Les trois questions clé de la crise grecque

Les ministres des Finances se retrouveront le 15 février. Si le parlement grec vote ce dimanche un plan d'économies renforcées. Les questions clés de la crise économique, politique et sociale analysées par notre partenaires suisse Le Temps.
Le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos devant le parlement, à Athènes Copyright Reuters
Le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos devant le parlement, à Athènes Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Refuser la moindre marge de man?uvre aux politiciens grecs: tel est le sens de la décision prise cette semaine par les ministres des Finances de la zone euro qui ont reporté à la semaine prochaine l'approbation du second plan d'aide à Athènes. En exigeant au passage un nouveau tour de vis alors que le pays est de nouveau paralysé par une grève générale. Les trois questions clés de la crise grecque :

Que demande encore la zone euro ?

Les seize autres pays dotés de la monnaie unique - et parmi eux surtout les pays encore notés «AAA» - veulent cadenasser le plan de réformes en Grèce et la restructuration en cours de la dette grecque détenue par les créanciers privés. Cette exigence peut apparaître comme une surenchère dans la rigueur. Elle peut aussi sembler irréaliste, vu le climat social en Grèce. Mais elle est logique: des élections sont prévues en Grèce au printemps. Bruxelles redoute que les promesses d'Athènes volent en éclat.

Contrairement au Portugal, à l'Irlande ou à l'Espagne, les grands partis grecs (Pasok socialiste et Nouvelle démocratie conservateur) continuent de se déchirer sur les réformes, même s'ils soutiennent pour l'heure le gouvernement d'union nationale dirigé par le technocrate Lucas Papadémos. Jeudi soir, les ministres des Finances ont donc posé trois ultimes exigences avant de débloquer le second plan d'aide de 130 milliards d'euros. La première est d'obtenir, dimanche, le vote du parlement grec sur le budget 2012. La seconde est de parvenir, ce week-end aussi, à la finalisation des négociations entre Athènes et les créanciers privés. La troisième est d'arracher un engagement des principaux partis politiques.

Quelles sont les prochaines échéances ?

Une nouvelle réunion de la zone euro est agendée pour le 15 février. Puis surviendront trois autres étapes: une autre réunion des ministres des Finances les 20 et 21 février, puis le sommet européen du 1er et 2 mars, et enfin l'échéance du 20 mars, date à laquelle la Grèce doit rembourser près de 15 milliards d'obligations d'Etat arrivées à maturité.

Les quatre prochaines semaines s'annoncent par conséquent difficiles. Une explosion sociale en Grèce, ou la démission de l'actuel gouvernement démontreraient aux marchés que la faillite hellénique est inévitable à court terme. La baisse des bourses européennes vendredi prouve combien la défiance s'est installée vis-à-vis d'Athènes.

Le pays va-t-il s'en sortir ?

Le problème des autorités grecques est que leur argument le plus fort, dans les négociations, est celui du pire. «La question n'est pas de savoir si l'on va sauver ce pays, mais s'il va faire exploser l'euro. Tout doit être interprété dans ce contexte», confirme l'institut d'études économiques Bruegel.

La vérité est que la zone euro n'a pas réussi à dissocier son sort de ce qui se passe à Athènes. La crise grecque présente toujours un risque systémique sur l'ensemble des pays. Des économistes helléniques s'accordent pour dire qu'une réforme profonde de l'Etat grec est indispensable. Ils vont même jusqu'à souhaiter une mise sous tutelle communautaire du pays.

Ce n'est donc pas l'objectif des réformes qui est contesté, mais leur coût social et, surtout, l'inégalité de traitement qui perdure entre l'élite et le reste de la population. Exiger une baisse des salaires, comme le fait l'UE, alors que l'évasion fiscale reste endémique, paraît mener le pays dans le mur. Les fonds européens promis pour contrebalancer la politique de rigueur et contribuer à la création d'emplois se font toujours attendre. Les perspectives de croissance sont désastreuses. Le spectre d'une Allemagne impériale alimente la colère populaire.

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Commentaires 4
à écrit le 12/02/2012 à 10:05
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La crise grecque conduit à l'implosion de l'Europe parce qu'on autorise les banques à faire du profit sur le dos des contribuables . Tout les Pays seront perdant à cause de propositions nulles : La BCE devrait financer les pays à faible taux ( 0 à 1 ...

à écrit le 11/02/2012 à 17:43
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on ne voit guère la grèce se mettre à la gestion de ses finances (elle a je crois eu 1 ou 2 fois depuis sa création un budget équilibré), et à bruxelles on doit préparer une sortie de l'eurogroupe du pays, à moins que les privilègiés d'Athènes en voi...

à écrit le 11/02/2012 à 15:49
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Chez les économistes il se dégage aujourd'hui un accord trésl large en FRANCE et en EUROPE pour reconnaitre l'impossibilité de maintenir une monnaie unique dans 17 pays aux structures et aux conjonctures différentes. Alors vite sortons de l'EURO et r...

le 11/02/2012 à 17:22
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Le consensus des économistes raisonnables est de rester dans l'euro quoi qu'il arrive. Quelques politiciens excités veulent en sortir, dans l'espoir de manipuler la monnaie, contre les peuples.

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