Obama envoie 300 "conseillers militaires" en Irak

Le retour des GI sur le sol Irakien ? Trois ans à peine après le départ des derniers soldats américains, Obama envisage d'envoyer jusqu'à 300 "conseillers militaires", pour ne pas dire "soldats", afin d'aider le gouvernement de Bagdad à repousser l'assaut d'EIIL.
Le Premier ministre irakien Nouri Al Maliki est fortement incité par Barack Obama à renouveler son gouvernement pour mieux prendre en compte la communauté sunnite. /Reuters
Le Premier ministre irakien Nouri Al Maliki est fortement incité par Barack Obama à renouveler son gouvernement pour mieux prendre en compte la communauté sunnite. /Reuters (Crédits : reuters.com)

Il s'était juré de ne plus s'engager dans un conflit armé. Mais la ferveur des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) a obligé Barack Obama à revoir ses plans. Lui qui avait bâti sa campagne présidentielle sur cette promesse doit y renoncer pour venir en aide au Premier ministre irakien chiite, Nouri Al -Maliki, menacé par l'avancée des insurgées sunnites vers Bagdad.  

Des conseillers militaires pour assister les renseignements irakiens

Le président des Etats-Unis a annoncé jeudi soir à la Maison Blanche l'envoi de "trois cents conseillers militaires" pour éviter "le déclenchement d'une guerre civile" en Irak. Une urgence selon les officiers de l'armée américaine qui considèrent ce conflit comme une menace directe pour la sécurité de leur pays. Barack Obama a justifié :

"Les forces américaines ne vont pas retourner au combat en Irak mais vont aider l'armée irakienne qui doit affronter l'assaut des terroristes. Il est également dans notre propre intérêt d'empêcher un conflit généralisé en Irak."

Les soldats américains issus des forces spéciales auront pour principale mission de récolter le maximum d'informations au sol et d'aider les renseignements irakiens rapporte le Financial Times. En effet, en plus "d'entraîner, assister et soutenir" l'armée locale, ces militaires serviront à coordonner les futures frappes américaines.  

De futures frappes aériennes

Ces dernières sont rendues presque impossible par la position des djihadistes, cachés parmi les civils dans les villes et villages du nord du pays. Grâce à de meilleurs renseignements au sol, les soldats américains pourraient mieux déterminer les cibles de frappes.

Le général Martin Dempsey expliquait mercredi que les attaques depuis le ciel étaient compromises "tant que nous ne pouvons pas réellement clarifier la situation sur le terrain". 

En prévision de ces frappes et pour répondre à la demande officielle du gouvernement irakien, les Etats-Unis ont mobilisé un porte-avion dans le Golfe Persique qui pourra servir de base aux avions de combats. 

Par ces choix, le Président Obama s'expose à de vives critiques de la part des Démocrates, mais assure que ce sont bien les forces irakiennes qui garderont la charge de sécuriser le pays.

"Nous n'avons pas les moyens de résoudre simplement ce problème en envoyant des milliers de troupes au risque de faire couler le sang et de commettre les mêmes erreurs déjà vues en Irak."

Des exigences diplomatiques et politiques 

Surtout, ce soutien militaire apporté à Nouri Al Maliki n'est pas sans conditions. Tout envoi de troupes américaines sera conditionné aux efforts entrepris par le chef du gouvernement pour apaiser les tensions avec la communauté sunnite et former un gouvernement "mixte" entre les différentes confessions. 

Les critiques des officiels américains se font de plus en plus véhémentes à l'encontre d'Al Maliki, accusé d'avoir attisé les sectarismes. Dianne Feinstein, Démocrate présidente du comité de Renseignements au Sénat a affirmé mercredi que "franchement, le gouvernement irakien actuel devait partir pour espérer une réconciliation".

La Maison Blanche n'a cependant pas appelé officiellement à la démission de l'équipe en place, craignant qu'un départ d'Al Maliki se retourne contre elle. 

Les investissements pour la sécurisation de l'Irak se sont multipliés

Après une opération militaire de huit ans en Irak, les sommes investies dans la sécurisation du pays se sont multipliées. Entre 2003 et 2011, dates de la présence américaine au sol, l'intervention a coûté plus de mille milliards de dollars et la vie de près de 4 000 soldats. Les Etats-Unis ont également dépensé 25 milliards de dollars pour mettre sur pieds l'armée irakienne, dont toute une partie a battu en retraite la semaine dernière devant l'assaut d'EIIL. 

En Irak, le gouvernement a quant à lui répondu à l'urgence de remobiliser ses troupes en annonçant une hausse de salaire. Les soldats qui combattent les terroristes recevront désormais n'ont plus 500 mais 750 dollars par mois...

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Commentaires 6
à écrit le 10/08/2014 à 10:10
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Maliki s' est mis de cote des milliards de dollars et apparemment il n ' en a pas assez. L ' Iraqen tant qu ' etat n ' exite plus et Isis est une gangrene qui croit. Maintenant ces psychopathes s; attaquent au Liban, ensuite ce sera la Jordanie et l ...

à écrit le 20/06/2014 à 18:45
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.... pour quoi faire ??????? des livres blancs ???

à écrit le 20/06/2014 à 18:04
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On peut pas dire que c'est reparti,cela n'a jamais cessé,je parle de guerre tout court,j’enlève l'adjectif civil qui n'a pas de raison d’être,là encore uniquement pour se donner bonne conscience.2003-2014 le même chaos.Dans cette barbarie permanente ...

à écrit le 20/06/2014 à 17:20
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On croirait réentendre le secrétaire à la défense de JFK, Robert Mc Namara en 1962, à propos du Vietnam. On connait la suite !!!

le 20/06/2014 à 21:37
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La moitié des américains trouve qu'Obama est le pire Président USA depuis toujours ; l'autre moitié craint qu'il soit un peu marteau. L'UE se laisse rouler dans la farine par un type pareil. Cherchez l'erreur.

à écrit le 20/06/2014 à 15:32
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Le faux pacifiste Obama va faire une vraie guerre. La chose n'est pas nouvelle chez les tartufes. Une fois quelques "conseillers" dégommés par les "terroristes" et quelques enfants victimes des bombardements qui suivront, les américains financeront l...

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