A peine signé l'accord de Bruxelles, les mauvaises nouvelles pleuvent sur la Grèce

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Le gouvernement grec a annoncé qu'il révisait à la baisse la prévision de déficit à 6,7 % du PIB en 2012, contre 5,4 % prévus initialement.   Copyright Reuters
Le gouvernement grec a annoncé qu'il révisait à la baisse la prévision de déficit à 6,7 % du PIB en 2012, contre 5,4 % prévus initialement. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Alors que le parlement grec étudie les nouvelles mesures d'austérité, Fitch a abaissé la note du pays de deux crans et les politiques européens continuent à douter de la capacité d'Athènes à tenir ses engagements. Une certitude : l'objectif de déficit pour 2012 ne sera pas atteint. Et bientôt, une seconde menace pourrait encore venir secouer l'Europe : le Portugal

Au lendemain de l'accord européen sur l'aide à la Grèce, les mauvaises nouvelles ne se sont pas taries sur le front de la crise de la dette européenne. L'agence de notation Fitch a dégradé ce mercredi de deux crans la note de la République hellénique à C contre CCC auparavant. Athènes a considéré qu'il s'agissait là d'un « mouvement formel », lié au risque notamment de voir la Grèce, en cas d'échec du plan volontaire d'échange d'obligations, prendre des décisions plus autoritaires. Mais il n'en reste pas moins que, vingt-quatre heures après l'accord de Bruxelles, cette dégradation n'envoie pas un signe encourageant.

Prévisions de déficits revues
Plus inquiétant, l'annonce faite par le gouvernement grec qu'il révisait à la baisse la prévision de déficit à 6,7 % du PIB en 2012, contre 5,4 % prévus initialement. Ce mouvement était attendu et dérive inévitablement de l'effondrement du PIB grec de plus de 6 % contre 5,5 % prévus en 2011. L'ennui, c'est que, selon l'accord du 21 février, la Grèce va désormais être placé sous tutelle et ne pourra recevoir l'argent nécessaire au paiement de ses dettes que si elle remplit les conditions fixés par ses bailleurs de fonds. Autrement dit, ces derniers vont devoir revoir leur copie sur leurs exigences de consolidation budgétaire ou lâcher Athènes. Un choix cornélien qui, à peine séchée l'encre de la signature de l'accord, se repose à nouveau.

Doutes néerlandais
En attendant, le parlement grec, la Vouli, se penchait mercredi en commissions sur les nouvelles mesures d'austérité de 3,186 milliards d'euros exigées par les bailleurs de fonds. Le texte devrait être adopté dès jeudi en séance plénière. Mais le scepticisme à l'égard de ces mesures reste dominant dans le nord de l'Europe. Le ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager a, dans le Monde, a exprimé ses « doutes » sur la capacité de réformes de la Grèce. De son côté, Philip Rösler, le ministre allemand de l'Economie, a invité les Européens à « renforcer la pression politique » sur Athènes afin qu'il n'y ait plus de « prestations sans contreparties » de la part de l'Europe.

La parole au Bundestag
Les regards vont du reste à nouveau se tourner vers Berlin où, lundi, le Bundestag devra donner son accord sur cet accord européen. Le gouvernement fédéral va s'efforcer d'obtenir une majorité issue de ses propres rangs. On se souvient qu'elle avait été atteinte de peu en septembre sur le renforcement du FESF. Alors que la puissante « ligue des contribuables » allemande a appelé les députés à rejeter le texte, le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, tente de montrer qu'il cherche à réduire la facture pour l'Etat allemand en demandant au FMI, dont le montant de la participation à cette seconde aide est encore incertain, un effort supplémentaire.

