Ukraine : le Parlement européen hausse le ton, la Commission pense au gaz

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Le Parlement européen estime que la situation actuelle requiert du Conseil, qui représente les Etats, qu'il renforce la deuxième phase des sanctions et se prépare à lancer la troisième phase des sanctions (économiques), qui doit être enclenchée immédiatement. (Photo : Reuters)
Le Parlement européen "estime que la situation actuelle requiert du Conseil", qui représente les Etats, "qu'il renforce la deuxième phase des sanctions et se prépare à lancer la troisième phase des sanctions (économiques), qui doit être enclenchée immédiatement". (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Le Parlement européen a haussé le ton dans une résolution non contraignante face à la Russie jeudi. Elle appelle à un renforcement des sanctions et qualifie les agissement de la Russie d'acte d'agression contre l'Ukraine. De son côté, la Commission est plus obsédée par les menaces de coupure du gaz russe à destination de l'Europe.

L'Ukraine sème la zizanie dans l'Union européenne. D'un côté, la Commission européenne ne sait comment traiter la question Ukrainienne sans s'attirer les foudres de la Russie, qui menace de couper le gaz à l'Europe occidentale. De l'autre, il y a le Parlement européen qui a demandé jeudi que l'Union européenne "renforce" les sanctions économiques ciblées contre les oligarques russes et de "se préparer à lancer" des sanctions économiques directement contre Moscou.

Les Etats sommés d'envoyer un message fort

Le texte a été présenté au Parlement par le centre-droit du PPE, les libéraux, les écologistes et les conservateurs britanniques. Non contraignant, il a été adopté par 437 voix contre 49, et 85 abstentions, dont la plupart des membres du groupe socialiste qui n'avait pas souhaité s'y associer le jour des pourparlers de Genève pour tenter de trouver une solution politique à la crise.

Le Parlement européen "estime que la situation actuelle requiert du Conseil", qui représente les Etats, "qu'il renforce la deuxième phase des sanctions et se prépare à lancer la troisième phase des sanctions (économiques), qui doit être enclenchée immédiatement".

Selon l'institution, des sanctions doivent être prises "contre les entreprises russes et leurs filiales, en particulier dans le secteur de l'énergie, et contre les investissements et les avoirs russes détenus dans l'Union, et invite celle-ci à revoir tous ses accords avec la Russie en vue de leur éventuelle suspension".

L'Ukraine fondée à se défendre militairement contre la Russie

Les termes sur la situation en Ukraine sont sans ambigüité :

Le Parlement "exprime ses plus vives préoccupations face à la détérioration rapide de la situation et aux bains de sang dans l'Est et le Sud de l'Ukraine, exhorte la Russie à retirer sans délai son soutien aux séparatistes violents (...), à cesser immédiatement toute incitation au désordre et à la déstabilisation, à retirer ses troupes de la frontière orientale de l'Ukraine et à oeuvrer à la résolution pacifique de la crise par les voies politiques et diplomatiques".

Il affirme par conséquent que les autorités ukrainiennes "sont pleinement habilitées à recourir à toutes les mesures nécessaires, notamment au droit à l'autodéfense" inscrit dans la charte des Nations Unies, et demande "vivement à la Russie de ne pas se servir du prétexte que l'Ukraine est légitimement fondée à défendre l'intégrité de son territoire pour lancer une invasion militaire à grande échelle". 

La Commission essaie de temporiser

Du côté de la Commission, la principale préoccupation est plutôt celle du gaz. Menacée directement par Poutine de voir le gaz vers l'Europe coupé, elle a accepté de discuter avec Vladimir Poutine, le président Russe.Ce dernier donne un mois à l'Union européenne pour trouver une solution aux problèmes de paiement du gaz russe par l'Ukraine.

Kiev a en effet accumulé 2,2 milliards de dollars de factures de gaz impayées, et rejette l'augmentation de 80% du tarif décidé début avril par Moscou.

Jeudi, dans une lettre adressée à Vladimir Poutine, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a annoncé que l'UE acceptait de mener de telles discussions.

"Il est de notre intérêt commun d'engager rapidement ces discussions incluant l'Ukraine", a-t-il déclaré, dans cette lettre rendue publique avant les déclarations de Vladimir Poutine fixant un délai d'un mois aux Ukrainiens.

