Le Venezuela instaure un troisième système de change

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Le système de change de devises vénézuélien devient un véritable mille-feuille. En plus du système officiel et d'une première plateforme alternative nommée Sicad (Système complémentaire d'administration de devises), le gouvernement a officiellement lancé, lundi 24 mars, un troisième système: Sicad 2.
L'objectif ? Insuffler un peu d'oxygène à une économie bridée depuis 2003 par un sévère contrôle de l'accès aux devises, et lutter contre l'explosion de l'achat de dollars sur le marché noir.
Le taux de change constaté lundi avec le nouveau système était de 51,86 bolivars pour un dollar, a indiqué la banque centrale sur son site internet. Soit près de 9 fois le taux de change officiel, qui s'affichait à 6,3 bolivars pour un dollar au même moment, et environ 5 fois le taux du second marché inauguré en février (10,8 bolivars pour un dollar).
"Il s'agit finalement d'une dévaluation", explique Tamara Herrera, chef économiste chez Sintesis Financiera, à Businessweek. "Le gouvernement essaie de faire baisser le taux de change du marché noir grâce cette nouvelle plateforme. Le consensus étant que le dollar devrait s'échanger pour environ 50 bolivars". Sur le marché parallèle, la monnaie nationale cotait cette semaine à 57 bolivars pour 1 dollar.
Auront accès au Sicad 2 les personnes et entreprises privées qui peuvent acheter et vendre des dollars en liquide ou en titres. Selon le système, les participants peuvent faire leurs offres sur des titres libellés en dollars, à travers les banques et courtiers, jusqu'à 11h30 chaque jour ouvré. Les intermédiaires financiers se chargent ensuite de transférer ces offres à la banque centrale, qui fait alors correspondre acheteurs et vendeurs. Le taux de change du système doit donc varier en fonction de l'offre et la demande.
Le gouvernement a indiqué qu'il ne poserait pas de limites à chaque opération, mais n'a pas précisé quelle quantité de devises serait mise à la disposition du Sicad 2. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a en outre déclaré que le système officiel continuerait à absorber plus de 80% des achats des devises de l'Etat.
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Avec Sicad 2, le Venezuela espère augmenter l'approvisionnement en dollars nécessaires pour remédier aux fréquentes pénuries que le pays affronte, notamment en matière de médicaments, de nourriture ou même de papier-toilette (produits traditionnellement importés). Plus d'un produit de base sur quatre était en rupture de stock dans la quatrième plus grande économie d'Amérique latine en janvier, selon les données la banque centrale.
"C'est la première fois en plus de dix ans que les autorités vénézuéliennes tentent de résoudre un problème en réduisant la régulation et non en l'intensifiant", commente Fracisco Rodriguez, économiste à la Bank of America, interrogé par Businessweek.
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En février, le président avait déjà donné du mou en annonçant que le taux officiel de 6,30 dollars ne s'imposerait désormais qu'aux importations prioritaires (aliments, médicaments, etc.). Les autres opérateurs s'étaient ainsi vus renvoyer vers la deuxième plateforme de change, le Sicad, sur lequel le bolivar s'affiche à 11,30 dollars. Ce système prévoit des ventes aux enchères hebdomadaires pour entreprises et particuliers, pour l'importation de produits non prioritaires et pour les activités touristiques.
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