L'ANC favori des élections législatives en Afrique du Sud

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Le président Jacob Zuma a pour beaucoup du sang sur les mains depuis que sa police a ouvert le feu sur des grévistes à la mine de Marikana (nord) en août 2012, faisant 34 morts. Ce qui devrait faire perdre du terrain à son parti, l'ANC. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Le président Jacob Zuma a pour beaucoup du sang sur les mains depuis que sa police a ouvert le feu sur des grévistes à la mine de Marikana (nord) en août 2012, faisant 34 morts. Ce qui devrait faire perdre du terrain à son parti, l'ANC. REUTERS/Siphiwe Sibeko (Crédits : Reuters)
Le parti ANC du président Jacob Zuma est pressenti pour remporter les élections législatives en Afrique du Sud qui ont début mercredi. Mais il devrait perdre du terrain en raison d'un bilan mitigé.

Les Sud-Africains ont commencé à voter mercredi pour les élections législatives. L'ANC, au pouvoir depuis 1994, en est le grand favori, malgré le climat tendu dans le pays et les scènes de violence urbaine quasi quotidiennes dans les townships les plus pauvres.

Plus de 25,3 millions d'électeurs doivent élire 400 députés, qui eux-mêmes désigneront le prochain chef de l'État le 21 mai. À 72 ans, le président Jacob Zuma devrait être reconduit pour un second mandat de cinq ans.

Tension palpable

Jusqu'à la dernière minute, les responsables de la sécurité ont multiplié les appels au calme, alors que les manifestations violentes dans les bidonvilles et les quartiers pauvres se succèdent jour après jour dans le pays, généralement pour protester contre la mauvaise qualités des services publics, dont la distribution d'eau et d'électricité.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le quartier pauvre de Bekkersdal, près de Johannesburg, avait ainsi été le théâtre d'émeutes, trois bureaux de vote avaient été incendiés, selon la radio d'information 702.

Une élection très disputée

"L'élection du 7 mai est l'une des plus disputées de ces 20 dernières années", note la politologue Lizette Lancaster, de l'ISS (Institute for Security Studies), "et l'on s'attend à ce que l'ANC perde du terrain".

Les sondages prédisent un recul de l'ANC avec des résultats autour de 60%, contre 65,9% en 2009. Cela se ferait au profit notamment du parti d'opposition libérale DA (Alliance démocratique), crédité d'environ 20% des intentions de vote.

Tous les regards seront tournés aussi vers le score du parti populiste de Julius Malema, les Combattants pour la liberté économique (EFF), nouveau venu dans le paysage politique. Il prône la nationalisation des banques et des mines, l'expropriation sans indemnisation des grands propriétaires terriens blancs, et une redistribution radicale des richesses.

De fortes inégalités

Beaucoup de progrès ont été pourtant accomplis ces vingt dernières années. 96% des ménages ont maintenant accès à l'eau potable contre 62% en 1994, 87% à l'électricité contre 58%, le taux de criminalité, effrayant, a baissé, il y a moins de bidonvilles, une classe moyenne noire a émergé.

Mais l'Afrique du Sud post-apartheid est restée un pays profondément inégalitaire, où les Blancs gagnent en moyenne six fois plus que les Noirs, où ils sont moins frappés par le chômage (moins de 7% contre plus de 28%), où ils ont toujours un meilleur accès à une éducation qui reste déplorable pour la majorité.

>> Lire 25,2% : le taux de chômage en Afrique du Sud

L'image de Jacob Zuma régulièrement écornée

Le premier quinquennat du président Zuma a été marqué par plusieurs scandales, le dernier en date étant la rénovation de sa résidence privée de Nkandla (est) aux frais du contribuable. Surtout, le chef de l'Etat a pour beaucoup du sang sur les mains depuis que sa police a ouvert le feu sur des grévistes à la mine de Marikana (nord) en août 2012, faisant 34 morts.

Mais pour de très nombreux Noirs sud-africains (80% de la population), l'ANC reste le parti qui les a délivrés de l'apartheid, grâce à l'image de son plus illustre militant Nelson Mandela, décédé en décembre. "Suivons ses pas", exhortent de vastes pages de publicité. "Faites le pour Madiba, votez ANC", demandent des affiches de l'allié communiste, appelant le héros national de son nom de clan.

>> Lire Nelson Mandela, l'homme de la réconciliation de l'Afrique du Sud

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