Elles devraient "aider à éviter un scénario extrême", a ajouté le président de la Commission, mettant cependant en garde le président russe contre l'emploi de menaces.

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a écrit le 17/04/2014 à 23:49 :
Que les russes coupent le gaz aux européens, les chinois détenant l'appareil productif du monde ne le bouderont pas.
Réponse de le 18/04/2014 à 9:25 :
Les Russes n'ont pas l'intention de couper le gaz aux Européens, c'est une rumeur répandue par Washington pour essayer de gagner le marché du gaz européen en faisant de la revente et peut-être de la racket demain. Ce qu'on ne parle pas, par contre, c'est du South Stream (le gazoduc entre la Russie et la Chine) qui se trouve déjà bien avancé, et aussi d'une imminente alliance militaire russo-chinoise. L'Ukraine n'est que de la prestidigitation.
a écrit le 17/04/2014 à 21:38 :
Quand le parlement pense au gaz, songe-t-il à augmenter la production de haricots en Europe ?.... allez Bonne Pâques !
a écrit le 17/04/2014 à 19:05 :
Le parlement ?
Qui parle de démocratie ? A quoi sert-il (sauf à engraisser les députés) ? Gesticulations pré électorales ?
Quant à l'OTAN, qui ne sert à rien, de quoi parle-t-on ?
a écrit le 17/04/2014 à 17:51 :
Excellent que les 28 votent démocratiquement sur ce dossier, c'est une occasion de faire avancer plus avant le construction européenne. La Lituanie accélère son entrèée dans l'euro. Sur le plan politique l'intervention russe constitue une formidable opération en faveur de l'OTAN. Après la Géorgie en 2008, l'Ukraine est le second pays candidat à être agressé par les forces russes. Les pays baltes qui ont adhéré en 2004 ont bénéficié au titre de la solidarité instaurée d'un appui politique et militaire (envoi d'avions de surveillance). Depuis 1999 toute la politique de Moscou consiste à dissuader les Etats de l'étranger proche de quitter son giron pour entrer dans l'Alliance atlantique. Le rattachement de la Crimée va donc renforcer l'atlantisme des pays de la zone sur le plan défense globale, c'est mieux que développer chacun son arméee de plus en diminuant les conflits inter-Otan. Sur le plan économique l'intervention russe provoque chez les Européens une réflexion de fond sur la dépendance au gaz russe. L'enquête en cours à la Commission sur les pratiques anticoncurrentielles de Gazprom était une première étape. Pour une UE important 24 % de son gaz de Russie il devient impératif de réformer ce marché déséquilibré. Sur le plan idéologique, l'intervention russe est un hommage aux valeurs de l'Union européenne. En bafouant le droit international, en utilisant la force armée pour résoudre des différents entre nations européennes, la Russie a troublé jusqu'à ses traditionnels alliés chinois et plus.
Réponse de le 17/04/2014 à 18:05 :
Encore du copié/collé en venant des États-Unis, j'en peux plus ...
Réponse de le 17/04/2014 à 18:56 :
Vous avez des origines texanes pour croire aussi naïvement à toutes ces balivernes?
Vous avez su qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak ?
Ou alors vous êtes un troll, embauché par le service comm de l'UE et payé par nos impots
Réponse de le 18/04/2014 à 14:39 :
Vous avez des origines russes pour suivre aveuglement les ordres du "tsar" ? La politique de Poutine pousse les pays voisins de la Russie dans les bras de l'OTAN car il agit la nostalgie de l'empire russe pour maintenir sa cote de popularité. Comme on sais qu'une fois dans la Russie on ne peut plus en sortir (il suffit de voir ce qui se passe dans le Caucase depuis 15 ans) il n'y a qu'une solution pour ces pays : s'allier aux USA et bloquer au maximum la Russie jusqu'à ce qu'elle oublie ses rêves d'empire colonial
a écrit le 17/04/2014 à 17:29 :
C'est "l'hydre européenne" dans tous ses états !!! la tête Parlement regarde à gauche, la tête Comission regarde à droite, et le corps confortablement assis sur les cuisses des USA trouve son plaisir. On vit la crise mais qu'on s'amuse !...

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