Le cas argentin, un coup de grisou pour les faillites d'État

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L'Argentine va devoir payer. Au terme d'une longue guerilla judiciaire, la Cour suprême des États-Unis a décidé lundi que l'Argentine devrait rembourser les quelque 1,3 milliard de dollars de dette dues à des fonds vautours qui avaient refusé de se plier au défaut partiel du pays en 2001.
Première conséquence directe, la Bourse de Buenos Aires a décroché de 10% suite à l'annonce lundi. Mais il est une conséquence plus insidieuse qui n'a pas manqué d'être commentée immédiatement après que la décision soit rendue : désormais, les États acculés à la faillite risquent d'avoir le plus grand mal à obtenir un répit de leurs créanciers et à les convaincre de renégocier.
De fait, la quasi-totalité des créanciers de l'Argentine avait accepté une décote de 70% au cours des deux opérations de restructuration visant à éviter une banqueroute générale. Seuls deux fonds récalcitrants avaient refusé de s'exécuter. Maintenant qu'ils ont obtenu gain de cause, cela va inciter les créanciers d'un pays asphyxié financièrement à refuser tout compromis dans l'espoir d'obtenir le remboursement intégral de leur dû, majoré des intérêts.
Ces opérations sont pourtant cruciales pour les pays en difficulté. Au printemps 2012, la Grèce avait ainsi obtenu un effacement de dette de plus de 100 milliards d'euros, le plus important de l'histoire, afin d'obtenir une petite bouffée d'oxygène.
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Les États n'ont, de leur côté, guère d'alternative. Si la restructuration leur est impossible, ils ne pourront rembourser leurs créanciers qu'au prix de politiques d'austérité augmentant leurs recettes ou coupant dans leurs dépenses, redoute Odette Lieneau.
L'impact potentiellement dévastateur du cas argentin n'a d'ailleurs pas échappé aux grands argentiers du globe. Les États-Unis, la France, le Brésil, le Mexique ou le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz sont intervenus en faveur de l'Argentine, en usant notamment de la procédure d'"Amicus Curiae" permettant de tenter d'influencer la Cour suprême américaine.
Le FMI avait un temps voulu peser de son poids dans la balance en conseillant la Cour suprême mais il avait renoncé, en juillet 2013, face aux réticences américaines. Dans un rapport remis quelques mois plus tôt, le Fonds n'avait toutefois pas fait mystère de ses inquiétudes suscitées par le cas argentin.
Selon les experts, l'épisode argentin met à nouveau en lumière la nécessité pour la communauté internationale de se doter d'un mécanisme moins dépendant des aléas judiciaires. La dernière proposition en date avait été portée en 2003 par le FMI mais avait été rejetée sous la pression des États-Unis et des grands pays émergents.
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