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ÉconomieUnion européenne

Dans les coulisses du marathon grec de Bruxelles

Florence Autret, à Bruxelles

Publié le 21 février 2012 à 05:32 - Mis à jour le 21 février 2012 à 05:37

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La solution trouvée au terme d'une longue nuit éloigne la perspective d'un défaut au prix d'une rallonge des créanciers.

Olli Rehn avait troqué ce mardi matin à l'aube la métaphore footballistique qu'il affectionne pour une référence plus littéraire. « Comme souvent depuis deux ans, nous avons pu constater aujourd'hui que « marathon » est un mot grec », a-t-il dit après plus de treize heures de négociations sur le deuxième plan international d'aide à la Grèce en deux ans. Sous réserve de se livrer, dans les jours à venir, à un nouveau marathon législatif, à domicile, cette fois-ci, les Grecs devraient pouvoir s'assurer d'un plan de soutient de 130 milliards d'euros sur trois ans. De quoi éviter l'insolvabilité. Pour l'instant.

Lundi après-midi à leur arrivée au Juste Lipse, le bâtiment qui abrite depuis trois ans ces interminables négociations, ministres des finances et chefs de gouvernements (l'Italie, le Luxembourg et la Grèce étaient représentés par le chef de l'exécutif) s'étaient livrés à une surenchère de « pensée positive ». Le ministre allemand Wolfgang Schaüble se disait « confiant » et son homologue grec Evangelos Venizelos « optimiste ». François Baroin assurait : « tous les éléments sont en place, il faut maintenant les assembler ». Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international, qui participe financièrement aux plans grecs, indiquait qu'Athènes avait fait « des efforts très importants ». Bref ! Les voyants étaient eu vert.

En réalité, les dirigeants étaient entrés en réunion sans avoir, volontairement, calé de chiffre afin de pouvoir faire jouer le plus de variables de l'équation possibles. D'un côté, l'aide publique à la Grèce ne devait « pas dépasser 130 milliards d'euros», comme le rappela le président de l'eurogroupe Jean-Claude Juncker à son arrivée. Par ailleurs, cette aide et ces réformes devaient permettre de ramener l'endettement de l'Etat grec dans une limite jugée « supportable » de 120% du PIB en 2020. (La France, jugée « en faillite » il n'y a pas si longtemps par le Premier ministre François Fillon, connaît un endettement d' « à peine » plus de 80% du PIB.) Or un rapport de la troïka, l'attelage d'experts européens et internationaux qui surveille la situation en Grèce depuis deux ans, indiquait que, compte tenu des perspectives de (non) croissance, la Grèce toperait les 129% de dettes/PIB en 2020.

Pour ramener le taux à 120%, il aurait fallu pousser l'aide publique jusqu'à 136 milliards. Un « no go » pour les Pays-Bas, constants dans leur défiance absolue à l'égard des Grecs. Pire, dans l'hypothèse pessimiste, où le pays ne retrouverait pas le chemin de la croissance, le ratio dettes/PIB pourrait atteindre 160%, ce qui était la garantie presque absolue d'un défaut.

2020, c'est loin

Il a donc fallu actionner d'autres paramètres : organiser une participation de la Banque centrale européenne et des Banques centrales nationales, revoir à la baisse la rémunération des créanciers publics d'Athènes ou augmenter la remise de dettes consentie par les banques, assurances et autres fonds créanciers de la Grèce. C'est ce qu'ont fait les ministres. Les bailleurs de fonds européens d'Athènes renonceront à l'équivalent de 2,8% de PIB grec en 2020 sous la forme d'un abaissement du taux d'intérêt sur les obligations souscrites dans le premier plan. Ils s'engagent aussi à « faire passer » à Athènes les profits sur les obligations grecques détenues par leurs banques centrales. De quoi récupérer 1,8% de PIB supplémentaire. Quant aux banques, elles devront forcer sur la décote et accepter de renoncer à 53,5% de la valeur facial de leur titre.

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Mais 2020, c'est loin. Reste que la variable « croissance » qui conditionne l'évolution du ratio dettes/PIB et, plus simplement, la survie économique de la Grèce, ne se laisse pas dompter facilement. Le désendettement et le redressement de la compétitivité ne sont pas faciles à réconcilier. La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, n'a pas hésité à dire sa préférence pour la « compétitivité » sur l'assainissement des comptes. Le FMI doit prendre sa décision sur une participation la deuxième semaine de mars.

Florence Autret, à Bruxelles

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