Ukraine : les tensions diplomatiques entre les États-Unis et la Russie s'accentuent

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Joe Biden accuse Moscou d'encourager les troubles dans l'Est de Ukraine en appuyant les pro-russes, qui comptent organiser un référendum sur leur statut dès le 11 mai . (Photo : Reuters)
Joe Biden accuse Moscou d'encourager les troubles dans l'Est de Ukraine en appuyant les pro-russes, qui comptent organiser un référendum sur leur statut dès le 11 mai . (Photo : Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les États-Unis vont fournir à l'Ukraine une aide de 50 millions de dollars (36 millions d'euros) pour permettre au pays de se gouverner seul, sans "intimidations" étrangères. Le vice-président américain met en garde la Russie contre l'isolement qu'elle encourt en soutenant les séparatistes.

La diplomatie américaine est omniprésente en Ukraine, tout comme le sont les troupes russes, positionnées à sa frontière. La Maison blanche a réaffirmé son appui au gouvernement intérimaire de Kiev mardi, en s'engageant à lui fournir une aide de 50 millions de dollars (36 millions d'euros).

  • Une première aide financière et matérielle

Ce soutien peut paraître limité comparé aux prêts d'un milliard de dollars déjà promis, mais il confirme l'engagement des Américains en faveur des autorités pro-européennes. Outre ce plan, Washington va livrer du matériel militaire non-létal, tel que des véhicules ou des appareils de transmission radio, pour un montant de 8 millions de dollars (5,8 millions d'euros).

La Maison blanche explique : 

"Les États-Unis s'engagent à assurer aux Ukrainiens la possibilité de définir seuls l'avenir de leur pays, sans avoir à subir les intimidations ou les mesures de coercition de forces étrangères".

Washington souligne que 11,4 millions de dollars sur les 50 prévus sont destinés à aider "au bon déroulement" de l'élection présidentielle du 25 mai. Le gouvernement américain se dit par ailleurs prêt à fournir, à la suite de ce scrutin, un nouveau soutien à Kiev.

  • Joe Biden met en garde la Russie contre "l'isolement"

Présent depuis lundi à Kiev, le vice-président américain Joe Biden a prévenu la Russie du risque "d'isolement" qu'elle encourt si elle maintient ses troupes à la frontière de l'Ukraine et continue de soutenir les insurgés séparatistes dans l'Est.

Il accuse Moscou d'encourager les troubles dans cette région en appuyant les pro-russes d'Ukraine, qui comptent organiser un référendum sur leur statut dès le 11 mai pour couper les ponts avec Kiev. Une attitude qui balaye les espoirs d'apaisement nés de la signature jeudi à Genève du compromis international sur un désarmement. Joe Biden a martelé devant la presse, aux côtés du Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk :

"Il est temps de cesser de parler et de commencer à agir. Nous devons voir des mesures prises sans délai, le temps est compté. Moscou doit retirer ses troupes et cesser de soutenir des hommes qui se cachent derrière des masques". 

Le vice-président a également prévenu la Russie que si "elle continuait ses provocations", elle risquait de subir de nouvelles contraintes économiques et plus "d'isolement".

  • Moscou prêt aux sanctions

Les Etats-Unis ont déjà appliqué des sanctions contre de hauts responsables russes, de l'entourage du président Vladimir Poutine. Ils menacent désormais de s'en prendre à des secteurs entiers de l'économie russe, déjà au bord de la récession, fragilisée par de massives fuites de capitaux.

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a répondu mardi, dans un discours devant la Douma (chambre basse du Parlement) :

"C'est une voie sans issue. Mais si certains de nos partenaires occidentaux décident tout de même de s'y engager, nous n'aurons pas d'autre choix que de faire face avec nos propres forces. Et nous gagnerons". 

Le compromis sur le désarmement des pro-russes et l'évacuation des bâtiments occupés - signé entre les Etats-Unis, la Russie, l'Ukraine et l'Union Européenne  - semble donc déjà bien loin. Le président par intérim Olexandre Tourtchinov a estimé que les actions, attribuées à "la Russie et ses unités terroristes mettent une croix" sur l'accord de Genève. Alors que l'UE a appelé à nouveau aujourd'hui "toutes les parties" à appliquer le compromis.

