Mauvaise nouvelle pour l'OMC. A Genève, les 160 États membres de l'Organisation mondiale du commerce ne sont pas parvenus jeudi à adopter un texte conclu à Bali lors de leur dernière conférence ministérielle en décembre 2013, selon un communiqué publié jeudi soir par l'OMC. Les ambassadeurs avaient jusqu'au 31 juillet minuit pour trouver un accord sur la facilitation des échanges.
Durant la journée, le directeur de l'organisation, le Brésilien Roberto Azevedo, s'est entretenu avec les coordinateurs des groupes régionaux au sein de l'OMC pour essayer de débloquer la situation. Sans succès. Puis en fin de soirée, il a réuni pendant quelques minutes les représentants des 160 États membres de l'OMC, à huis clos, pour leur annoncer qu'aucun accord n'avait été trouvé.
Le 7 décembre 2013, l'OMC avait conclu à Bali, après bien des retournements, un accord "historique", le premier signé depuis la création de l'organisation en 1995, la sauvant ainsi de l'obsolescence, mais au prix d'une réduction de ses ambitions.
En effet cet accord ne répondait pas aux espoirs et ambitions de l'organisation d'une abolition globale des barrières douanières, exprimés tout au long des douze années de négociations infructueuses à Doha. Il représentait ainsi moins de 10% du vaste programme de réformes lancé à Doha.
Quoi qu'il en soit, c'est New Delhi qui a fait blocage, sachant qu'à l'OMC les décisions doivent être adoptées par consensus, et un seul pays peut tout paralyser. Le nouveau gouvernement indien est en effet revenu sur cet accord la semaine dernière, en demandant qu'une solution permanente aux stocks alimentaires soit négociée d'ici au 31 décembre 2014, alors qu'à Bali, l'Inde avait accepté un moratoire jusqu'en 2017.
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Les Etats-Unis, l'Union européenne, les autres pays occidentaux dont la Suisse ainsi que beaucoup de pays en développement avaient regretté le durcissement de la position de l'Inde.
Restait toutefois l'espoir d'un déblocage avec la visite en Inde, jeudi, du secrétaire d'État américain John Kerry, à la tête d'une forte délégation, pour présider le cinquième dialogue annuel stratégique entre les États-Unis et l'Inde. Mais le gouvernement de New Delhi avait fait savoir qu'il n'entendait pas revenir sur sa position.
De quoi inquiéter Roberto Azevedo, dont la principale mission est de redonner un nouveau souffle à l'organisation. Aussi le directeur a-t-il instamment prié les membres de l'OMC de "réfléchir longuement et sérieusement aux répercussions de ce revers".
Un avis partagé par l'ambassadeur américain auprès de l'OMC, Michael Punke, qui a déclaré:
De son côté, l'ambassadrice indienne à l'OMC a refusé de répondre aux questions des journalistes. L'ambassadeur européen a également refusé de commenter.
Quid de la suite du processus de négociations à l'OMC ? Roberto Azevedo n'a pas caché ses préoccupations à cet égard. Un programme de travail devait en effet être approuvé d'ici décembre sur l'agriculture, l'accès aux produits industriels et le développement dans le cadre du cycle de Doha, un vaste plan de libéralisation des échanges commerciaux lancé en 2001 dans la capitale du Qatar, mais resté jusqu'à présent lettre morte. Jusqu'à l'accord de décembre dernier, qui était un peu celui de la dernière chance...
En attendant, les discussions sur un vaste accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, elles, se poursuivent. Et si elles venaient à aboutir, cela pourrait ternir l'avenir ou plutôt remettre en question le rôle de l'OMC. Mais pour l'heure, rien n'est moins, sûr. D'autant que l'Allemagne est en train de revenir sur les négociations de l'accord avec le Canada, qui était envisagé comme une "base" pour son grand frère américano-européen.
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