Google veut scruter la productivité de ses salariés... pendant un siècle

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Connue pour ses conditions de travail idylliques, la société américaine compte sur les scientifiques pour améliorer la productivité de ses employés. (Photo : Reuters)
Connue pour ses conditions de travail idylliques, la société américaine compte sur les scientifiques pour améliorer la productivité de ses employés. (Photo : Reuters) (Crédits : Bloomberg)
Google a lancé une étude de très long terme pour trouver la méthode de management idéale. Elle a déjà rendu quelques conclusions : les salariés souffrent de ne pouvoir se "déconnecter" du travail.

Google est capable de mener des études étude sur la consommation de M&Ms au bureau... alors pourquoi pas étudier la productivité de ses salariés pendant cent ans! La société américaine a très sérieusement lancé "gDNA", une étude prévue pour durer un siècle. A condition bien sûr que la compagnie elle-même survive aussi longtemps...

L'objectif : trouver la recette magique du management qui rendra les travailleurs heureux. Car des employés comblés par leur travail sont, a priori, au zénith de leur productivité - il appartiendra à l'étude de confirmer le lien entre bonheur et performance professionnelle.

Les salariés de Google sous la loupe des scientifiques pendant un siècle 

Google a lancé cette enquête à très long terme il y a deux ans, en prenant exemple sur la célèbre "étude de Framingham", qui dure depuis 1948 aux Etats-Unis, à l'origine pour collecter des données sur les maladies cardiaques. 

Un échantillon représentatif de 4.000 salariés de Google remplit deux questionnaires chaque année. Leur participation est facultative et leurs réponses restent anonymes. Les premières conclusions ont déjà pu être tirées de ces réponses. 

La majorité des salariés de Google n'ont pas de vie personnelle 

Il a révélé que seuls 31% des employés de Google parviennent à se "déconnecter" du travail. L'étude les a baptisés les "segmentateurs", car ils s'imposent une segmentation claire entre activités personnelles et professionnelles.

Plus de 70% des des employés de Google sont, au contraire, des "intégrateurs" : ils ne cessent jamais de penser au travail. Difficile, pour ces ''accros'',  "de distinguer à quel moment finit  [la] vie au travail et commence [la] vie hors du travail ", indique Laszlo Bock, vice-président  "People Operations" chez Google.

Malgré les conditions de travail censés être idylliques chez Google, la majorité de ces "intégrateurs" aimeraient pouvoir oublier leur job une fois rentrés chez eux. Pour les y aider, explique Laszlo Bock, Google doit "créer un environnement de travail qui facilite la 'déconnexion' ".

Soirées "merveilleuses" sans tablette ni téléphone 

A Dublin par exemple, certains employés ont été priés de déposer leurs appareils - tablettes, smartphones - à l'accueil avant de quitter le bureau. Résultat ? Des soirées  "merveilleuses" selon les employés.

La société américaine, qui entend "créer l'environnement de travail le plus heureux et le plus productif au monde", a donc encore quelques progrès à faire. Repas gratuits et jarres débordantes de M&Ms au bureau ne suffiront pas à rendre heureux les "Googlers".

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Commentaires
a écrit le 31/03/2014 à 15:45 :
Pourquoi pas... Je suppose qu'ils ont déjà leur erp pour y arriver. En angleterre (il y a 15 ans) les PME analysaient meme le temps qu'on ne passait pas devant notre écran grace à la carte magnétique qui trace nos mouvements dans l'entreprise. Ils permettaient quand meme 1hr de dej et deux pauses de 15 mins pour le thé. Et on finissait tous à 17hrs30... Comme quoi productivité ne veut pas dire travailler plus de 35 heures, mais travailler mieux pendant nos heures de travail...
a écrit le 28/03/2014 à 23:50 :
En France nous disposons de nombreux "segmenteurs" et cet enthousiasme professionnel rejailli vigoureusement sur l'économie...
a écrit le 28/03/2014 à 19:27 :
La dictature heureuse est en route...
a écrit le 28/03/2014 à 15:17 :
Des employés heureux sont aussi les premiers "vendeurs" de la marque. Quelle qu'elle soit. Et Google a (et aura de plus en plus) une image à s'acheter auprès du grand public. Ses employés heureux (qui donnet déjà envi à des milliers de travailleurs geeks de bosser pour eux) compenseront au mieux les différents scandals sur les données personnelles (ou autres) qui par "définition" accompagneront le long fleuve tranquille de Google vers la conquête du monde.

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