Abus de pouvoir, transactions secrètes, commissions occultes... de mauvaises pratiques qui affectent tous les pays, même si elles représentent un fléau beaucoup plus grave dans certains que dans d'autres. C'est le cri d'alarme lancé à l'occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption par l'ONG Transparency international, qui a publié début décembre son 20e rapport annuel mesurant la perception de ce phénomène à travers le monde.
Il en ressort qu'en 2014 comme en 2013, trois pays font figure de bons élèves parmi les 175 classés sur une échelle de 0 à 100 —du plus corrompu au plus vertueux— par l'ONG : le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Finlande.
La Somalie et la Corée du Nord se distinguent toujours pour être les cancres de la promotion, alors que le Soudan ravit en 2014 la place de troisième pays perçu comme le plus corrompu à l'Afghanistan. Quelques progrès sont soulignés par l'ONG, notamment du côté de de l'Afghanistan justement, mais aussi de la Côte d'Ivoire, de l'Égypte, de Saint Vincent-Grenadines, de la Jordanie, du Mali ou du Swaziland.
Transparency, qui pour mesurer ce phénomène illégal et donc par nature dissimulé rassemble des avis d'experts dans le secteur public*, a choisi cette de mettre l'accent sur les régressions remarquées dans les pays émergents. C'est le cas notamment pour la Chine qui, malgré la campagne lancée par le gouvernement du pays pour lutter contre la corruption chez les agents publics, recule de 20 positions par rapport à 2013, pour se retrouver à la 100e place.
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"La corruption et le blanchiment d'argent sont également problématiques dans les autres pays du groupe des Bric", note l'ONG, qui cite le Brésil (69e) et les soupçons pesant sur la corruption de son personnel politique par les compagnies pétrolières. L'Inde (85e) est également pointée du doigt par Transparency, qui y dénonce le recours à des comptes bancaires installés dans des paradis fiscaux comme l'Ile Maurice, tandis que la Russie figure 136e dans le classement.
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La corruption constitue également un grave problème dans d'autres économies émergentes, selon le rapport, qui relève ainsi que la Turquie (64e) et l'Angola (161e) "figurent parmi les pays enregistrant la plus forte régression (...) malgré une croissance économique moyenne de plus de 4% sur les quatre dernières années".
Le président de l'ONG, José Ugaz, met donc en garde :
Il n'empêche que la corruption est un phénomène qui concerne "toutes les économies", souligne l'organisation : "plus des deux tiers" des pays étudiés atteignent un score inférieur à 50 et le résultat moyen n'est que de 43. L'organisation a d'ailleurs publié une carte de France (26e avec 69 points, en baisse de 2 points par rapport à 2013) de la corruption, pour montrer que ce problème concerne tout le monde. C'est pourquoi l'engagement dans la lutte contre la corruption doit être partagé, insiste Transparency :
L'ONG insiste notamment sur le travail que doivent mener les multinationales du secteur bancaire ainsi que les grandes places financières d'Europe et des États-Unis pour éviter d'aider tacitement certaines élites des pays émergents à blanchir leur argent mal acquis. Robin Hodess, directeur de recherche chez Transparency, cité par l'AFP, souligne:
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L'association prend notamment l'exemple du Danemark, qui a annoncé en novembre 2014 la création d'un registre comportant toutes les informations sur les bénéficiaires effectifs de toutes les entreprises enregistrées dans le pays. "Cette mesure, similaire à celles prévues en Ukraine et au Royaume-Uni, compliquera la tâche des individus corrompus qui souhaitent dissimuler leur identité derrière des sociétés écrans", se réjouit l'ONG, en appelant l'Union européenne, les États-Unis et les pays du G20 à suivre l'exemple.
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