La réunion de Genève sur l'Ukraine va s'ouvrir dans un climat délétère

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Le secrétaire d'Etat américain John Kerry rencontre aujourd'hui à Genève ses homologues russe, ukrainien et européen. (Photo :Reuters)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry rencontre aujourd'hui à Genève ses homologues russe, ukrainien et européen. (Photo :Reuters) (Crédits : reuters.com)
Les chefs de la diplomatie russe, ukrainienne, américaine et européenne se retrouvent aujourd'hui à Genève pour des pourparlers sur la crise en Ukraine. Une réunion qui va s'ouvrir alors que 3 personnes ont été tuées mercredi soir et que Vladimir Poutine vient de reconnaître la présence de forces russes en Crimée.

La réunion de Genève s'annonce plus que tendue. Les premiers pourparlers internationaux sur la crise ukrainienne s'ouvrent jeudi en Suisse, quelques heures après l'annonce de la mort de trois pro-russes dans des affrontements à Mariupol et au moment où Vladimir Poutine s'exprime à la télévisions de son pays.

Des troupes russes derrière les séparatistes de Crimée

À cette occasion, le président russe a reconnu, pour la première fois ce matin, que des forces russes avaient été envoyées en Crimée pour "soutenir les forces locales d'auto-défense dans la république autonome d'Ukraine".

"Bien sûr que nos troupes se tenaient derrière les forces d'auto-défense de Crimée. Nous avons dû prendre des mesures inévitables afin d'empêcher le développement d'événements similaires à ceux actuellement en cours dans l'est de l'Ukraine."

Vladimir Poutine a cependant estimé que l'envoi des forces armées ukrainienne par Kiev dans l'est du pays constituait "un nouveau crime grave". 

Une attitude qui ne l'a pas empêché d'appeler le gouvernement ukrainien à s'asseoir à la table des négociations avec la communauté russophone. Selon le président russe, la réunion à quatre de Genève est "très importante" et un terrain d'entente mutuelle doit être trouvé. 

Kiev souhaite également le dialogue

Une volonté de négocier affichée aussi par le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Dechtchitsia, pour faire baisser les tensions, malgré les camouflets militaires subis hier face aux pro-russes et aux trois morts de la nuit passée. Il a ainsi déclaré : 

"Je pense qu'il est encore possible de parvenir à une désescalade par des moyens diplomatiques. Et nous faisons tout notre possible, pas seulement l'Ukraine, mais aussi les États-Unis. Le temps n'est cependant plus à l'expression de l'inquiétude mais à la recherche d'une réponse plus concrète et adéquate aux projets et aux actes de la Russie."

Un possible alourdissement des sanctions contre la Russie

Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, arrivé mercredi soir à Genève, espère aider à établir "un vrai dialogue entre la Russie et l'Ukraine", a indiqué aux journalistes un haut responsable dans son avion. "Les Etats-Unis et l'Union européenne veulent s'asseoir avec la Russie et l'Ukraine et chercher les voies d'une désescalade en matière de sécurité", a ajouté ce responsable.

Selon lui, l'objectif de Washington est que la Russie cesse de soutenir et d'encourager les séparatistes et qu'elle retire ses troupes de la frontière avec l'Ukraine.

Le président Barack Obama "a été très clair, si la Russie ne saisit pas cette opportunité pour une désescalade, le prix à payer va augmenter", a-t-il averti, alors que la Maison Blanche a indiqué mercredi que les Etats-Unis "préparaient activement" de nouvelles sanctions contre la Russie.

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Commentaires
a écrit le 17/04/2014 à 15:42 :
"Vladimir Poutine vient de reconnaître la présence de forces russes en Crimée"

