Ukraine : Poutine "respectera" le résultat de la présidentielle de dimanche

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Pour  Vladimir Poutine, Ianoukovitch reste toutefois le président en exercice, chassé par un coup d'Etat soutenu par les Américains. (Photo: Reuters)
Pour Vladimir Poutine, Ianoukovitch reste toutefois "le président en exercice", chassé par un "coup d'Etat" "soutenu par les Américains. (Photo: Reuters) (Crédits : reuters.com)
Le président russe a annoncé qu'il "travaillera" avec les nouvelles autorités. Le chef de la diplomatie ukrainienne a déclarer espérer que ces déclarations "seront suivies d'actes concrets".

Journée d'attente en Ukraine, où vendredi à minuit s'est achevée la campagne électorale, marquée par de nombreuses violences, pour la présidentielle de dimanche. Un scrutin salué par Kiev, afin de clôturer six mois d'une crise politique qui a plongé le pays au bord de la guerre civile, mais rejeté par les séparatistes prorusses.

L'avant-veille de cette élection cruciale, le président russe, Vladimir Poutine, a choisi l'apaisement. Vendredi, à Saint-Pétersbourg, il a annoncé qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" et travaillerait avec le chef de l'Etat élu.

Ianoukovitch reste "le président en exercice", selon Poutine

Le maître du Kremlin a toutefois soigneusement choisi ses mots et évité d'admettre qu'il reconnaîtrait le président ou que celui-ci serait légitime.

"En principe, en vertu de la Constitution, il ne peut y avoir d'élection car le président (Viktor) Ianoukovitch (...) est le président en exercice", a déclaré vladimir Poutine.

Mais "nous voulons nous aussi qu'en fin de compte le calme revienne (en Ukraine), nous allons respecter le choix du peuple ukrainien", a-t-il ajouté, assurant que Moscou "travaillerait avec les nouvelles autorités".

Les troupes russes retourneront dans leurs casernes

Le discours a été l'occasion pour Poutine de dénoncer une fois de plus un "coup d'Etat", soutenu par "nos amis américains", de la part du mouvement de contestation Maïdan qui a conduit fin février à la fuite de Viktor Ianoukovitch en Russie.

"Au final, c'est le chaos et une véritable guerre civile", a-t-il déploré.

Le chef d'état-major de l'armée russe, le général Valeri Guerassimov, a pour sa part assuré que les troupes russes déployées près de la frontière de l'Ukraine retourneraient dans leurs casernes au cours des vingt prochains jours, conformément à l'ordre donné par Vladimir Poutine.

Le milliardaire Petro Porochenko favori

Du côté de l'Ukraine, le chef de la diplomatie du pays, Andriï Dechtchitsa, tout en "saluant" les déclarations de Poutine, a déclaré "espérer qu'elles seront suivies d'actes concrets".

Le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a appelé, dans une courte allocution télévisée, "chacun" des Ukrainiens à se rendre aux urnes pour donner "un pouvoir légitime" à leur pays.

D'après un dernier sondage, le favori du scrutin est le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko qui, avec plus de 44% des intentions de vote, devance l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko (8%). Si personne n'est élu au premier tour, un deuxième tour est prévu pour le 15 juin.

Près de deux millions d'électeurs pourraient avoir du mal à voter

36 millions d'électeurs sont appelés à voter pour la présidentielle. Pour assurer sa tenue, Kiev a déployé 55.000 policiers et 20.000 volontaires.

Dans l'Est, toutefois, où les séparatistes ont promis d'empêcher le déroulement du scrutin, près de deux millions d'électeurs pourraient éprouver des difficultés à voter. Selon les derniers données de la Commission électorale, plus de la moitié (20 sur 34) des commissions électorales des régions de Donetsk et de Lougansk ne peuvent pas fonctionner.

Les affrontements entre soldats ukrainiens et séparatistes, qui se sont poursuivis encore vendredi, ont fait au total plus de 150 morts, selon un comptage a minima réalisé par l'AFP à partir de données de l'ONU, des responsables officiels ukrainiens et de constatations de journalistes.

