Le Japon va verser 14 milliards d'euros d'aide à l'Asean pour contenir la Chine

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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a fait de l'Asean, en plein boum économique, l'une de ses priorités pour alimenter les entreprises japonaises. Mais la Chine est aussi aux aguets. (Photo : Reuters)
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a fait de l'Asean, en plein boum économique, l'une de ses priorités pour alimenter les entreprises japonaises. Mais la Chine est aussi aux aguets. (Photo : Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le Japon devrait s'engager à verser 14 milliards d'euros d'aide aux dix pays d'Asie du sud-est, samedi lors d'un sommet à Tokyo destiné à renforcer leurs liens face à une Chine en pleine ascension, ont rapporté des médias nippons vendredi.

Décidément, l'Asie du Sud-Est attire les convoitises. Américains, Chinois et Japonais se disputent en effet les bénéfices à tirer des précieux points de croissance d'une région en plein essor.

Dernier mouvement en ce sens, les 14 milliards d'euros d'aides sous forme de dons et de prêts qu'entendrait octroyer le Japon à ses voisins, lors d'un sommet à Tokyo samedi, selon les médias nippons. Ce montant serait réparti entre les dix pays membres de l'Association des nations d'Asie du sud-est (Asean), c'est à dire la Birmanie, Brunei, le Cambodge, l'Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

La tension monte entre Tokyo et Pékin

Cette aide accordée par le Japon n'aurait rien d'anodin, alors que le pays est en plein bras de fer diplomatique depuis des mois avec la Chine au sujet de l'archipel qui englobe les îles Senkaku, en mer de Chine méridionale. Ces dernières, administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin, sont situées en plein milieu d'une voie maritime stratégique, riche en ressources halieutiques et soupçonnée d'abriter des gisements d'hydrocarbures.

Fin novembre, Pékin a franchi un nouveau palier en décrétant une "zone d'identification aérienne" (ZAI) au-dessus de la mer de Chine orientale qui chevauche celle du Japon et surtout englobe les îles Senkaku. La Chine exige de tout appareil étranger qui la traverse de communiquer son plan de vol et de s'identifier.

Former un front face à la Chine

Lors du sommet qui doit s'ouvrir samedi, le Premier ministre japonais Shinzo Abe entend profiter des tensions territoriales qui existent aussi entre la Chine et quatre pays de l'Asean pour former un front commun face à la Chine. A la veille de cette rencontre, le gouvernement japonais a étendu trois accords bilatéraux d'échanges de devises ("swap") distincts, avec l'Indonésie, les Philippines et Singapour.

Ces ententes ont pour but de soutenir les pays d'Asie du Sud-Est en cas de tension financière. Si nécessaire, en vertu de ces accords, la Banque du Japon pourrait fournir des liquidités en dollars aux banques centrales des pays concernés, en échange de liquidités libellées en monnaie de ces pays, et ce à un taux fixé à l'avance. L'objectif est de permettre à ces pays de se fournir en dollars à un tarif raisonnable lorsque leur propre monnaie est attaquée sur le marché des changes.

Tokyo place ses pions en Asie du Sud-Est

Vendredi, le Japon et l'Indonésie ont annoncé avoir quasi doublé le plafond prévu par leur accord de "swap", à 22,76 milliards de dollars. Le Japon et les Philippines l'ont pour leur part doublé, à 12 milliards de dollars. Tokyo et Singapour ont de leur côté renouvelé un accord portant sur l'échange maximum de 4 milliards de dollars.

La région est un vivier de croissance pour les entreprises japonaises. Lors de son entrée en fonction fin 2012, le Premier ministre Shinzo Abe avait fait de la région sa priorité, et lui avait consacré sa première visite diplomatique.

LIRE AUSSI :

>> Que cherche Pékin en mer de Chine ?

>> Le Japon veut passer par l'Asean pour contrer les velléités de la Chine

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Commentaires
a écrit le 14/12/2013 à 13:14 :
en fait c'est compréhensible , le japon s'aperçoit que la marine chinoise fait escale dans de nombreux pays asiatique , ligne de défense pour pékin , ligne de menace pour le japon , qui y voit aussi l'influence économique grandissante de pékin , le japon apparait quand meme assez isolé vu son passé dans la région , un peu de repentir ferait pas de mal aux voisins , mais on en est pas là , le japon sera très dépendant des USA quoi qu'on en dise meme au japon la population se résigne , avec de lourds tiraillements , alors a défaut le japon essaie d'acquérir un visage plus amical envers ces voisins , pas sur que cela marche ..
a écrit le 14/12/2013 à 9:22 :
Les comportements des japonais sont compréhensibles. C'est pas facile pour une ancienne puissance dominante en Asie d'accepter qu'elle ne l'est plus. Ils vout tout faire pour la conserver. Mais c'est comme l'attaque de Pearl Harhor, la victoire du moment n'épargne pas la défaite au final. Ils se fatiquent pour rien. Leur sort est scellé. C'est triste pour eux mais c'est la vie.
a écrit le 13/12/2013 à 19:17 :
l'argent gaspiller, garder pour rembourser les dettes du pays c'est mieux !!!
a écrit le 13/12/2013 à 13:28 :
Abe c'est le John Low japonais. Ca ne lui coute rien, il suffit de faire tourner la planche à billet un peu plus vite. Encore si il avait pour but de rembourser la dette japonaise hors de contrôle à la limite se serait un moindre mal. Mais lui il la fait tourner à plein pour arroser à tout vent (et comme dit plus bas ses potes jakusas).
a écrit le 13/12/2013 à 12:45 :
" Fin novembre, Pékin a franchi un nouveau palier ".
C' était quoi le palier précédent ??
C' est ennuyeux ce type de dialectique, systématiquement une peau de banane insidieuse pour désigner aux lecteurs ignorants le bon ennemi..
Vous le dites jamais que Abe est fils, petit fils et arrière petit fils de criminel de guerre ?
Vous le dites jamais qu' il est à la tête d' un parti dont l' idéologie est la remise au gout du jour d' un passé nauséeux, que son but est le totalitarisme. Qu' il est militariste... qu' il a déjà échouer ( battu sur l' article 96 ).
Vous le dites jamais que le Japon est une démocratie de pacotille ( les japonais non dupes ne votent pas au 2/3 ) gangréné par la mafia et le parti unique.
On est pas des dindons vous savez..

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