Pourquoi la Fed maintient sa politique économique accomodante

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Statu quo à la Fed... jusqu'en décembre ou en mars?
Statu quo à la Fed... jusqu'en décembre ou en mars? (Crédits : reuters.com)
La Banque centrale américaine poursuivra ses rachats d'actifs à hauteur de 85 milliards de dollars par mois et laisse son taux directeur à un bas niveau (entre 0 et 0,25%) selon un communiqué publié mercredi 30 octobre.

, La Fed se borne au statu quo. Mercredi soir, elle a annoncé comme attendu le maintien de son soutien à l'économie : elle poursuit donc ses rachats d'actifs et maintient un taux directeur bas compris entre 0 et 0,25% comme elle le fait depuis 2008.

Les marchés n'anticipent pas de relèvement des taux de la Fed avant avril 2015 au plus tôt. Les achats d'obligations sont maintenus à 85 milliards de dollars par mois, soit l'équivalent de 62 milliards d'euros. 

Lent redressement du marché du travail

En annonçant ces décisions, conformes aux attentes des analystes, les responsables de la banque centrale ont pris acte d'une dégradation des perspectives économiques due entre autres au "shutdown", c'est à dire à la fermeture pendant 16 jours au début du mois de la plupart des administrations fédérales, mais sans le mentionner formellement.

"Si les responsables tentent de minimiser l'impact du shutdown et se disent plus heureux du niveau des taux d'intérêt à long terme, alors l'idée d'une diminution (des achats d'obligations) en décembre n'est peut-être pas aussi hors de question qu'on le pensait jusqu'à présent", juge à ce sujet Paul Ashworth, chef économiste USA de Capital Economics, interrogé par l'agence de presse Reuters. La plupart des analystes prévoyaient jusqu'ici une éventuelle réduction du programme de rachat d'actifs au mois de mars 2014. 

Autre raison du maintien de cette politique : la reprise du marché immobilier commence à marquer le pas aux États-Unis et le redressement du marché du travail demeure lent. La Banque centrale américaine note que ce dernier a montré "quelques" améliorations supplémentaires en dépit d'une dégradation récente des statistiques. Mais bien qu'au mois de septembre, le taux de chômage a certes continué de baisser à 7,2%, les créations d'emplois sont en recul et le nombre de personnes cessant de chercher un travail s'accroît. Les principaux responsables de la banque centrale, dont Ben Bernanke et sa vice-présidente, Janet Yellen, choisie par Barack Obama pour lui succéder l'an prochain, jugent que la persistance d'un chômage élevé est aujourd'hui la priorité contre laquelle il faut agir.

Une note positive tout de même : la réserve fédérale américaine ne fait plus part de son inquiétude à propos de la hausse du coût du crédit, qu'elle mentionnait le mois dernier. Cela laisse penser qu'elle se satisfait de leur repli ces dernières semaines.

"Les données disponibles suggèrent que les dépenses des ménages et l'investissement en actifs fixes des entreprises ont progressé tandis que la reprise du secteur immobilier ralentissait quelque peu ces derniers mois", explique la Fed dans son communiqué, ajoutant que "la politique budgétaire pèse sur la croissance économique".

Un "communiqué moins conciliant qu'attendu"

"Au final, le communiqué de la Fed est légèrement moins conciliant qu'attendu", estime Omer Esiner, un responsable de l'analyse de marché de Commonwealth Foreign Exchange à Washington cité par Reuters.

Depuis plus d'un an, la Réserve fédérale américaine injecte chaque mois 85 milliards de dollars d'argent frais dans l'économie via des rachats de dette souveraine et hypothécaire. Ces liquidités augmentent l'argent en circulation dans l'économie, permettant de diminuer les taux. Elle soutient ainsi l'activité économique du pays. Mais ces opérations ont pour inconvénient de précipiter la hausse des prix des actifs. Si elles durent trop longtemps, un risque de bulle, et donc de krach, sur le marché de la dette risquerait de survenir. 