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Commentaires
a écrit le 25/05/2014 à 22:08 :
Contrairement à nos politiciens en France, Poutine est un homme décidément très bien informé, il savait déjà par des projections et que Poroshenko avait de l'avance sur la Timochenko. Encore plus rassurant, il savait aussi que les partis d'extrême droite étaient très mal barrés, ce qui s'est avéré (Svoboda 1.3% et Right Sector 1%). Face à cette situation je ne vois pas où est le problème en "respecter" ces résultats.
Réponse de le 25/05/2014 à 23:36 :
@ombudsman: Poutine est sans aucun doute mieux informé que nous, mais j'ai lu il y a déjà 2 à 3 semaines que Timo ferait entre 5 et 10 % !!!
a écrit le 24/05/2014 à 23:40 :
Tout le monde semble dans l’impasse, même Poutine. Les séparatistes prennent conscience que Poutine n’est pas prêt de les accueillir et ceux qui ont brûlé leurs vaisseaux savent ce qui les attendent en cas de retour de Kiev, d’autant que la haine et les morts s’accumulent des 2 cotés. Les européens qui ont imprudemment conditionné l’application de la phase 3 des sanctions au bon déroulement des élections vont donc devoir les appliquer à moins d’une pirouette de dernière minute. La solution de la fédéralisation souhaitée par Moscou et maintenant soutenue par les européens s’éloigne car les américains, les séparatistes et probablement les autorités de Kiev sont contre. Washington espère pouvoir punir la Russie grâce aux sanctions américaines et européennes. L’Europe et surtout l’Allemagne vont perdre un partenaire économique d’importance mais vont aussi devoir gérer l’immense fardeau que va représenter l’économie ukrainienne si moribonde qu’elle fera passer la crise grecque pour secondaire. Le nouveau président ukrainien devra choisir soit l’option américaine soit l’option européenne et russe. La Russie après avoir étonnamment récupérée la Crimée et son port stratégique de Sébastopol (sans mort russe, ni char ou avion abattu ) se retrouve maintenant avec 2 régions sans importance qu’elle devra aider mais pas annexer, des sanctions dures et une suspicion généralisée. Reste une Ukraine humiliée et revancharde et à la clef une intégration à l’OTAN à très haut risque.
a écrit le 24/05/2014 à 19:49 :
Au sujet des sanctions de l'UE envers la Russie, il existe un discours et une praxis, et les deux ne vont pas de pair. En introduisant des sanctions sectorielles contre la Russie,L'Union européenne nuirait principalement à sa propre activité commerciale et créerait un précédent défavorable à l'OMC. Toutes les sociétés allemandes, françaises, Italiennes et néerlandaises qui opèrent en Russie iront subir des conséquences désastreuses. Et tout ce qui a été investi sera perdu, naturellement. Il n'y a pas de sens.

À ce moment se passe une véritable guerre entre entrepreneurs et dirigeants européens sous total silence des médias. Les premiers défendent les intérêts de leurs entreprises déjà installées et en produisant de biens de consommation en Russie, les deuxièmes ne défendent rien que les intérêts d'expansion de Washington via son bras armé en Europe, l'Otan. C'est la guerre entre la raison et la folie, tout court.

Vladimir Poutine a déjà fait savoir récemment lors du Forum de Saint-Petersbourg (aussi appelé de "Davos russe") qu'il ne comprenait pas la position des dirigeants européens, puisque celle-ci est contraire aux intérêts économiques de leurs propres pays. Et aussi que si l'Union Européenne persistera avec ses sanctions, la Russie saisira l'OMC, dont le mécanisme ne permet pas qu'un pays membre stipule des sanctions envers un autre pays membre. Non sans avoir rappeler que des nouveaux partenaires économiques se profilent pour la Russie (par ex. les BRICs, l'Iran, l'Inde, l'Amérique latine…) et que l'UE pourra perdre sa place de première partenaire de Moscou.

Perso, je ne comprends pas non plus comment on peut apprendre que plusieurs patrons français viennent de signer des accords commerciaux et partenariats avec la Russie, d'autres même prévoient un accroissement de leurs activités dans plusieurs domaines avec les Russes et que l'Elysée reste en envoyant des sanctions à ce pays-là ! une situation ubuesque, il me semble.
Réponse de le 24/05/2014 à 20:35 :
Il n'y a simplement aucune alternative viable pour l'Ukraine que celle de coopérer avec la Russie et de payer le prix qui est nécessaire pour ainsi faire. C'est pourquoi la Russie s'est assise calmement et n'attend que cette vérité aussi simple devienne évidente pour Kiev. Point à la ligne.
Réponse de le 24/05/2014 à 20:59 :
@ombudsman: commenbtaire idiot. La question est de savoir si on doit sacrifier son intégrité et ses valeurs morales sur l'autel de l'argent. Le reste n'est que littérature :-) de toute évidence, tu fais partie de ceux qui entre en marche arrière dans le bureau du chef dans l'espoir d'une promotion :-)
Réponse de le 25/05/2014 à 22:11 :
Oh que je suis désolé pour toi, Patrickbête, ta candidate a fait un bide à Kiev, mais celle de la France a fait un triomphe dans l'Hexagone, même dans la barbe de ton Europe chérie. Allez, un mouchoir avant la coupe de champagne, pour le toast....
Réponse de le 25/05/2014 à 23:34 :
@@Patrickb: ma candidate ??? tu dois mal lire mes commentaires :-) et celle qui a triomphé en France est anti-Europe... tu parles pour ne rien dire, non :-))))))
a écrit le 24/05/2014 à 19:06 :
Poutine a promis de respecter le droit international et l'intégrité de de l'Ukraine dont la Crimée qui a voulu faire sécession donc on attend des preuves de bonne volonté.
Réponse de le 25/05/2014 à 7:46 :
Ça fait des décennies qu'on attend des preuves de bonne volonté de l'état suprémaciste et colonialiste du proche orient ... Bizarrement celui-là on ne lui demande pas de preuves ...
a écrit le 24/05/2014 à 19:02 :
On vient d'apprendre que les régions ukrainiennes de Donetsk et Lougansk ont formé samedi un nouvel Etat baptisé la République de Novorossia (République de Nouvelle Russie) lors d'un congrès des partisans de la fédéralisation qui se déroule à Donetsk.