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Commentaires
a écrit le 23/04/2014 à 15:15 :
Pourquoi vouloir faire une "Europe unie" si c'est pour accepter encore et toujours que les Américains viennent faire les soldes de leur armement au lieu de s'occuper de leurs réels problèmes de société chez eux ?
a écrit le 23/04/2014 à 9:53 :
La crédibilité des U.S.A a bien pris "du plomb dans l'aile" depuis 2001 et l'Europe s'en aperçoit tout les jours... mais pas forcement l' U.E..qui applique la doctrine!
a écrit le 23/04/2014 à 8:59 :
jusqu'où les américains vont s'ingérer dans le dossier ukrainien ? , on a vu la meme chose dans le cas polonais en 1939 , l'Angleterre et la france avaient déclarés la guerre a l'Allemagne qui était plus puissante militairement a l'époque on a vu en 1 an ce qui est arrivé et l'addition fut salée , alors là de nos jours Poutine est sur de rester au pouvoir alors qu'Obama et ses conseillers ne feront que passer , vu que leurs mandats sont en voie de s'achever , les américains jouent sur le bluff et les russes a ce jeu là sont plus fort que la glace du whisky
a écrit le 22/04/2014 à 21:00 :
Trotsky avait raison la Russie n'et pas mature en ce monde .
a écrit le 22/04/2014 à 20:04 :
Je propose d'envoyer un bataillon de tirailleurs trolls cyclistes (vu que c'est tout ce que la ridicule Europe est capable d'aligner) à la frontière est de l'Ukraine. Nul doute que ça va impressionner Vladimir !
Réponse de le 22/04/2014 à 20:40 :
@les trolls...: heureusemnet qu'il y a eu et qu'il y a toujours dans l'Histoire des gens plus courageux et visonnaires, faute de quoi nous serions tous encore des serfs :-)
Réponse de le 22/04/2014 à 20:50 :
Mais oui mon patoune, heureusement que tu es là pour nous le rappeler. Au fait, comment vont tes affaires en Russie, ce formidable eldorado que tu nous vantais il y a peu ?
Réponse de le 22/04/2014 à 21:17 :
@patounet: j'ai retiré mes billes (avec bénéfices à la clé) étant donné que la situation a changé :-) je ne vante jamais rien, ni personne, je constate et j'agis en fonction de mes intérêts :-) certains feraient bien de prendre de la graine au lieu de constamment pleurnicher et d'attendre qu'on leur donne :-)
Réponse de le 22/04/2014 à 22:11 :
Oui, on sait : les pays sont des "hôtels" pour les gens comme toi. Tu passeras nos amitiés à Botul et à Attila !
Réponse de le 22/04/2014 à 23:10 :
@@patoche: la vie est un combat permanent où pleurnicher et jalouser les autres ne sert à rien :-) aide-toi, le ciel t'aidera dit-on, non :-)
Réponse de le 23/04/2014 à 6:15 :
Côté ''pleurniche", personne ne peut dépasser notre patoche !
a écrit le 22/04/2014 à 17:12 :
Le fondateur du premier réseau social russe, VKontakte (VK, « en contact » en français), Pavel Dourov, a annoncé mardi 22 avril qu'il avait quitté son pays, évoquant des tensions avec les autorités. « Je ne suis pas en Russie, et je n'ai aucune intention d'y revenir », a-t-il écrit au site TechCrunch, spécialisé dans les informations sur le secteur technologique. « J'ai peur qu'il n'y ait pas de retour en arrière. Pas après que j'ai refusé publiquement de coopérer avec les autorités. Ils ne peuvent pas me supporter. » REFUS DE LIVRER DES DONNÉES PERSONNELLES Le Service fédéral de sécurité russe (FSB) avait demandé au site VKontakte de lui remettre les données personnelles des organisateurs du groupe Euromaïdan, créé sur les réseaux sociaux afin d'organiser la contestation qui a mené à la chute du président prorusse Viktor Ianoukovitch en Ukraine, selon M. Dourov. « Notre réponse a été et reste un refus catégorique, écrivait-il mercredi sur sa page VK. La juridiction russe ne s'applique pas aux utilisateurs ukrainiens de VKontakte. Transmettre des données personnelles sur des Ukrainiens aux autorités russes aurait été non seulement contraire à la loi, mais aussi une trahison de tous ces millions d'habitants de l'Ukraine qui nous ont fait confiance. » M. Dourov avait déjà refusé en 2012 d'obéir à une injonction du FSB qui lui avait demandé fin 2011, alors qu'un mouvement de contestation contre Vladimir Poutine rassemblait des dizaines de milliers de personnes, de bloquer des groupes d'opposition sur VK.
Réponse de le 22/04/2014 à 19:36 :
Faut arrêter l'intox... C'est sur que le fondateur de Facebook à trop à perdre s'il tente de refuser que le gouvernement américain puisse avoir accès à toute les données personnelles. C'est étonnant de voir ce genre ce genre de commentaire, quand on voit les polémiques sur ce que se permettent les agences américaines en terme d'espionnage.
Chacun est juste en train de jouer une partie d'échec. La propagande abjecte des EU soutenue cette fois par Joe Biden n'est pas moins perverse que celle des russes.
En tout cas, entre des russes privant les libertés d'expressions et des américains massacrant des peuples en provoquant des guerres sous des faux contextes, on sait qui vous avez choisi... pour ma part, j’éviterais de dire que les russes sont pires, ou les américains meilleurs (je parles bien entendu des gouvernement, pas des peuples qui eux subissent tout ça)
Réponse de le 22/04/2014 à 20:01 :
Apparemment VK n'est pas menacé de prison comme l'est Snowden... qui lui est installé en Russie, ou autre Manning, installé dans une geole aux USA pour de nombreuses années.
Réponse de le 22/04/2014 à 20:36 :
Arrêtons l'idéologie, il est clair que les pratiques d'espionnage existent dans tous les pays. Je suis surpris que Snowden se soit laissé manipuler aussi facilement, ou peut-être était-ce une conditon sin equa non de la prolongation de son séjouren Russie :-)
Réponse de le 22/04/2014 à 22:12 :
Oui arrêtons l'idéologie : tant qu'il y a des pantalons pour unijambistes à vendre, c'est le principal !
Réponse de le 23/04/2014 à 0:27 :
@patriiicck: si la métaphore du pantalon pour unijambiste fait référence à nos propres intérêts et uniquement nos propres intérêts européens, je suis tout à fait d'accord :-)

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