Pourquoi un succès de l'offre d'échange grec ne sonnerait pas la fin de la crise
Romaric Godin
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Le compte à rebours est désormais enclenché. Ce jeudi, on aura le résultat tant attendu de l'échange des obligations d'Etat grecque. Depuis deux jours, les chiffres circulent sur le taux de participation à cet échange, parfois contradictoires. Concrètement : si les investisseurs détenant 90 % des titres concernés par cette offre participent à l'opération, cette dernière sera réussie. L'échange des titres existants contre de nouveaux titres sera officialisé et le plan d'aide tel qu'il a été décidé lors du dernier sommet européen pourra se poursuivre. Sinon, le spectre d'un défaut de paiement planera à nouveau sur la république hellène. Si la participation se situe entre 75 % et 90 %, elle pourra certes encore être évitée. Elle sera inévitable en cas d'échec, autrement dit si moins de 75 % des 206 milliards d'euros de dettes concernés par l'échange sont apportés à l'offre.
Le déficit demeure
Athènes sera-t-elle cependant tirée d'affaire en cas de succès ? On en sera encore loin. Certes, le montant du stock de dette grecque sera considérablement réduit et l'épée de Damoclès des remboursements des échéances disparaîtra. D'autant que le Fonds européen de stabilité financière versera 54,5 milliards d'euros au budget grec. Pour un temps, donc, on devrait en finir avec les coups de chaud trimestriels qui émaillent l'actualité européenne depuis deux ans. Mais pour un temps seulement. Car le déficit public grec, lui, ne va pas se résorber comme par magie.
Le scénario du FMI
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Selon le scénario du FMI, le déficit primaire d'Athènes, en dehors du paiement des intérêts de la dette, devrait se situer à 1 % du PIB cette année. Dès 2013, le pays pourrait être en mesure de dégager un excédent primaire qui devra se situer à 4,5 % du PIB de 2015 à 2020. A partir de 2014, le ratio de la dette nette sur le PIB devrait commencer à reculer pour avoisiner les 129 % en 2020. Mais ce scénario, déjà considéré comme inquiétant par les dirigeants européens, apparaît cependant très optimiste. Il est basé en effet sur une baisse des dépenses publiques de 7 milliards d'euros d'ici à 2014, soit 17 % du total, sur une stabilité des recettes et sur un produit des privatisations de 50 milliards d'euros au total.
Romaric Godin
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