C'est une non information puisque la Russie y détient une base militaire à Sébastopol.
Réponse de le 17/04/2014 à 16:09 :
@Michel: tu as mal lu, il est dit qu'il a envoyé des troupes pour soutenir les séparatistes. Rien à voir donc avec la base de Sébastopol, même s'il est probable qu'ils seraient intervenus si les choses n'étaient pas allées dans le sens voulu par Poutine :-)
Réponse de le 17/04/2014 à 16:13 :
@Michel: tu as mal lu, il est dit qu'il a envoyé des troupes pour soutenir les séparatistes. Rien à voir donc avec la base de Sébastopol, même s'il est probable qu'ils seraient intervenus si les choses n'étaient pas allées dans le sens voulu par Poutine :-)
Réponse de le 17/04/2014 à 16:13 :
@Michel: tu as mal lu, il est dit qu'il a envoyé des troupes pour soutenir les séparatistes. Rien à voir donc avec la base de Sébastopol, même s'il est probable qu'ils seraient intervenus si les choses n'étaient pas allées dans le sens voulu par Poutine :-)
a écrit le 17/04/2014 à 15:15 :
Après le fait accompli de l’annexion de la Crimée, la Russie cherche à créer une zone tampon entre la Russie et l’Ukraine occidentale ; elle va continuer à tenter de déstabiliser la partie orientale du pays et poursuivre sa campagne de désinformation pour créer en Occident l’impression que l’Ukraine est un pays divisé, fragmenté et non contrôlé, un État failli. Autrement dit, qu’il s’y développe une situation inacceptable pour l’Europe. L’objectif de Moscou, c’est de créer une ceinture de l’est au sud de l’Ukraine en continuité avec la Transnistrie. Avant d'aller plus loin.
a écrit le 17/04/2014 à 15:13 :
Dotée d'une rare lucidité et d'une farouche détermination, Anna Politkovskaïa était visionnaire. Elle avait prévu la spirale de violence dans toutes les républiques caucasiennes, la montée de la xénophobie, l'obstination de Vladimir Poutine à garder le pouvoir à tout prix, la répression accrue contre les opposants … et la très faible riposte des gouvernements occidentaux. Elle n'était cependant pas fataliste et insistait toujours sur le facteur clé qui ferait peut-être bouger la Russie : la société, les simples citoyens qui un jour en auraient assez de vivre "à la russe" et repartiraient à la conquête de leurs droits et libertés politiques. Anna Politkovskaïa aurait accompagné avec civisme et brio les batailles électorales et protestations sociales des dernières années
a écrit le 17/04/2014 à 15:09 :
Pas grave que le climat soit délétère, ils auronts droit aux bons chocolats suisses et seront tous heureux finalement. ;-)
a écrit le 17/04/2014 à 13:41 :
La popularité intérieure de M. Poutine après quinze ans d'exercice des responsabilités doit beaucoup au relatif redressement économique du pays durant les années 2000 ; les années 1990 avaient été marquées par la dépression, l'hyperinflation et le défaut de paiement des obligations d'Etat en 1998. Mais ce redressement doit beaucoup à la «chance » : le prix mondial du baril de pétrole approchait les 10 dollars quand M. Poutine s'est installé à la tête du pays. Il ne peut aujourd'hui se permettre une trop forte dégradation économique. Sa crédibilité et son autorité vis-à-vis de l'opinion publique et des oligarques en dépendent.L'annexion de la Crimée par la Russie a suscité des craintes géopolitiques, mais aussi des interrogations sur le véritable potentiel économique de ce pays, second exportateur mondial de pétrole et premier de gaz. Il pèse 3 % du produit intérieur brut (PIB) de la planète (en dollars courants) et 5,2 % des dépenses militaires globales. Les relations commerciales entre la Russie et l'UE ne sont pas symétriques. Elles sont importantes pour Moscou, beaucoup moins pour son partenaire européen. Les exportations vers l'UE représentent 12 % du PIB russe ; celles des Vingt-Huit vers la Russie représentent moins de 1 % du PIB européen. Les investissements directs étrangers (IDE) de l'UE vers la Russie représentent 1 % du PIB russe chaque année, alors que ceux de la Russie vers l'UE ne comptent que pour 0,1 % du PIB européen. Un arrêt de ces flux rendrait plus difficile le financement de la balance russe des paiements courants. La menace la plus crédible serait l'arrêt des importations de gaz russe par l'UE. L'hydrocarbure ne pèse que 25 % des exportations énergétiques de la Russie, mais un embargo causerait une perte de l'ordre de 2 % du PIB au pays. Car, contrairement au pétrole, le gaz russe ne peut pas être redéployé rapidement vers l'Asie, et il peut par ailleurs être remplacé par d'autres sources d'énergie moyennant un coût relativement limité pour l'Europe (de l'ordre de 0,2 % du PIB si le prix du pétrole ne progresse pas). l'économie russe est déjà mal orientée, avec une croissance moyenne annuelle de 1,6 % depuis 2012, contre 4,7 % en 2010-2011 et plus de 7,5 % entre 2003 et 2007. On est loin de l'objectif de 5 % annoncé par le président russe, Vladimir Poutine, lors des élections de 2012. Une forte dépendance à l'égard du pétrole et du gaz naturel (67 % des exportations, 50 % des recettes publiques)

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