Et alors, Fabius et Hollande, qu'en pensez-vous ?
a écrit le 24/05/2014 à 15:28 :
C'est dingue de voir des anti POUTINE qui se déchaînent!!! Le président russe ne fait que son travail: défendre des intérêts de la GRANDE RUSSIE tout comme le président américain, français, américain...etc. Et il a le droit puisqu'il est élu par son peuple!!!
Réponse de le 24/05/2014 à 18:42 :
euh euh.... pas le président français, mon cher, le grand François, lui, il ne défend que les intérêts des américains d'abord, ensuite ceux des grands banquiers, et puis ceux des technocrates de Bruxelles, ceux des grands argentiers de ce monde.....
Réponse de le 24/05/2014 à 20:36 :
mais pas ceux de ses copines.... :-)))
Réponse de le 24/05/2014 à 21:03 :
@afp: euh, pas la France qui préfère être vassalisée aux US. Quant à Poutine, quand on envahit un autre pays, ce n'est plus défendre ses intérêts, mais un acte d'agression :-)
a écrit le 24/05/2014 à 14:45 :
Nous nous ne respectons pas du tout les résultats des pseudos référendums en Crimée ! Et ce n'est pas prêt de changer comme la majorité des pays au monde.
a écrit le 24/05/2014 à 14:39 :
Il aurait également dit "je vous le dis droit dans les yeux". Tiens, ça me rappelle un ancien homme politique Français !
a écrit le 24/05/2014 à 12:37 :
Désolé, mais en ne permettant que des commentaires politiquement parti pris la Tribune prend des poositions anti-démocratiques que ne feront que nuire sa réputation.
a écrit le 24/05/2014 à 12:23 :
Poutine se croit vraiment complètement chez lui ! Les citoyens ukrainiens sont souverains, encore heureux qu'il respecte leur vote, c'est vraiment une parole de dictateur qui a perdu le sens des réalités.
a écrit le 24/05/2014 à 12:06 :
"En principe, en vertu de la Constitution, il ne peut y avoir d'élection car le président (Viktor) Ianoukovitch (...) est le président en exercice", a déclaré vladimir Poutine."

En principe la Crimée appartient toujours à l'Ukraine !!!
a écrit le 24/05/2014 à 11:25 :
Parmi le "trash" de néonazis, mafieux et la candidate d'extrême-droite Yulia Timochenko, se trouve aussi le chouchou des Occidentaux, Petro Porochenko, un soi-disant modéré. Aujourd'hui, seul un nouveau coup d'Etat pourrait empêcher Porochenko de remporter la présidentielle ukrainienne. Ou alors une tentative de coup d'Etat entraînant des affrontements dans le centre de Kiev, ainsi que la poursuite de la décomposition du pouvoir provisoire et des vestiges de l'Etat ukrainien. Cette option serait très préférable à Timochenko qui a du se courber face à Porochenko dans les plans de Washington. En plus, elle est l'ennemie jurée du milliardaire depuis longtemps.
Pour l'instant, la seule raison pour laquelle Vladimir Poutine pourrait reconnaître éventuellement le nouveau président c'est qu'il lui faut un interlocuteur. Mais, et si les négociations se déroulent depuis longtemps entre la Russie et les USA, sans l'Ukraine, alors qui est Porochenko pour que ce format change? Porochenko semble avoir un lobby dans les couloirs du gouvernement russe. Mais peu de ces lobbyistes voudraient occuper la place laissée vacante par Mikhaïl Khodorkovski. Comme se voit, la situation est très compliquée.

L'élection du 25 mai ne règlera pas la crise ukrainienne et n'apaisera pas les tensions. Au contraire, elle pourrait jeter de l'huile sur le feu de la guerre civile. Donc, il faut prendre ces propos de Poutine avec la précaution de rigueur qui s'impose. Les enjeux sont remarquablement complexes, il s'agit d'un véritable jeu d'échecs. Et dans cette discipline, comme tout le monde le sait, les Russes excellent.
Réponse de le 24/05/2014 à 12:21 :
"les russes" tellement "excellents" qu'ils ne contrôlent plus rien et que vous parlez d'éventuelle "guerre civile". L'admiration de Poutine ou la propagande vous aveugle.
Réponse de le 24/05/2014 à 14:03 :
Je ne me demande plus qui est aveugle.
Réponse de le 24/05/2014 à 14:24 :
Ni l'une ni l'autre, mon cher troll, il ne me reste que la lucidité de ceux qui ne se laissent pas borner par l'intox des "rédactions du monde libre", comme vous. Restez à la maison, c'est mieux pour la France.

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