La menace portugaise
Mais une seconde menace pourrait encore venir secouer l'Europe : le Portugal. Les rumeurs autour d'une nouvelle aide à Lisbonne ne cessent de se répandre sur les marchés. Même si le pays a réalisé les réformes structurelles demandées, est dans une situation bien moins difficiles que la Grèce et que la Commission a encore, mardi, répété qu'il n'était pas question de revoir les plans d'aide à ce pays, beaucoup y voient le prochain maillon faible de la zone euro. Compte tenu de l'ampleur de la récession, les mesures pourraient se montrer insuffisante pour atteindre les objectifs. Car désormais, les marchés pourraient plus s'intéresser aux perspectives de croissance à court ou moyen terme qu'aux réformes structurelles. Mardi, dans la foulée de l'accord de Bruxelles, le taux à 10 ans portugais a grimpé de 18 points de base à 12,45 %. Un niveau encore loin des 15 % de janvier, certes. Mais si la tension autour du pays de Camoens s'inscrit dans le temps, les objectifs de Lisbonne pourraient être compromis. Et le Portugal deviendrait alors le nouveau cauchemar de l'Europe.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2012 à 9:03 :
HOUUUUU ! FAIS MOI PEUR
a écrit le 23/02/2012 à 22:58 :
les notations,pour l'heure la gréce n'en a rien à ...puisqu'elle n'ira pas sur les marchés pendant plusieurs années !
a écrit le 23/02/2012 à 11:29 :
Angela a volu faire plaisir a Sarko??? jusqu au legislatives??? Pas facile de comprendre...a moins qu il n y ait rien a comprendre et qu ils soient tous debiles?
Réponse de le 23/02/2012 à 13:39 :
en regardant hier "la maladie du pouvoir" sur France 3 on comprend que tout n'est que mensonge en haut lieu. Toute la classe politique (UMPS) attend que l'autre fasse le sale boulot après mai. Et Marine Le Pen pourrait avoir ses signatures.
a écrit le 23/02/2012 à 11:11 :
Un lieu commun : La Grèce doit sortir de l' Eurozone , je crois que le monde des banques serre les fesses actuellement et provisionne tout en dépréciant; le tout avant éjection pure et simple. Il faudra bien couper la ou les branches pourries sinon ce sera le crash pour tout le monde. Question de survie.
Réponse de le 06/03/2012 à 5:33 :
Les porteurs d'assurance vie paient et ont payé pour la Grèce !
a écrit le 23/02/2012 à 9:35 :
tant que la cause du mal perdurera, à savoir un EuroDeutschmark trop fort pour tous les pays de la ZE sauf Allemagne, le puits restera sans fond. Si l'Allemagne ne quitte pas l'Euro (ce qui est son intérêt mais elle ne peut pas le faire trop vite) il nous faudra le quitter en mai avant son explosion.
Réponse de le 23/02/2012 à 11:07 :
Tout à fait d'accord avec vous. C'est intenable et ils font tous semblant de croire que le tonneau des Danaïdes a un fond mais aucun n'aura le bras assez long pour récupérer les milliards déversés.
a écrit le 23/02/2012 à 9:02 :
Et si on accordait un minimum de confiance !
a écrit le 23/02/2012 à 7:24 :
Le cauchemar de l'Europe c'est la commission européenne non élue qui sert de bras armé à nos gouvernements pour nous assassiner.Tout cela finira mal pour nous dans un premier temps pour eux ensuite. Les peuples ne se laisseront pas assassiner sans rien dire.
Réponse de le 23/02/2012 à 8:02 :
quand ont pense au nombreux G20 qui coute un prix fou pour en arriver a rien ont a vraiment a faire a une bande de bon a rien si sa tourne mal ont sortira les armes
Réponse de le 23/02/2012 à 10:43 :
Pourriez-vous expliquer mais sur des faits réels et pas imaginaires, comment la commission européenne et le bras armé des gouvernements svp? et dans quels domaines? désolé mais je n'arrive pas à vous comprendre.
a écrit le 23/02/2012 à 6:55 :
Nous sommes maintenant habitués à ce type de déclarations qui juste après un soit disant règlement de la situation, démontre son contraire.La réalité est bien entendue de comprendre que l'europe ne peut plus poursuivre dans le système économique et politique qu'elle s'est fixée. Je continue à penser que l'europe va continuer d'engager des fonds qui seront perdus, dans l'attente de l'élection Française. Pour tenter de faire perdurer cette économie. Cela est sans compter sur la volonté des peuples ; il ne reste pluis qu'à attendre.
a écrit le 23/02/2012 à 5:46 :
Il est difficile de comprendre pourquoi les Européens se voilent la face, la Grèce ne remboursera jamais rien, elle est déjà en faillite virtuelle depuis deux ans, alors les politiques ont tergiversé en gaspillant l'argent des contribuables, car c'est bien eux qui paient en fin de compte et à double, car une fois pour la dette et encore pour la dette. Il est patent et latent que la Grèce ne peut pas se réformer ou ne le veut pas, elle peut vivre à crédit en demandant à une Europe de payer, cette Europe riche d'illusions et d'utopies qui finira bien par imploser, car le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, puis l'Italie et la France n'ont pas de raison de ne pas demander le même traitement aux créanciers un abandon d'une partie de leurs créances ! Pauvre d'eux.
a écrit le 22/02/2012 à 23:22 :
Bonjour,

