • Les yeux et les oreilles de la NSA en France? 

Les yeux et les oreilles de la NSA en France?

Premier acte : les divulgations du Monde à partir de documents fournis par Edward Snowden sur l'espionnage pratiqué par la NSA sur les réseaux téléphoniques et internet français. L'agence de surveillance américaine réfute alors un seul point: le nombre de communications interceptées en un mois - plus de 70 millions selon Le Monde.

Paris prend l'affaire au sérieux puisque l'ambassadeur américain est convoqué au quai d'Orsay. Dans la foulée, François Hollande s'explique par téléphone avec Barack Obama. Il lui fait savoir que:

De telles pratiques sont"inacceptables entre alliés et amis, car portant atteinte à la vie privée des citoyens français",selon un communiqué de l'Élysée.

De son côté, la Maison Blanche renvoie la balle: "nous collections des informations à l'étranger comme le font toutes les nations", affirme le porte-parole du président américain.

  • L'affaire du téléphone de Merkel

L'affaire du téléphone de Merkel

Les relations transatlantiques se tendent plus violemment encore lorsque, trois jours plus tard, le magazine allemand Der Spiegel affirme que le téléphone d'Angela Merkel a été placé sur écoute par les Etats-Unis. Cette fois encore, la Maison Blanche ne dément pas totalement l'information. Le porte-parole du chef de l'Etat américain précise:

"Les Etats-Unis n'écoutent pas et ne vont pas écouter les communications de la chancelière".

Autrement dit, il ne nie pas (et ne confirme pas non plus) que la chancelière allemande ait pu être espionnée par le passé. Lors de la conversation entre Angela Merkel et Barack Obama, ce dernier se serait même excusé auprès de la chancelière et affirmé ne pas avoir été tenu au courant de ces écoutes, selon le Spiegel.

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Parallèlement, un même mot d'ordre est martelé par les services de communication de la Maison Blanche: le système de surveillance américain est "en train d'être révisé" afin de tenir compte de l'impératif de "sécurité des citoyens américains et de ses alliés" d'une part et de leur droit au "respect de la vie privée d'une autre".

Lors de la conférence donnée par l'un des portes-paroles de la présidence américaine le 25 octobre, cette promesses est même répétée à cinq reprises! Au mois d'août, après les premières révélation d'Edward Snowden, un "groupe d'étude du Président" sur la "révision des renseignements et des technologies a effectivement été mis en place.

  • Les Européens (désunis) expriment leur irritation

Malgré ces promesses, les dirigeants européens, réunis à Bruxelles pour un sommet au cours du week-end, exigent davantage. Il veulent des "règles de bonne conduite". Des émissaires sont envoyés à Washington pour demander des comptes. Surtout qu'entre temps, il apparaît qu'Angela Merkel n'aurait pas été la seule dirigeante à être placée sur écoute, 35 autres auraient aussi été espionnés.

Pour mémoire, des révélations du même ordre concernant des dirigeants européens avaient été publiées en été qui avaient déjà suscité des tensions et remis en cause les négociations sur le traité de libre-échange.

Tous les Européens cependant ne sont pas unis derrière Paris et Bruxelles. Outre des rumeurs concernant la réticence britannique aux exigences formulées par les Vingt-Huit, quelques voix s'élèvent pour dénoncer l'espionnage pratiqué par... la France. "Notre équipe à l'ambassade à Paris nous a prévenu que les conversations téléphoniques par mobile en France n'étaient pas sûres", assure ainsi Denis McShane, ancien ministre de Tony Blair, selon l'agence Bloomberg. Une autre source affirme que lors de son arrivée au 10 Downing Street, Gordon Brown a été mis en garde contre les capacités d'espionnage de cinq pays! les Etats-Unis, la Chine, la Russie, Israël et la France. Pendant ce temps, les parlementaires britanniques enquêtent sur leurs propres services d'espionnages (MI5, MI6 et GCHQ).

  • Merkel sur écoute... mais depuis quand?

Après ces quelques échanges tendus, de nouvelles révélations compliquent encore un peu la communication de la Maison Blanche. Le 27  octobre, un autre magazine allemand, Bild, affirme que le président américain savait que la chancelière était espionnée par les services secrets américains (depuis 2002). Il aurait été prévenu en 2010 par le patron de la NSA lui-même, le général Keith Alexander. A nouveau, la réponse de la NSA laisse placer le doute sur le fond:

"Le général Alexander n'a pas discuté avec le président Obama en 2010  d'opérations d'intelligence présumées concernant la chancelière américaine Angela Merkel".
  • Depuis juin, la Maison Blanche nie... à moitié

Enfin, ce lundi, des représentants de la Maison Blanche indiquent au Wall Street Journal que toutes les opérations de mise sur écoute de dirigeants étrangers ont été suspendues dès cet été. Selon un haut membre de l'administration dont l'identité n'est pas révélée, c'est l'agence de renseignement qui décidait seule de placer tel ou tel personnalité sur écoute, et non pas le chef de l'Etat. Mais ce "protocole est aujourd'hui en cours de révision".

Ces affirmations n'ont pas été officiellement confirmées par la Maison Blanche. Si c'était le cas, cela clarifierait la position tenue depuis le mois de juin, après des premières révélations d'Edward Snowden, par la présidence américaine.

À lire également

  • Merkel demande à Obama des explications sur la mise sur écoute de son mobile
  • NSA: "Il s'agit de pratiques inacceptables entre alliés et amis" (Hollande)
  • NSA: Paris convoque l'ambassadeur des Etats-Unis
  • Espionnage : les Européens demandent aux Etats-Unis de s'engager sur "un code de bonne conduite"
  • Wanadoo et Alcatel-Lucent, les yeux et les oreilles de la NSA en France

A l'époque, Barack Obama avait par exemple tenu une conférence de presse avec Angela Merkel au cours de laquelle il affirmait que le système de renseignement américain surveillait uniquement les méta-données "et rien d'autres. Pas de contenu. Personne n'écoute les conversations à ce niveau".

latribune.fr

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