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Commentaires
a écrit le 01/11/2013 à 13:03 :
d'abord "accomodante?! un nouveau concept ou accommodante?
a écrit le 01/11/2013 à 9:35 :
Je retente mon commentaire ....
@5patik ----------En fait, les injections de la Fed sont en concurrence avec les capitaux privés pour l'achat d'obligation US : la demande de ces obligations dépassant l'offre, l'Etat Us peut proposer des taux plus bas puisqu'il y aura forcément preneur. Dans le même temps, ces taux bas sont des taux directeurs pour le reste de l'économie : c'est le taux considéré sans risque puisque que c'est un prêt à l'Etat. Les prêts aux entreprises et particuliers sont donc corrélés à ce taux mais avec une prime de risque. Ainsi, ces taux bas permettent aux sociétés de financer des éventuels investissements pour moins chers et idem pour les particuliers par exemple pour un achat immobilier. ( Évidemment, cela ne suffit pas forcément comme on peut le voir en europe. On peut considérer que le décollage US provient plutôt du boom du gaz et pétrole de schiste. La preuve : le rebond immobilier commence déjà à s’essouffler. Au moment même où la production de gaz et pétrole de schiste plafonne). Une conséquence de la substitution des injections de la Fed aux capitaux privés dans l'achat de dette US est que ces capitaux privés, qui doivent être employés ( recherche de rentabilité) se sont investis dans les marchés de matières premières et d'actions d'où les records sur ces marchés malgré la crise. C'est pour cela que à chaque fois que la Fed confirme continuer son programme d'achat, les marchés repartent à la hausse de plus belle car ils anticipent la continuation du déversement de capitaux privés sur le marché actions. ( On remarquera en passant que tous ces capitaux n'investissent pas dans l'économie réelle : ils se contentent dans leur écrasante majorité d'acheter des actions déjà émises qui ne rapportent donc rien aux entreprises. Mais comme la demande se fait sur des titres déjà émis, la hausse des cours n'en est que plus forte). Lorsque le journaliste parle de « précipiter la hausse des actifs ce qui pourrait provoquer un krach du marché de la dette », les actifs dont il fait référence sont les obligations d'Etat. En effet, il y a hausse du cours des obligations déjà émises en période de baisse des taux : prenons une obligation de valeur 100 émise à un taux de 5 %. Si les obligations actuelles de valeur faciale 100 sont émises à 2 %, alors celles émises à 5 % deviennent plus intéressantes. Elles font l'objet de plus de demande alors que l'offre est contrainte car elles sont déjà émises et de plus toutes ne sont pas à la revente. Leur cours va donc augmenter de telle façon que le taux proposé devienne égal à 2 % ( dans l'exemple elles peuvent grimper ainsi à 250 ( car 5/250 =2%). ( ceci de manière simplifiée car il faut aussi tenir compte du temps restant avant le remboursement. Et ceci seulement pour les spéculateurs, les obligations étant remboursées à leur valeur faciale, les 100)). Donc le risque de krach existe en cas de hausse des taux. ( qui provoque une baisse des cours des obligations) : lorsque la Fed va baisser ses injections de liquidités, le taux des obligations US va monter ( moins de concurrence entre acheteurs ) et cela peut être brutal d'où le terme de krach obligataire. ( dans notre exemple, le spéculateur qui a acheté à 250 l'obligation qui lui rapporte 5 de coupon en espérant la revendre un peu plus cher avant l'échéance ( anticipation d'une légère baisse des taux) verra le prix de son obligation baisser fortement. Mais au pire, il pourra se faire rembourser 100 à l'échéance. Évidemment, cela représente une grosse perte qui risque de ne pas être compensées par les coupons. Et si les achats d’obligations ont été faits à crédits... ça fait boum.)
a écrit le 31/10/2013 à 19:12 :
Bonsoir,
Quelqu'un peut il commenter le dernier paragraphe de l'article? Je souhaite comprendre.
Merci
Réponse de le 01/11/2013 à 0:26 :
En fait, les injections de la Fed sont en concurrence avec les capitaux privés pour l'achat d'obligation US : la demande de ces obligations dépassant l'offre, l'Etat Us peut proposer des taux plus bas puisqu'il y aura forcément preneur. Dans le même temps, ces taux bas sont des taux directeurs pour le reste de l'économie : c'est le taux considéré sans risque puisque que c'est un prêt à l'Etat. Les prêts aux entreprises et particuliers sont donc corrélés à ce taux mais avec une prime de risque. Ainsi, ces taux bas permettent aux sociétés de financer des éventuels investissements pour moins chers et idem pour les particuliers par exemple pour un achat immobilier. ( Évidemment, cela ne suffit pas forcément comme on peut le voir en europe. On