La Grèce va "faire défaut", le Portugal aussi, et beaucoup le savent et l'ont déjà anticipé (sans oublier de spéculer dessus évidemment).
Je ne comprends pas pourquoi certains journalistes économiques pratiquent encore l'euphémisme à cet égard.
On parle peu du Japon sous cet aspect : la situation est la même, comme c'est le cas dans très exactement, à ce jour, 37 grands pays dans le monde.
A présent, examinons ce qui se passe vraiment, factuellement : l'économie de guerre redémarre en Russie, en Turquie, en Iran, en Chine, au R.U., en France, en Inde et dans pas moins de 19 autres pays hautement industrialisés.
Maintenant, si vous voulez savoir ce qui va se passer dans les mois qui viennent, il vous suffit de lire des livres d'histoire.
Bien cordialement
a écrit le 22/02/2012 à 22:48 :
Bientôt le retour des colonels, de Salazar, de Franco, de Mussolini, en France nous avons déjà Pétain, et je frémis en pensant à l'Allemagne, aux Pays-bas dont la tradition historique d'extrême-droite ne s'est jamais démentie.
Réponse de le 23/02/2012 à 7:18 :
c'était vraiment horrible de supprimer le chômage en Allemagne à partir de 1933 ?
Réponse de le 23/02/2012 à 8:13 :
en appliquant une politique telle que celle appliquée par hitler il etait facile de supprimer le chomage , ceci etant, sans entrée en guerre l'économie allemande se serait réeffondrer assez rapidement.
vous ne voyez que ce que vous voulez voir çà c'est grave, çà ressemble à nos dirigeants, vous voyez le résultat.
Réponse de le 06/03/2012 à 5:38 :
Hollande en roue libre ( flatte les instincts) , Sarko, à la peine , au labeur des petits matins froids d'hiver !
a écrit le 22/02/2012 à 20:26 :
Pourquoi n'emploie t on pas les mêmes ouyils que contre Al Qaida pour ces actes attentant à la démocratie et à la souveraineté également perpétrés PAR DES ENTIT7S NON ETATIQUES sur le territoires des Etats Unis mais directement contre nos intérêts vitaux prioritaires ?
a écrit le 22/02/2012 à 18:26 :
En résumé ... l?Europe craque de partout ... Grèce, Portugal, Hongrie ... à suivre ...
Réponse de le 22/02/2012 à 21:29 :
Parfaitement. Et c'est très, très préocuppant....
a écrit le 22/02/2012 à 18:15 :
Je trouve qu'il y a vraiment de très bon articles d'analyse ou de synthèse sur LaTribune.fr, que l'on ne retrouve pas ailleurs, comme celui-ci. J'ai découvert ce site à l'occasion de la disparition de l'exemplaire papier, et il fait maintenant partie de la page d'ouverture de mon navigateur.
Réponse de le 22/02/2012 à 22:08 :
Lisez également le blog de Paul Jorion, il est tout autant instructif...
Réponse de le 22/02/2012 à 22:09 :
C'est - et de loin - le meilleur journal financier de l'hexagone. Un des meilleurs d'Europe comme l'Agefi Suisse si vous connaissez.
a écrit le 22/02/2012 à 18:11 :
La descente aux enfers de l'Euro et de l'Europe va donc commencer.
a écrit le 22/02/2012 à 18:11 :
Le premier domino pousse le second!

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