peut considérer que le décollage US provient plutôt du boom du gaz et pétrole de schiste. La preuve : le rebond immobilier commence déjà à s’essouffler. Au moment même où la production de gaz et pétrole de schiste plafonne). Une conséquence de la substitution des injections de la Fed aux capitaux privés dans l'achat de dette US est que ces capitaux privés, qui doivent être employés ( recherche de rentabilité) se sont investis dans les marchés de matières premières et d'actions d'où les records sur ces marchés malgré la crise. C'est pour cela que à chaque fois que la Fed confirme continuer son programme d'achat, les marchés repartent à la hausse de plus belle car ils anticipent la continuation du déversement de capitaux privés sur le marché actions. ( On remarquera en passant que tous ces capitaux n'investissent pas dans l'économie réelle : ils se contentent dans leur écrasante majorité d'acheter des actions déjà émises qui ne rapportent donc rien aux entreprises. Mais comme la demande se fait sur des titres déjà émis, la hausse des cours n'en est que plus forte). Lorsque le journaliste parle de « précipiter la hausse des actifs ce qui pourrait provoquer un krach du marché de la dette », les actifs dont il fait référence sont les obligations d'Etat. En effet, il y a hausse du cours des obligations déjà émises en période de baisse des taux : prenons une obligation de valeur 100 émise à un taux de 5 %. Si les obligations actuelles de valeur faciale 100 sont émises à 2 %, alors celles émises à 5 % deviennent plus intéressantes. Elles font l'objet de plus de demande alors que l'offre est contrainte car elles sont déjà émises et de plus toutes ne sont pas à la revente. Leur cours va donc augmenter de telle façon que le taux proposé devienne égal à 2 % ( dans l'exemple elles peuvent grimper ainsi à 250 ( car 5/250 =2%). ( ceci de manière simplifiée car il faut aussi tenir compte du temps restant avant le remboursement. Et ceci seulement pour les spéculateurs, les obligations étant remboursées à leur valeur faciale, les 100)). Donc le risque de krach existe en cas de hausse des taux. ( qui provoque une baisse des cours des obligations) : lorsque la Fed va baisser ses injections de liquidités, le taux des obligations US va monter ( moins de concurrence entre acheteurs ) et cela peut être brutal d'où le terme de krach obligataire. ( dans notre exemple, le spéculateur qui a acheté à 250 l'obligation qui lui rapporte 5 de coupon en espérant la revendre un peu plus cher avant l'échéance ( anticipation d'une légère baisse des taux) verra le prix de son obligation baisser fortement. Mais au pire, il pourra se faire rembourser 100 à l'échéance. Évidemment, cela représente une grosse perte qui risque de ne pas être compensées par les coupons. Et si les achats d’obligations ont été faits à crédits... ça fait boum.)
Réponse de le 01/11/2013 à 9:14 :
Merci!
a écrit le 31/10/2013 à 18:33 :
et si Krach de la dette il y a, cela signifiera la guerre avec la Chine. C'est peut-être après-tout ce que recherche les US qui, certains l'auront remarqué, est le pays le plus belliqueux du 20 e siècle :-)
a écrit le 31/10/2013 à 18:17 :
le rachat d'obligations d'état continue donc aux USA. la dette fédérale augmentera encore. Se reposera le probleme d'un fiscal cliff d'ici quelques mois, mais si le FED rachete les dettes, un accord sera trouvé, comme à chaque fois. les autres pays vont donc continuer a faire de meme, selon la pseudo-théorie que c'est nécessaire pour leurs exportations. c'est en fait un moyen (mal) caché de faire gagner de l'argent aux banques, et par ricochet a l'ensemble des classes dirigeantes. C'est encore le peuple qui paiera, soit indirectement par l'inflation, soit directement lorsque décision est prise par les dirigeants de mettre en avant le probleme de la dette (qu'ils passent leur temps a augmenter), parfait alibi pour ponctionner la classe moyenne.
a écrit le 31/10/2013 à 16:52 :
le rachat d'obligations d'état continue donc aux USA. la dette fédérale augmentera encore. Se reposera le probleme d'un fiscal cliff d'ici quelques mois, mais si le FED rachete les dettes, un accord sera trouvé, comme à chaque fois. les autres pays vont donc continuer a faire de meme, selon la pseudo-théorie que c'est nécessaire pour leurs exportations. c'est en fait un moyen (mal) caché de faire gagner de l'argent aux banques, et par ricochet a l'ensemble des classes dirigeantes. C'est encore le peuple qui paiera, soit indirectement par l'inflation, soit directement lorsque décision est prise par les dirigeants de mettre en avant le probleme de la dette (qu'ils passent leur temps a augmenter), parfait alibi pour ponctionner la classe moyenne.

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